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DE LA GRANDE GUERRE

Mes Chers Amis,

Ordinairement, avant de recevoir le mutuel consentement de deux fiancés à devenir deux époux, le prêtre leur adresse une courte allocution, pour les exhorter à bien remplir le nouveau devoir d'affection, de confiance et de fidélité, dont ils assument la charge.

Aujourd'hui, j'ose presque dire que mon allocution est toute faite, et que, — comme l'on dit au tribunal, — « la cause est entendue ».

Pourquoi?... Tout sim.plement, parce que je suis appelé à marier un soldat de la grande guerre.

Oui, cher Monsieur, vous avez fait partie de cette héroïque phalange qui, pendant plus de quatre ans, a fait un rempart, vivant et meurtri,

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à la France, contre cette invasion dont vous n'avez pas oublié la cruauté et le péril.

Pour résister si longtemps, pour « tenir » malgré tout, malgré la fatigue, malgré le danger, malgré les tentatives de démoralisation que l'ennemi essayait partout et de toutes manières, il a fallu à tous ces héros, — dont vous étiez, — une notion claire et un amour réfléchi et tenace du devoir.

Quand on a été formé à pareille école, on n'est plus seulement un élève, on est passé maître... et voilà pourquoi je disais que vous prêcher le de- j voir, c'était bien inutile !...

Je n'ajouterai donc qu'un mot à ce que je viens de dire. C'est pour vous demander, à tous deux, d'aimer et de pratiquer le devoir en vue de Dieu. Car enfin, étymologiquement et réellement, le devoir, c'est une dette, et toute dette suppose, nécessairement, un créancier. Remplir un devoir, c'est effectuer un paiement. A qui? cette question se pose, inévitable. Or l'Eglise est d'accord avec le bon sens et avec la conscience pour répondre : A Dieu. j

Ce n'est donc pas seulement à l'égard l'un de l'autre que vous contractez, aujourd'hui, des obligations : tous deux, vous en assumez de nou- 1 velles à l'égard de Dieu, et, de celles-là comme

de tx>utes les autres, un jour viendra où il vous demandera compte.

Loin de moi la pensée d 'assombrir, par ces paroles graves, les joies de ce jour de fête 1... Tout ce que je souhaite, c'est que vous entriez dans le Mariage comme dans une vie sérieuse, — c'est que vous ne pensiez pas seulement aux joies d'aujourd'hui, mais aux devoirs de demain ; — c'est qu'enfin, en ce moment, vous demandiez à Dieu les grâces nécessaires pour être, dès maintenant, des époux chrétiens, et plus tard, des parents chrétiens.

Il est bien certain que, dès ici-bas, vous n'en serez que plus heureux, — sans compter le droit que vous acquerrez par là au bonheur de la vie éternelle.

Ainsi soit-il I

Pour le mariage d'un combattant de la grande guerre, on peut également utiliser l'allocution XII, page 86 : « Mariage civil » et Mariage religieux.

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