‹ AliscansChapitre 9 sur 33 · I. Voyez ci-après p. ao · texte numérisé non relu

I. Voyez ci-après p. ao

a. Voyez dans les Anciens Poètes de la France la préface ;

de Huon de Bordeaux, p. vn. t

} . Acta Sanctorum maii, t. VI, p. 8 1 1 .

Alicans ^

Préface.

xviij

Vulgo canitur a jocalaîoribus de illo cantilena, sed jure prsferenda est relatio authenîica ('). Orderic Vital parlait ainsi au commencement du XI P siècle, et c’est du siècle précédent au plus tard que date , à ce qu’on croit , la Vita sancti Willelmi.

Outre cette cantilène que nfentionne l’auteur de VHistoire ecclésiastique, le biographe du saint fait allusion à des chants en son honneur qui étaient, dit-il, répétés en tous lieux et par toutes les bouches : Qui chori juvenum, qui conventus populorum , qu£ vigiliæ sanctorum non résonant et modulatis vocibus decantant qualis et quantus fuit, quam gloriose sub Carolo glorioso militavit ; quant fortiter quamque victoriose barbaros domuit ? etc.

Quels étaient ces chants ? En quoi ressemblaient-ils à la cantilène des jongleurs ? En quoi en différaient -ils ? Et la cantilène elle-même , était-ce déjà une chanson de geste comme celles qui sont parvenues jusqu’à nous ? Questions d’un vif intérêt, mais par malheur insolubles, et auxquelles on ne peut répondre que par des conjectures (f). Tenons seulement pour assuré que chants et cantilène étaient comme le prélude du grand concert épique dont les exploits du comte Guillaume ont fourni le thème.

Ce personnage, en effet, tel que l’a créé la

I. Édition de la Société de l’Histoire de France, t. lil, p. s et 6.

’ 2. La plus vraisemblable nous paraît celle de M. Léon Gautier, qui estime que la chanson dont parle Orderic Vital était déjà une chanson de geste, et qui s’autorise du passage de l’hagiographe pour renforcer le système, si plausible d’ailleurs, des cantilènes primitives. ( Les Épopées françaises, t. 111, p. 6.)

Préface.

légende en pétrissant Thistoire à sa guise, est le centre d’un vaste cycle. Autour de son nom et de sa gloire se sont groupées successivement, par une sorte d’attraction poétique, des chansons de geste qui toutes se rattachent à lui de près ou de loin, et dont le nombre, aujourd’hui encore, ne s’élève pas à moins de vingt-trois œuvre immense qui ne se termine qu’au XIV® siècle et dont le commencement remonte au XI®, sinon plus haut encore.

Ces divers poëmes , composés l’un après l’autre , ont fait corps à une certaine époôue, ont été l’objet d’un travail qui a eu pour objet de les réunir, de les coordonner, d’en former un ensemble que la science appelle cycle de nos jours, et qui s’appelait geste au moyen âge.

Guillaume au court nez est le héros principal d’une des trois grandes gestes de France, à laquelle il convient de donner son nom , quoique les jongleurs l’aient nommée parfois geste d’Aimeri de Narbonne, et plus souvent geste de Garin de Monglane, du nom de son père ou de son aïeul.

Ce n’est point ici le lieu, à propos d’un des vingt trois poëmes de cette geste, de l’étudier, dans sa généralité , d’en rechercher les éléments historiques ou l’origine poétique, en un mot d’en faire l’histoire. Cette étude d’ailleurs a été, dans ces dernières années , l’objet d’importants et remarquables travaux, dont la simple

1 . C’est le chiffre arrêté récemment par M . Léon Gautier dans le beau travail bibliographique et critique qu’il vient de publier sur la geste de Guillaume au court nez. \Les Épopées Françaises y t. III.)

Préface.

analyse tiendrait encore ici une place que nous ne pouvons lui accorder. Indiquons-les seulement au lecteur.

Ce sont d’abord les pages consacrées à ce sujet par Fauriel dans son Histoire de la Poésie provençale ('), les dissertations et les analyses de M. Paulin Paris, publiées dans les Manuscrits françois de la Bibliothèque du Roi (^) et dans l’Histoire littéraire de la France (’), le travail particulier et restreint de M. Conrad Hoffmann sur le Moniage Guillaume (4). C’est ensuite l’Examen critique des chansons de geste de Guillaume d’ Orange, par M. le docteur Jonckbloet (^î), étude considérable, consciencieuse, où la matière est traitée pour la première fois spécialement avec autant de science que de critique, et où nombre de points, sinon tous, semblent fixés d’une façon définitive.

Plus récemment, M. Gaston Paris, ce jeune savant qui a débuté en maître, soit à titre de philologue, soit comme historien de la littérature, sans faire de la geste de Guillaume au court nez l’objet d’un travail particulier, a cependant soulevé à propos de cette geste, dans son Histoire poétique de Charlemagne (6), une question d’origine d’un intérêt capital, La solution qu’il en donne sous

I . Passim, mais surtout dans le second et dans le troisième volume de cet ouvrage.

а. T. III, p. nj-172,

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