‹ Alph. Devergie,...15 février 1798-2 octobre 1879Chapitre 4 sur 8 · SOCIÉTÉ DE MÉDECINE LÉGALE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ DE MÉDECINE LÉGALE

DISCOURS

PRONONCÉ AUX OBSÈQUES DE M. DEVERGIE

Par M. Devilliers,

Président de la Société de médecine légale,

Membre de l’Académie de médecine.

Messieurs,

C’est comme président de la Société de médecine légale et en son nom que je viens adresser un dernier adieu au médecin légiste éminent qui descend aujourd’hui dans la tombe. M. Devergie, vous le savez, avait été, en 1868, l’un des premiers fondateurs de cette Société, qui, depuis onze années, a donné des preuves éclatantes et nombreuses de son utilité, aussi bien que les services qu’elle a rendus directement aux médecins et aux tribunaux que par les travaux qu’elle a publiés.

M. Devergie, qui avait employé tout son zèle à établir les premières bases de sa constitution, avait su s’attirer le respect et l’affection de ses membres, composés en partie de médecins et de chimistes, et partie de magistrats et de membres du barreau. Aussi avait-il été appelé par deux fois à l’honneur de la présider, de même que, à l’époque de l’Exposition universelle de 1878, il avait été acclamé président d’honneur du Congrès de médecine légale, qui tint ses séances au palais des Tuileries.

Les travaux considérables de M. Devergie en médecine légale, ses cours jadis si fréquentés, lui avaient créé une notoriété incontestée et qui a contribué pour une grande part à la renommée que s’est acquise la Société de médecine légale auprès des tribunaux français, qui réclament aujourd’hui ses avis dans les questions médicales litigieuses.

Ce n’est pas ici le lieu d’exposer les travaux de M. Devergie relatifs à l'hygiène et à la médecine légale ; je ne puis que rappeler ici sa très efficace et fructueuse intervention dans une foule de questions d’utilité publique.

Esprit calme, positif, doué d’un coup d’œil juste, tirant des faits et des opinions les déductions essentielles, exposant ses propres opinions d’une manière précise et lucide, soit dans les discours, soit dans les discussions où il conservait toujours une forme correcte et mesurée, tel était l’ensemble des qualités de M. Devergie, comme homme de science.

L’autorité que lui avait acquise sa longue expérience lui permettait d’exercer une influence sur ceux avec lesquels il se trouvait en relations. Combien de fois n’a-t-il pas eu à intervenir d’une manière utile dans nos délibérations ! La médecine légale et les magistrats ont pu, depuis longtemps, apprécier quels services M. Devergie leur a rendus et quels fruits ont porté ses travaux.

Dois-je ajouter que, dans ses fonctions de médecin légiste comme dans sa vie privée, M. Devergie a toujours su conserver cette dignité et cette autorité que nous lui avons tous connues et qui l’ont entouré du respect de tous? Jusqu’au moment suprême il a voulu garder cette dignité humaine qui l’avait guidé pendant tout le cours de sa vie, et il s’est éteint en rendant homiûage à Dieu.

La Société de médecine légale de France, qui doit à M. Devergie une bonne partie de son existence et de sa valeur, ne peut que s’associer aux douloureux regrets de sa famille et du corps médical, en lui adressant ses derniers adieux.

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