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LES LEÇONS D'UNE RÉSURRECTION

Monsieur, Mademoiselle,

Il n'y a qu'un instant, c'est enveloppée dans un flot d'harmonie et soutenue par les instruments de l'art musical, que notre prière s'élevait là-haut, vers Dieu... Il n'y a qu'un instant, — et maintenant tout se tait. Pourquoi? Parce que c'est Dieu qui va parler, par l'organe de son humble ministre. Et cela me rappelle un mot de l'Evangile de dimanche dernier.

Jésus était arrivé dans la maison de Jaïre. Il y était venu, appelé par son amour divin, par la volonté de faire du bien à une jeune fille. Certes, la circonstance était toute différente de celle d'aujourd'hui, puisqu'il s'agissait, non

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d'une joie, mais d'un deuil ! La fille de Jaïre venait de mourir, et Jésus entrait chez elle pour la ressusciter.

Or il y avait là des musiciens, qui, selon la coutume civile et même religieuse de ce temps et de ce pays, faisaient entendre leurs harmonies^ car la musique a toujours eu le don et le secret de s'associer intimement à nos pleurs comme à nos sourires... Mais qu'était-ce que cela, à côté de Jésus !... Jésus allait parler, Jésus allait agir : et alors tout se tait; les voix s'apaisent, les instruments deviennent muets: il n'y a plus, en face de cette jeune fille, que Jésus...

Et voici qu'aujourd'hui, — dans une circonstance, grâce à Dieu, toute différente, — la même scène se reproduit. Tout à l'heure, la musique des cloches, la musique de l'orgue, accompagnait vos pas jusqu'à cet autel, saluait votre présence, souriait à votre sourire : maintenant, tout se tait, parce que Jésus veut parler.

Ecoutez-le donc, Monsieur et Mademoiselle^ Que va-t-il vous dire?... A cette question, cherchons la réponse dans le récit évangélique : nous y trouverons quelques leçons qui ne manqueront, pour vous, ni d'utilité, ni de orce persuasive.

La première leçon, je la trouve dans ce fait que, si la jeune Israélite fut ressuscitée, elle dut

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«e bienfait, non seulement à la toute puissance et à la toute bonté de Jésus, mais encore à la tendresse de ses propres parents. Ce sont eux qui ont confiance dans le divin thaumaturge : et, tandis que la mère garde sa place au chevet de sa fille mourante, le père, poussé par elle autant que par sa propre foi, sort de la maison pour aller requérir Jésus (i) . « Je vais le chercher, dit-il ; il faut qu'il vienne ici, qu'il entre dans mon foyer : il y apportera la bénédiction, la joie, la guérison... et, si ma fille aimée meurt avant qu'il soit venu, la résurrection 1 »

Et le voilà parti à la recherche de Jésus. En vain lui fait-on dire : « Votre démarche esL inutile, car votre fille vient de mourir (i). » Sa volonté n'en devient que plus forte ; son désir d'amener Jésus, — désir soutenu par Jésus luimême (2), — n'en devient que plus ardent. u Venez, venez chez moi I » Et Jésus l'accompagne... Et avec lui, dans le foyer, c'est la grâce qui entre : la morte est ressuscitée (3),

Aussi, comme je comprends bien le geste qvc, dès le seuil de la maison, va faire Jésus I II ordonne d*^ faire sortir tous les curieux. Mais Jaïre et son ép )use, il les fait rester : c'est leur foi qui a obtenu le miracle, il est bien juste qu'ils en soient les lémoins I

(1) s. Marc, v. 22, 40.

(1) S. Marc, V. 35.

(9) S. Marc, v. 36.

(3) S. Marc, v, il.

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Dans la circonstance joyeuse qui vous amène au pied de l'autel, tous deux, Monsieur et Mademoiselle, vous avez le bonheur de voir vos parents auprès de vous, et l'Eglise, au nom de Jésus, leur attribue cette place. Ici encore, c'est justice I... De même que la fille de Jaïre devait à la foi de ses parents la vie nouvelle que lui accordait Jésus, de même, si la vie nouvelle qui vous attend s'annonce pleine de promesses de bonheur, c'est bien, après Dieu, à vos parents que vous le devez L . .

