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phile Gautier, sa toison romantique mêlée | àla fourrure de sa pelisse, et Barbey d’Au- revilly dans cette défroque théâtrale qu'il affectionne, avec son jabot, ses manchettes de dentelle, sa redingote, sa cape doublée de
| satin rouge et son chapeau de Chouan? Lui
surtout aurait dû venir accompagner l’al-
tissime poète qui lui dit un jour : « D’Aure-
villy, vous êtes le duc de Guise de la Littérature; vous apparaîtrez, mort, plus grand que vivant. »
Et les autres? Et Leconte de Lisle, "et.
ces jeunes poètes : François Coppée, Paul.
Verlaine, Sully Prudhomme, d’autres aussi que rien ne devrait pouvoir empêcher d’ap- porter des fleurs sur ce cercueil derrière lequel on eût dû les voir tête nue, malgré le froid et la bruine? Personnel Aucun . apparat, seulement quelques vieux hommes
qui se découvrent quand les porteurs posent la bière sur un pauvre corbillard, et c’est le dernier adieu de Paris à Lamartine!
L'honneur est toujours sauf dans le pays :
de France, et, dès le jour levé, le lendemain
matin, ce sont les vignerons et les vieilles églises qui saluent le grand mort de Mâcon
à Saint-Point.
Comme au jour du banquet où 13
branches des arbres, dans les prés de juillet | se paraient de drapeaux, une foule atten-
dait Lamartine à la gare.
Quand le cercueil parut hissé sur quatre |
épaules, des milliers de chapeaux qu’on ôtait gravement eurent l’air d’oiseaux noirs * s’envolant tous ensemble, d’ailes obéissant .
aux mêmes battements! L’enterrement eut
lieu après la messe basse, et, les faubourgs franchis, on vit, sous le soleil, briller les ;
champs couverts d’une tardive neige.
Tous les gens des hameaux dont les cloches sonnaient attendaient sur le bord du chemin pour se joindre au funèbre
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convoi. Le maître de Saint-Point les eût tous reconnus, commune par commune.
Les plus petits sentiers semblaient des affluents et chacun de son flot grossissait le cortège, et sur tout le parcours retentissaient des glas.
Oh! sans doute, Paris eût drapé la tribune où le ministre parle, et sorti les drapeaux, il eût voilé de crêpes noirs ses lampadaires; un archevêque d’or devant tout son chapitre eût béni le cercueil sur un.
haut catafalque, pendant que le canon.
répondait au bourdon.
Ici, des villageois conduits par de vieux - prêtres, et des vieilles tenant des enfants par la main; le grand ciel ventilé, le soleil sur la neige, et tant d’afliction, de regrets et de deuil que, comme il l’écrivit dans son poème unique, le linceul était « tiède au cœur enseveli! »
On croisa le berceau en allant vers la tombe... | On traversa Prissé. Le château de Mon-
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ceau était fermé, et l'on passa devant
Milly. Les portes, les volets en étaient clos; le lierre, comme un funèbre drap, pendait
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sur la façade. Tout était plein de lui, tout .
le nommait encore, les arbres fraternels et le cher horizon, et, ses humbles amis vou-
lant suivre sa bière, Émile Augier marchait …
parmi les vignerons... Paris, l’Académie, les
triomphes, la gloire, qu'était donc tout
cela dans le pays natal? Puis, au milieu du jour qui, pour le grand Poëte, ne devait pas avoir de soir, et quand le prêtre eût lu les dernières prières au livre que tachait l’eau gouttant d’un cyprès, on déposa le « corps endormi sous la porte qui mène à des soleils meilleurs... »
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