‹ Alph. Devergie,...15 février 1798-2 octobre 1879Chapitre 5 sur 8 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

Par M. P. Brouardel,

Professeur de médecine légale à la Faculté de médecine de Paris, Directeur de la rédaction des Annales.

La mort de M. Devergie (1) prive le Comité de rédaction des Annales d'hygiène et de médecine légale du dernier représentant des membres fondateurs de ce recueil, de celui qui a eu la plus longue et la plus active influence sur sa direction scientifique. Il y a cinquante ans, Adelon, Andral, Barruel, d’Àrcet, Devergie, Esquirol, Keraudren, Leuret, Marc, Or~ fila. Parent du Châtelet, Villermé, se réunirent pour créer un journal dans le but de grouper les travaux se rapportant plus spécialement à l’hygiène et à la médecine légale. Grâce à leur zèle le succès, en France et à l’étranger, répondit à leurs efforts. Des membres du premier Comité de publication Devergie fut peut-être le plus fécond ; l’index bibliographique que nous joignons à cette notice rappellera aux lecteurs l'importance des nombreux mémoires qu’il a publiés pour éclairer les différents points de ces deux branches des sciences médicales.

Devant la tombe de M. Devergie, M. Lagneau a exprimé au nom des membres de l’Académie de médecine les regrets que cette mort laisse à des collègues au milieu desquels il a siégé vingt-deux ans et qui lui ont fait l’honneur de le choisir comme président pour l’année 1874.

(1) Devergie (Marie-Guillaume-Alphonse), né le 15 février 1798, àParis, fils d’un employé de l’administration des hospices, est décédé à Paris, le 2 octobre 1879,

M. Auguste Voisin, vice-président du Conseil d’hygiène et de salubrité de laSeine, a rappelé les services rendus à l’administration pendant le long espace de temps qui s’est écoulé depuis la nomination de M. Devergie, en 1840, jusqu’à sa mort:

Enfm M. Devilliers a adressé au vénérable président de la Société de médecine légale les adieux de ses collègues et de ses élèves.

Nous laissons aux collègues de Devergie à l’hôpital Saint- Louis le soin de juger son œuvre dermatologique (1). chacun sait qu’elle ne fut pas sans éclat. Aujourd’hui nous devons dans les Annales préciser l’influence que notre ancien maître a eue sur la direction de la médecine légale en France. La génération médicale actuelle, séparée par un demi-siècle des premiers travaux de M. Devergie, ignore trop la somme de vérités qu’elle doit à son labeur incessant, et il n’est que juste de chercher à dégager, au moment où notre collègue disparaît, les principaux résultats de cette longue vie de travail.

L’éducation médicale de Devergie avait été, peut-être par un heureux hasard, particulièrement appropriée à l’exercice de la médecine légale. Il était dans les sciences médicales presque un encyclopédiste.

A 15 ans il suit la clinique de Dupuytren et consacre à l’étude de la chirurgie presque toutes ses années d’études. Puis il se prépare au concours ouvert à la Faculté de médecine pour les sciences chimiques et physiques, le succès ne lui fait pas défaut, et à 27 ans il est agrégé de l’École pour les sciences accessoires. Enfin c’est dans la section de médecine qu’il se présente au concours du Bureau central et il remplit les fonctions de médecin des hôpitaux jusqu’à 65 ans, à Bicêtre, à Saint-Antoine et à Saint-Louis. Une telle variété de connaissances est rare, et surtout il est rare de pouvoir obtenir dans chacune des branches de la médecine sur des rivaux plus

(1) Devergie. Traité pratique des maladies de la peau, Paris, 1854.— 3 e édition, Paris, 1857.

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