(On donnera ici les détails personnels que Von jugera utile d'indiquer.)

Aussi, leur place est bien ici, à côté de leurs enfants, et au pied de l'autel où se trouve le Jésus de Jaïre, toujours aussi bon et toujours aussi puissant I...

Autre enseignement. Plus heureux, plus prévoyants aussi que Jaïre, vous n'attendez pas les jours d'épreuve pour faire entrer Jésus dans votre foyer. Aujourd'hui même où vous fondez ce foyer, où vous ouvrez cette maison, où vous y entrez vous invitez Jésus à y entrer avec vous : car tel est le but, telle est exactement la signification de la démarche que vous accomplissez à cette heure. Vous venez chercher Jésus où il est,

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dans ce temple où il réside, et vous lui demandez de vous accompagner, de venir avec vous chez vous, pour bénir votre demeure... et en faire la sienne.

Vous le faites avant que l'épreuve ne l'ait visitée, ai-je dit. Et c'est bien!... Il est facile à l'homme de s'élever vers Dieu lorsque le malheur le frappe ; ce qui est moins aisé, c'est de penser à lui au milieu du bonheur. Or, c'est aujourd'hui, s'il en fut, un jour de bonheur pour vous : jour où, dans le libre choix que vous avez fait l'un de l'autre, vous allez vous unir pour jamais, mettre en commun vos espérances, vos esprits, vos cœurs : jour heureux !... Et c'est au milieu de cette joie que, — faisant trêve pour un instant aux félicitations, aux épanchements de famille et d'amitié, — vous vous tournez vers Jésus et lui dites : « Venez avec nous pour rester avec nous 1 Vous êtes le dispensateur de tout bien, vous êtes le soutien dans le devoir, vous êtes la consolation dans l'adversité : restez avec nous !

Jésus répondra sûrement à votre invitation, comme il répondit à celle de Jaïre... Et ici se place une dernière leçon : je la tire de l'épisode auquel je faisais allusion au début de €et entretien : le silence imposé aux pleureuses et aux musiciens. C'est que l'action de Dieu ne se produit que dans le recueillement. « Le bien ne fait

pas de bruit, disait Féueion, et le bruit ne fait pas de bien. » C'est surtout dans la solitude que Dieu nous parle au cœur...

Et voilà pourquoi, même en ce jour où la joie se fait plus bruyante qu'à l'ordinaire, l'Eglise vous ménage quelques instants de recueillement: c'est la minute présente.

Recueillez-vous donc, à cet instant, devant le Dieu de vos pères et de vos mères ; demandezlui les grâces nécessaires pour être, pour rester toujours ce que vous allez promettre de demeurer jusqu'au bout :

Dès maintenant, des époux fidèles ;

Plus tard, des parents chrétiens.

Et Dieu, en échange, — Dieu qui ne veut être en reste avec personne, — Dieu qui ne se laisse pas vaincre en générosité, — Dieu va s'engager, lui aussi, envers vous : lui dont les dons et les promesses sont « sans repentance », il va s'engager à vous aider, à vous soutenir dans l'accomplissement de tous vos devoirs.

Qu'il soit le divin témoin de votre bonheur, le tendre consolateur de vos épreuves, le Maître et le Père que vous aimerez tout en vous aimant !... Et alors votre union sera le gage et l'avant-goût d'une union plus belle encore, làbaut, — d'une union à laquelle Dieu donnera

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la double consécration qui lui manque ici-bas : celle de la perfection, et celle de l'infinie durée.

Ainsi soit-il 1

XXVI bis. — Le 24 octobre, fête de l'archange Saint Raphaël, on pourra lire l'allocution XIII, page 92 : L'ange du Mariage.

XXVI ter. — Dans la deuxième semaine de novembre, à l'occasion des solennités de l'anniversaire de la Dédicace des églises, on pourra utiliser l'allocution VII, page 56 La Consécration du foyer.

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