‹ "Allemagne au-dessus de tour."Chapitre 3 sur 36 · VI. « De l'unité des littératures modernes » (1- août · texte numérisé non relu

VI. « De l'unité des littératures modernes » (1- août

VII. « Le Rhin », poésie. « A M. de Lamartine » (15 juin 1841).

VIII. « De la Teutomanie » (15 décembre 1842). L'article du 1" août 1838 De l'unité des littératures

modernes semble, au premier abord, étranger au sujet qui nous occupe, c'est-à-dire au jugement de Quinet sur l'Allemagne. Mais, d'abord, il fait partie du volume Allemagne et Italie; il sert d'introduction à ce volume dans l'édition de 1839; il a pris place dans le même volume des Œuvres complètes (1), à la suite de l'article De la Teutomanie,

(1) Les Roumains. Allemagne et Italie. — Nous désignons sous ce titre : Œuvres complètes, la dernière édition en 30 vo-

SOUS ce titre nouveau : Réconciliation. — Le Cosmopolitisme littéraire. — Unité du génie des modernes. Puis, il nous a semblé qu'il y avait encore d'autres raisons de le maintenir : il venge notre dixseptième siècle, si injustement humilié pendant tant d'années devant l'esprit germanique; il maintient l'idéalisme, il le proclame la loi éternelle de l'humanité, dans un temps où l'Allemagne renie avec frénésie ses anciens dieux.

Deux choses dans cette édition sont nouvelles : 1" Nous avons rétabli l'ordre chronologique de ces articles, qui n'a pas été suivi dans l'édition des Œuvres complètes. Ainsi^ dans cette dernière édition, le second article, De V Allemagne et de la Révolution de 1832, précède à tort l'article De la Révolution et de la Philosophie, qui est de décembre 1831. De même, l'article De l'unité des littératures modernes d'août janvier 1838, est placé après la Teutomanie, qui est de décembre 1842. La méthode historique s'impose, si l'on veut se faire une idée exacte de l'évolution des idées de Quinet à l'égard de l'Allemagne et de l'évolution de l'Allemagne elle-même.

2° Le texte que nous présentons au lecteur diffère de celui des Œuvres complètes. C'est le texte de la Revue des Deux Mondes ou des brochures originales de Quinet. Ces différences sont souvent considérables. Additions, suppressions, retouches de style ont rendu, dès l'édition d'Allemagne et Italie (1839), telle de ces pages, comme l'article De l'art en Allemagne, presque méconnaissable.

lûmes in-16, Hachette, 1877-1882. — II existe une édition plus ancienne des Œuvres compJèies (Pagnerre,in-8° et in-18), 18.57-58, t. I à X; 1870, t. XI; 1877-79, t. XII à XXVIII. Dans cette édition, le volume Allemagne el Italie fait partie du t. VI,

Pourquoi ces retouches? Edgar Quinet s'était efforcé d'atténuer ses audaces de pensée et de style. Nous avons préféré lui laisser cette ardeur juvénile et cette couleur romantique, qui est celle de l'époque. Ce qui nous intéresse en effet, c'est de savoir ce que, par une sorte d'inspiration prophétique, il a dit aux Français de 1830, et comment il le leur a dit. On ne saurait séparer la pensée de la forme. Quinet est un romantique, il en faut prendre son parti. Il n'est que plus intéressant de voir associés chez ce jeune homme, chose si rare! l'ex.altation lyrique et le sens aigu des réalités. D'ailleurs, tout n'est pas à blâmer dans ces audaces. Qui ne regrettera que l'auteur ait retranché du célèbre article De l'Allemagne et de la Révolution cette belle image, qui nous montre l'Allemagne s'éveillant de son rêve, parce qu'elle s'est heurtée un jour « contre le poitrail du cheval de l'Empereur »? Donc les articles de la Revue des Deux Mondes de 1831 à 1842 forment la première partie de ce recueil. Mais il était nécessaire de lui adjoindre une seconde partie, si Ion veut juger la continuité de la pensée, la sûreté du sens prophétique, qui, de la monarchie de Juillet aux événements de 1870, a poussé Quinet à dénoncer le péril. C'est ainsi que nous avons fait place aux pages les plus éloquentes de cette admirable brochure (1) dont l'accent rappelle parfois celui de Démosthène gourmandant les Athéniens : 1815 et 1840. C'est, en particulier, de la question du Rhin dont il s'agit et des frontières de la France : question vitale, s'il en fut, et

