LIVRE II. U
l'inquiétude qu'il craignait de lui causer : dans ce but , il composa un règlement de vie qu'il soumit à son bon maître. L'exacte observation de ce règlement , qui déterminait l'emploi de chaque heure du jour, dispensait Alphonse d'aller sans cesse interrompre M. de Saint-Hilaire.
Ce règlement de conduite était conçu avec une sagesse que l'on eût admirée même dans un Age avancé. M. de Saint-Hilaire n'y toucha que pour retrancher une partie de temps un peu trop long qu'Alphonse consacrait à la prière et à l'étude ; et pour augmenter les momens qu'il accordait aux repas, aux récréations , au sommeil : car il les avait, au contraire, un peu trop limités, bien différent en cela de la plupart des jeunes gens.
Comment voir sans attendrissement un jeune homme se soumettre lui-même au joug pénible du devoir, se condamner à un travail continuel , compter toutes les heures au présent, en user comme si l'avenir eût dû lui échapper; et comme si chaque instant de sa jeunesse eût dû décider de son sort éternel !
Rien n'était oublié dans ce petit code , purement oral , car Alphonse ne savait pas encore assez écrire pour le tracer sur le papier en caractères fixes et permanens : mais la raison qui l'avait inspiré et qui en avait ordonné toutes les parties, devait le conserver toujours dans sa mémoire. Nous allons en donner un aperçu ; peutêtre servira-t-il de modèle à plusieurs jeunes gens : il en est quelquefois qui veulent se former un plan régulier de conduite , et qui ne sont
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arrêtés que par l'embarras qu'ils trouvent à se bien diriger. Tendons-leur une main secourable.