PAR M. LE BAS
MAiTBX DE CONFERENCES ▲ l'j&GOLE NOEXAIE.
DESCRIPTION GÉOGRAPHiaUE.
COIfFIGUBATION ET LIMITES DE L'ALLEMAGNE.
I^A configuration de la grande presqu'île que nous appelons Europe, rend cette partie du monde plus propre qu'aucune autre à la civilisation. Ce n'est pas un continent immense comme FAsie et l'Afrique : la mer entre dans les terres de trois côtés, et un cinquième de la surface se compose de I péninsules, oui , au nombre de douze, l'avancent aans la mer et rendent I rétendue des c6tes très -considérable par rapport à la surface. Les autres quatre cinquièmes forment le continent européen proprement dit , qui, du golfe ae Gascogne, s'étend aux embouchures du Wolga , et de là au golfe de la Kara.
Ce continent ne présente pas un plateau continu comme l'Asie centrale, oi des plaines à peine abandonnées de de la mer, comme l'Afrique septentrionale. Le caractère mixte domine dans la partie sud-ouest, et les plaines du nord-est sont resserrées entre des
1'^ LioraUon. (Allemagne.)
mers intérieures, des presqu'îles, et les montagnes du sud qui , au moven de fleuves nombreux , les alimentent d'un volume d'eau immense et presque toujours égal. Ces plaines septentrionales sont séparées des pays montagneux par une ligne, que l'on pourrait tracer de l'embouchure du Dniestr jusqu'à celle du Rhin, et qui traverserait rAllemagne de l'est a l'ouest. Les bas-fonds du Rhm inférieur lient les plaines septentrionales à la plaine monta^euse de la France. Derrière ces plaines, traversées par de larges fleuves , se trouvent des montagnes et des collines, qui forment la Haute- Allemagne.
L'Allemagne, comme nous venons de le voir, appartient à un double système, des montagnes au sud, au nord des plaines immenses. Ce n'est point un pays rigoureusement limité par la nature : à l'ouest, si l'uniformité de langage constituait une nation , l'Allemagne empiéterait sur la France ; elle s'étendrait au-delà du Rhin jusqu'en Lorraine et jusqu'en Alsace; elle dispute-
rait la Belgique fujç p#j|riadcs* celtiques ; à Test elle plongerâit au milieu des peuples slaves ; au sud m^me, malgré cette formidable barrière des Alpes, I Allemagne s'étend dans les npgntBgoes^at miKhe érp4nélrerjiis-
Î|0>n U)tib«rdie;4att fiord, enHUy^es nnites sont à peine plus précises, car la Baltique envahit jb^t^t «t-t^ritot abandonne ces plaines basses et marécageuses , moitié terre , moitié eau , comme la Héttande où.Voj[i,ne>8l4t quand la terre commence et où s'arrête l'Océan.
Les limites de l'Allemagne ne varient pas moins historiquement. Pour les Romains, la Germanie étoith^riiée à l'ouest et au sud par le Rhin et le Danube. Quant aux frontières du nord et de l'e^t, ils ne les connurent jamai3- La Bavière, l'Autriche au-dessous du Danube, étaient alors habitées' par des peuplades celtiques , comme les Boies, par exemple, oui demeurèrent longtemps martres de la Bohême , d'où ils tui eut chassés par les Marcomans^ ptnjtplade germanique. Au moyen âge, la Boliéiue est siave, la Lorraine et l'Alsace sont aliemaades. Ainsi le monde fferwaniaueii reculé de l'e^t vers l'ouest; u s'éteMQ aussi , à cette époque, jusque dans les Alpes. Daus les temps modei^ Des, l'AHemagAe a repris un mouve- Bieut contraire , de l'ouest vers l'est. KUe a aAMmdomié l'Alsace et la Lorrai- De, mais pour enlever aux Slavesia Si lésie,la Bohène, la Hongrie, etc. Ainsi le Rhin, ee lleuve symbolique de la vieille Ailemagne, qui cache ensevelis sous ses eaux tant de châteaux et de poétiques légendes, le.Rbin est à peine allemand aujourd'hui.
II. est un point cependant qye l'Allemagne n'abandonne pas : c'est au sud, les Alpes et la L9i0Dardie. Il est vrai qi«e de ce côté, elle est conduite fiarla
Ïirudente et persévérante maison d'Aurictie qui, effrayée des agrandissements de la Prusse daosi le nord, y cherche des eoinpensations parla conquête de r Italie septentriouale. Il lui a fallu long«-teinps po^r s'assurer une AMasi beUeoooquIte; mais doit-elle la oonêmw W^^iepips? Le jour lie la dé-
lifravce ne liîrart-B jamais pour )a malheureuscltal \e?
]Sous verrons dans la suite de ce travail les fluctuations successives des frontières de l'Allemagne ; nous devons avant tout faire txmnahre In gé<)graphie,pliy$ifue de/eelte coatféç.
car depuis Herder et Montesquieu, il in'«stp)iis permis de séparer l'histoire de la géographie. Nous commencerons par la Haute-Allemagne.