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D Ils ont des trébuchets, comme les peseurs
d’or, des limes, des ciseaux, comme les
lapidaires, des poinçons, des gaufriers, des
tours et des creusets; ils ont des bleus pour
les légères matinées, des mots roux et vermeils pour les pompeux couchants: ils changent l’encre en or ainsi que des sor-
ciers, et, savants et patients, ils sont de
grands artistes. | - Lui est un gentilhomme et ne sait que son âme.
On ne rature pas les mots dictés par Dieu! C’est un soir pluvieux et rebroussé d'avril. Le poète revient del’Institut et porte encore son frac noir brodé de palmes vertes,
les cinq académies ayant tenu séance. … Malgré la quarantaine, il est svelte, élé--.
gant, — un mylord de la mer qu'aurait
reçu la reine, — sa cravate à trois tours offre une belle tête apollinienne aux yeux de flamme et de velours.
Ses gants blancs, son chapeau frisé deplumes noires, sont jetés sur la table, au
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milieu des papiers. Au dossier d’un fauteuil pend son manteau qui laisse voir la
. garde de nacre et d’argent d’une épée.
Nul n’a jamais. été plus beau que lui,
. sans doute’, ni lord Byron, ni M. de Cha- - teaubriand. Il est un spécimen royal d’hu- - manité : les dons les plus virils, les plus
De
hauts, les plus nobles, tempérés d'une grâce et d’un charme infinis. Endymion sur qui reste un reflet de Diane!
On peut sonner chez lui, il est toujours splendide. : |
1. Quelques jours avant le 9 Thermidor,sa mère ayant obtenu ‘une audience du citoyen représentant Javogues, prit le petit Alphonse dans ses bras et alla implorer la grâce de son mari qui avait été enfermé à Mâcon, dans l’ancien couvent des Ursulines transformé en prison par la Révolution.
Mme de Lamartine montrait le plus joli et le plus aimable
des visages que ses larmes et ses craintes paraient encore d’un
__ charme pathétique.
Le citoyen représentant fut tout de suite touché par la
. douleur de la jeune aristocrate et caressa l’enfant qui, souriant
et amusé, grimpa sur les genoux de cet homme redoutable, jouant avec les franges d’or de l’écharpe aux trois couleurs de ,
la République. = « Ton fils, dit alors Javogues, est bien beau. élève-le pour
Ja patrie et fais-en un citoyenl.… » ;
* Chose curieuse, le grand poète pour qui le rire était vil et dégradant et qui ne mettait rien au-dessous de la caricature, même de la plus spirituelle, a laissé un portrait de lui qui est : une charge. Il est vrai que c'est seulement celle du diplo-
mm 10 ALPHONSE DE LAMARTINE.
M. Victor Hugo porte un pantalon gris souvent taché, il prend de l’embonpoint; ce jeune et ce charmant Musset est parfois débraillé, gilet déboutonné, cravate mal nouée et chapeau cabossé; il mâchonne déjà, comme un mauvais garçon, un énorme
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cigare, et l’on n’est jamais sûr de ne pas le
trouver cuvant une nuitée de roses et de vins.
M. de Lamartine a toujours fière allure.
S'il prenait fantaisie au bon Louis-Philippe de lui faire visite, un jour, dès le matin, avec ce parapluie et cette redingote dont un petit journal commence à se moquer, il aurait certes l'air, devant ce
mate qu’il était en 1825 à Florence, et que ce croquis burlesque est dans une lettre à son beâu-frère :
US Rae it és .+ + + Je m'en vais endosser le barnoïs, Et pour représenter le plus puissant des rois, Sur un maigre mollet qu’un faux mollet décore, Mettre un long calecon qui le grossit encore, Pour tirer sur le tout une paire de bas Trop étroits pour le haut, trop larges pour le bas: Puis chausser de travers deux pantoufles parellles Dont la boucle d’or faux unit les deux oreilles, Puis coiffer un chapeau dont, par plus d'un affron lt, La corne officielle a fléchi sur le front; Puis, revêtant l’habit dont la trame un peu plate
* De ma promotion atteste encor la date, Faire dire aux badauds charmés de mes succès : Pour porter l’uniforme il n’est tel qu’un Français...