‹ Alsace, 1871-1872Chapitre 17 sur 34 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

manda si je reconnaissais avoir écrit le feuilleton de ce journal 1 ?

Je n'avais pas à le nier; mais à mon lour je demandai en vertu de quel principe un citoyen français, Français par la naissance et, pour ainsi dire, x doublement Français par l'option, pouvait être jugé par un tribunal étranger pour un article écrit et publié en France. À supposer, ce que je nie, que l'article dont vous parlez constitue un délit, ce délit ne peut être puni qu'aux termes de la loi française, en vertu de l'axiome : Locus régit actum, et par les tribunaux de mon pays. Je récuse énergiquement la compétence d'une magistrature étrangère, et je proteste au nom du droit des gens contreune arrestation que rien ne justifie, sinon le droit delà force.

Le juge, qui m'avait écouté de toute spn attention, me dit : — Voilà votre système, voici le nôtre. L'accusation estime qu'un délit de presse est censé commis partout où se répand le livre ou le journal.

— Quoil si j'allais à Pékin, Tannée prochaine, j'y pourrais être arrêté, selon vous, pour avoir imprimé à Paris que l'empereur de la Chine a tort de r efuser une constitution à son peuple?

— L'accusation n'y verrait aucun inconvénient.

4 L'article incriminé est reproduit en entier dans ce volume. Il commence à lu page 50, ligne 17, et se termine à la dernière ligne de la page 61.

— Je comprendrais, à la grande rigueur, qu'on méjugeât en Allemagne pour avoir répandu, propagé, distribue des articles hostiles sur leterritoïre annexé. Il - y aurait délit de colportage commis chez vous. Mais je ne suis pas même l'éditeur, 01 le rédacteur en chef, pu le gérant responsable du Soir.

— Vous êtes son complice, pour lui avoir fourii les moyens de Commettre un délit.

— Quel délit, s'il s'est contenté de vendre le journal à ceux qui lui en faisaient la demandé ? Comment ce numéro du Soir est-il tombé entre vos mains? Est-ce moi qui vous l'ai envoyé? Est-ce non ami Hector Pessard ?

— Nous nous sommes abonnés au journal.

— Ne vous en prenez donc qu'à vous-mênes, si vous avez eu l'ennui de lire quelques vérités désagréables. C'est vous qui avez introduit leSoir en Alsace, c'est vous qui êtes les coupables. Iburquoi n'avez-vous pas fait arrêter le journal à la frontière par vos employés de la poste et vos couaniers? pourquoi, si vous aviez à vous plaindœ de moi, n'avez-vous pas invité le gouvernement Tançais à me poursuivre en France? Qu'est-ce qie ce procédé qui consiste à garder, onze mois duiant, au fond d'un tiroir, un mandat d'amener qi'on exécute par surprise sur la personne d'un passant?

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