‹ Alphonse, ou, Puissance de la vertuChapitre 17 sur 139 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

ble une troupe de jeunes filles modestes, vêtues de robes blanches , ceintes d'un ruban rose ou bleu de ciel, et s'approcher tremblantes du pasteur des agneaux du roi.

Puis la troupe des jeunes garçons , avec un saint recueillement, s'avance devant vous, Christ, roi des cieux. Immobiles, à genoux sur le parvis du temple, ils adorent votre majesté.

Enfin le ministre de Jésus-Christ , radieux comme en un jour de triomphe , traverse les rangs : prosterné sur les marches du sanctuaire, il incline sa tète blanche et vénérable : il prie.

<• noble, ô désirable, ô bienheureux fils de » la Vierge de Solyme, c'est vous que j'invoque : ■• vous avez pris un corps mortel , vous êtes de-

- venu le pain vivant des âmes ; je conduis dans » les voies célestes cet innocent troupeau : bé- » nissez-Ie, faites descendre en nous l'esprit .

- lumière vivifiante. »

Mille flambeaux brillent sous les voûtes du sanctuaire. Leur lumière , les parfums et les prières montent ensemble vers le ciel. Le peuple devient majestueux à force de sainteté, les airs retentissent de l'harmonie des divers cantiques.

Les enfans, le prêtre, le peuple célèbrent ensemble le Dieu de paix.

Les enfans marchent de front , le pasteur e^i à leur tète. La foule silencieuse vient à la suite, l'étendard de la Vierge est déployé; le pieux cortège parcourt les rues du hameau, en ce jour, jonchées d'un vert feuillage.

Les maisons sont pavoisées •. les mères al (en-

dries versent des larmes sur leurs enfans à la mamelle ; les chants aériens de l'alouette semblent redire au ciel les saints cantiques des hommes , et répéter à la terre les divins concerts des Anges; les molles ondulations du cerisier fleuri, qu'agite légèrement un vent frais et embaumé, représentent les émotions vagues et délicieuses des cœurs purs d'où s'échappent de célestes transports, comme les parfums s'exhalent du calice des fleurs.

La sainte assemblée rentre. Dans le temple , les chants cessent , un profond silence s'établît , la voix du ministre de Jésus-Christ se fait entendre.

Il représente les puissances du ciel, les chœurs des patriarches, des prophètes , des apôtres et des saints, enveloppés dans une nuée mystérieuse et contemplant cette action auguste qui doit être le sceau de l'alliance de Dieu avec son peuple.

Le sacrifice commence, le prêtre s'abîme dans le sein de la divinité , il oublie la terre , il n'y tiert plus que par son amour pour les enfans qui lui demandent le pain des anges, il prononce les paroles saintes , le Créateur obéit à sa voix (1). Les cieux s'entr'ouvrent, le juste s'abaisse. Les cœurs sont saisis d'étonnement , ravis de tendresse !... Encore un moment ! Dieu est réuni à l'homme! ô prodige ! ô transformation inouie ! Dieu repose , non dans les palais somptueux ,

(I) Obedîente Domino vocl liorainis tosué, n. I"

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