(1) 1815 et 1840, Paris, Paulin, éditeur, 1840, brochure de 30 pages. (Œuvres complètes, t. XIV : L'Enseignement du feuple. Œuvres politiques avant l'exil.)

qui, à riieure actuelle, réclame notre attention la plus profonde. Surtout, il nous a paru indispensable de remettre intégralement sous les yeux du lecteur ces pages émouvantes : France et Allemagne, que du fond de l'exil Edgar Quinet écrivait après Sadowa. Nulle vision plus claire d'un redoutable avenir. Ce n'est pas seulement 1870 qu'elles annoncent dans leur tristesse propbétique. Elles vont plus loin encore. Elles annoncent les événements postérieurs et la menace d'asservissement universel que la domination allemande va faire peser sur l'humanité tout entière.

Enfin ce recueil se termine par des pages trop oubliées, qu'on relira sans doute avec tristesse, mais aussi avec une noble fierté, parce que, suivant le mot de Quinet, ces jours « portent en eux le salut et l'avenir de la France ». Qui donc le comprendrait mieux que les héros de la Marne et de Verdun, que ceux qui, au moment où j'écris ces lignes, accomplissent durement, au prix de leur sang et de nos larmes, l'œuvre de délivrance, et qui, plus heureux que ceux du siège de Paris, voient se lever l'éblouissante aurore? Le Siège de Paris! C'est de ce recueil qu'il s'agit et des appels du plus généreux patriotisme que l'auteur adressait à ses contemporains. Celui qui a osé écrire : « Les cinq mois du siège de Paris resteront dans la mémoire des hommes comme les plus beaux de notre histoire », cet homme, certes, a eu, une fois de plus, la claire notion de la réalité. Il savait que l'héroïsme jamais ne se perd, et que la semence, qui semble emportée par le vent, germe et fleurit dans un glorieux avenir.

Nous avons consulté, pour cette présente édition, les manuscrits Edgar Quinet déposés à la Bibliothèque Nationale, Manuscrits, Nouvelles acquisitions françaises, en particulier les lettres de Buloz à Quinet (n" 20782) et, pour la polémique de Quinet et de Lamartine, les lettres de Lamartine (n° 20791). Nous remercions M. Léon Dorez, qui a bien voulu nous aider dans nos recherches. - Mais surtout nous devons exprimer nos sentiments de sincère reconnaissance à la Société propriétaire des œuvres d'Edgar Quinet et à son dévoué secrétaire, M. Roger, qui nous ont prêté le concours le plus libéral et le plus désintéressé et ont ainsi grandement facilité notre tâche.

Qu'il nous soit permis également de remercier deux « quinettistes » fervents, qui nous ont donné les renseignements les plus utiles : M. Albert Valès, possesseur des papiers de Mme Quinet, et M. Maurice Laillier, dont la très sûre information n'a d'égale que l'inépuisable complaisance.

Le portrait d'Edgar Quinet, placé en tête de cet ouvrage, est la reproduction de l'admirable médaillon en bronze de David d'Angers, exécuté en 1836, comme le prouve la date inscrite par le sculpteur. Quinet avait alors trente-trois ans. Le 26 mai 1838, une lettre de David d'Angers à Edgar Quinet (BibL nat., Mss. Fr, 20785) annonce l'envoi du « médaillon en bronze et de deux épreuves en plâtre » (1). Nous devons à l'obligeance du conservateur du musée David d'Angers, à Angers, d'avoir pu faire photographier le bronze de David. Ce bronze manque à la collection du Louvre.

(1) Cf. Quinet, Lettres à sa mère, t, II, 23 mars 1838.

DE LA REVOLUTION

ET

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