UN GRAND JOUR
Chers Fiancés,
Un proverbe dit : c Les Jours se suivent et ne se ressemblent pas. » Cela est vrai, surtout, pour quelques jours qui brillent parmi tous les autres" au cours d'une vie ordinairement monotone. Essayez de jeter un regard d'ensemble sur votre passé : aussitôt quelques faits émergent au-dessus des autres, quelques dates brillent d'un éclat plus vif, comme des étoiles de première grandeur au milieu d'un obscur amas de nébuleuses. C'est ainsi que vous connaissez la date de votre naissance et, je l'espère, celle de votre baptême, cette renaissance ; — c'est ainsi que vous vous rappelez avec émotion le jour de votre première communion, celui oii vous avez fait choix d'un état de vie, et peut-être quelques autres.
Il faudra y joindre, dorénavent, la date de votre Mariage. Oui, bien souvent, désormais, au
cours de votre vie commune, votre pensée se reportera en arrière : vous re verrez cette église, cet autel, cette assemblée de vos parents, de vos amis, qui ont voulu être témoins de votre bonheur et vous entourer d'un cercle de sympathie et de prière. Oui, tout cela se grave, en cet instant, dans votre mémoire, pour ne plus jamais s'en effacer.
Or, voulez- vous que ce souvenir reste toujours, pour vous, un souvenir heureux.!^
Le moyen s'en offre à vous. C'est de considérer l'acte que vous allez accomplir, non pas seulement comme un acte important et solennel, mais comme un acte religieux. Regardez-le[ somme toute, tel qu'il est réellement : car, pour les chrétiens, — et vous êtes chrétiens ! — le Mariage est un acte religieux, un sacrement qu'ils reçoivent et qu'ils donnent.
Voilà pourquoi vous vous êtes présentés au tribunal de la Pénitence : pour que la grâce ne trouve aucun obstacle à pénétrer vos âmes, le pardon de Dieu vous a été offert. Renouvelez, en cet instant, la purification de vos cœurs ; effacez, par le regret, ce qu'il a pu y avoir de moins bien dans votre vie antérieure ; et, pour l'avenir, présentez-vous à Dieu en âmes de bonne volonté.'
La bonne volonté : Dieu l'aime, et, lorsque lésus est venu en ce monde, elle est la première
chose qu'il y ait bénie en faisant chanter par les anges, dans la nuit de Noël :
« Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté (i) ! »
Offrez à Dieu, en cet instant, votre bonne volonté, c'est-à-dire votre volonté de bien faire, pendant les longues années de votre union : Dieu va la bénir, en vous bénissant vous-mêmes.
Ainsi soit-il !
(1) s. Luc, II, 14