‹ Allons-y gaiementChapitre 2 sur 7 · UNE CURE · texte numérisé non relu

UNE CURE

— Trente mille tonnerres! levez-vous de suite, sinon je f.... le feu à votre cambuse!

— Vous ne faites rien prendre à l’intérieur?

— Les drogues, ça m’est défendu; mais, comme zouave, je puis vous introduire mon sabre dans le ventre.

— En temps de paix, je fais quitter les béquilles, en temps de guerre je les fais prendre.

Les médecins obligés de s'habiller en zouaves pour inspirer désormais de la confiance à leurs malades.

— Pardon, gendarme, je vous ai envoyé chercher parce que j’ai plus de confiance en vous que dans les zouaves pour arrêter ma maladie.

— Comme si qu’il n’y avait que les zouaves! Vous allez obéir aussi à. la ligne et quitter vos béquilles tout de suite, sinon que nous considérons la chose comme un affront.

— SAhjl'mon Dieul^dans quel état tu reviens!

— J’ai pas pu marcher sans mes béquilles, il a cru que j’y mettais de la mauvaise volonté, et il m’a administré une bonne râclée.

— Si le trombone guérit les rhumatismes, que pourraisje bien guérir, moi, une grosse caisse? Parbleu! les maladies de peau.

Comme tu es jjuü avec les zouaves!

Dame! on ne sait pas, on peut avoir des rhumatismes!

— Je vous avais défendu de recevoir des militaires dans votre cuisine pendant mon absence.

— Oli ! madame, pendant l’absence de madame je l’ai reçu dans le salon.

— Mais où avez-vous fait vos premières cures?

— Mais j'ai d’abord commencé en Crimée, où j’ai fait marcher les Russes, puis en Italie où j’ai fait marcher les Autrichiens. Alors je me suis dit : Je peux faire marcher tout le monde.

— Chèrejamie, je reviens des'eaux, guéri de mes rhumatismes. fcsfsa

— Quel ennui, fje ne saurai* plus maintenant quand le temps va changer !

— M’man, le proviseur m’avait confisqué[ma pipe.

— ."Il te l’a rendue? Quelle horreur 1 — UOui, m’man, parce que je lui ai dit qu'elle était à toi.

— Quel bonheur, tout l’argent de papa qui était placé en actions, il n’a plus le sou pour me remettre au collège.

Page 1