Epilogue. ni
Vue bataille du temps de la république
• On entamait Faction avec des nuées de tiiail- ' leurs à pied et à cheval ; lancés suivant une idée générale plutôt que dirigés dans les détails du mouvement, ils harcelaient l'ennemi, échappaient à ses masses par leur vélocité, et à l'effet de son canon par leur éparpillement. On les relevait afin que le feu ne languit pas, on les renforçait pour les rendre plus efficaces.
« Il est rare qu'une armée ait ses flancs appuyés d'une manière inexpugnable; d'ailleurs, foules les positions renferment en elles-mêmes, ou dans l'arrangement des troupes qui les défendent, quelques lacunes qui favorisent l'assaillant. Les tirailleurs s'y précipitaient parinspiration, et l'inspiration ne manquait point dans un pareil temps et avec de pareils soldats. Le défaut de la cuirasse une fois saisi, c'était à qui porterait son effort. L'artillerie volante — on appelait ainsi les pièces servies par des canonniers à cheval — accourait au galop et mitraillait à brûle-pourpoint. Le corps de bataille s'ébranlait dans le sens de l'impulsion indiquée ; l'infanterie en colonnes, car elle n'avait pas de feu à faire; la cavalerie intercalée par régiments ou en escadrons, afin d'être disponible partout et pour tout. Quand la pluie des belles et des boulets de l'ennemi commençait à s'épaissir, un
si
officier, un soldat, quelquefois un représentant du peuple, entonnait l'hymne de la victoire. Le général mettait sur la pointe de son épée son chapeau, surmonté du panache tricolore, pour être vu de loin et pour servir de ralliement aux braves. Les soldats prenaient le pas de course; ceux des premiers rangs croisaient la baïonnette; les tambour baltaientla charge; l'air retentissait des cris mille et mille fois répétés : « En avant! en avants- Vive la République I... »
« Pour résister aux enfants de la patrie, il eût fallu être aussi passionné qu'eux-mêmes. Nos fantassins, hauts de cinq pieds, ramenaient par cen« taines les colosses d'Allemagne et de Croatie.
« Le général Fot. »
C'est vous, phraseurs absurdes, qui les avez ramenés, les colosses d'Allemagne, et ramenés, hélas! jusqu'à Paris, la brillante théorie et la victorieuse tactique! Mais un troupeau de lions qui manœuvrerait de la sorte se ferait dévorer par un agneau savant! Si la France n'avait pas cru à ces billevesées, si toute une nation n'avait point applaudi durant un demi-siècle ces contes à dormir debout, je ne serais pas enfermé dans une prison de Strasbourg par les esclaves du roi de Prusse !
Sur le tard, le directeur des prisons de l'Alsace- Lorraine, accompagné de l'inspecteur de Stras-