‹ Alphonse, ou, Puissance de la vertuChapitre 19 sur 139 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

j&£ if.l avait doué Alphonse d'une intelli- Jfyt,-^ gence supérieure qui , même avant qu'elle eût reçu aucune culture , le rendait un objet d'admiration pour ses camarades. Lui seul paraissait ignorer ses qualités précieuses , et , comme s'il n'eût possédé que des moyens vulgaires, il témoignait par la plus noble ardeur du vif désir qu'il avait de s'instruire. Il était peu avancé en âge, mais grâce aux tendances de son esprit méditatif, il avait déjà toute la fermeté de l'âge mûr. C'est par cet ensemble de vertus acquises , et de facultés naturelles qu'il avait conquis l'affection de M. de Saint Hilaire , homme aussi profondément instruit que sincèrement modeste.

Le travail le plus soutenu, une application continuelle , une vigilance infatigable furent les moyens par lesquels notre jeune héros se prépara à vaincre les difficultés de l'étude, et à réparer les torts d'une trop tardive résolution.

Toutefois sa confiance en Dieu devint le principal fondement de ses espérances. Dieu pouvait* il manquer de bénir un jeune homme qu'animait le motif le plus généreux? Le calcul de l'intérêt

ou de la vanité n'entrait pour rien dans son émulation . Le désir de pouvoir parvenir à une plus haute connaissance des infinies perfections de la divinité, et celui de pouvoir concourir au bonheur des hommes , excitaient son héroïque ambition.

Son premier soin fut de consolider l'édifice de sa sanctification. 11 se mit sous la protection particulière de la sainte Vierge : il recourait à i'lle dans tous ses besoins ; il la pria de lui obtenir le don de sagesse , compagne excellente de la vie, et la grâce de réussir dans ses études.

Qui pourrait exprimer tout ce qu'il y avait de tendre dans sa piété pour la mère de Dieu ? Qui pourrait redire toutes les faveurs dont elle le combla?

Comme Stanislas , tout jeune encore , il était tellement pénétré d'amour pour elle , qu'il ne cessait de l'appeler sa bonne mère, il éprouvait un bonheur inexprimable à s'entretenir d'elle avec ses compagnons d'enfance. Ce nom si doux de Marie se mêlait à toutes ses paroles , suave comme la rosée au parfum des fleurs : on eût cru revoir un autre Louis de Gonzague !

Dieu avait marqué ce moment pour soumettre son serviteur à une épreuve terrible. Ce pauvre enfant venait à peine de se choisir une mère adoptivcdansle ciel, lorsqu'il apprit qu'il n'avait plus de mère sur la terre.

Comme autrefois sainte Thérèse , quand elle fut frappée d'un semblable malheur, il se proslerne devant une image de la sainte Vierge ;

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