‹ Allocutions matrimonialesChapitre 47 sur 63 · UN PROVERBE BRETON · texte numérisé non relu

UN PROVERBE BRETON

Chers Fiancés,

Je vais bénir votre Mariage... Est-ce du bonheur que Je vais bénir .!^ Je l'espère de la bcnté de Dieu, puisque, mieux inspirés que quelques autres, vous ne vous êtes pas contentés de com:paraître devant l'autorité civile, et que vous êtes venus chercher le Mariage chrétien là où il est : à l'église.

Quand je suis appelé à bénir un Mariage, il me revient parfois à la mémoire un proverbe breton, que je veux vous répéter dans sa forme toute simple et naïve :

« Qui a peine, mais a bonne femme, n'a que demi-peine. »

Hélas ! qui peut se vanter, ici-bas, d'échapper à la peine? c'est le lot de tous. La joie et la récompense sont réservées à l'autre vie. Mais du moins, celui qui a, auprès de lui, un cœur qui

comprenne ses épreuves, qui les partage, et qui cherche à les soulager, celui-là n'a que demipeine.

Qu'il en rende grâces à Dieu, qui a créé le Mariage dans cette vue !... Car, au fond, ce proverbe n'est que la traduction familière des paroles dont Dieu fit précéder, au paradis terrestre, l'institution du Mariage : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul : faisons-lui une aide semblable à lui (i). »

C'est cette « aide », aimante et dévouée, que Dieu va vous donner, cher Monsieur, — en même temps qu'il vous donnera à elle pour la même œuvre de soutien. Puissiez-vous, plus tard, trouver, l'un et l'autre, une aide de plus dans le cœur des enfants que vous donnerez à la patrie, à l'Eglise et à Dieu !... Puissiez-vous, appuyés l'un sur l'autre, plus tard sur vos enfants, et tous sur la grâce de Dieu, n'avoir que « demipeine » en ce monde, — y jouir du bonheur compatible avec notre condition terrestre, — et vous acheminer ainsi vers la grande cité où il n'y a plus ni peines ni demi-peines, mais un bonheur sans nuage et sans fin.

Ainsi soit-il !

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