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aqueuses, presque incolores, se décomposent EP avec formation de carbonate et d'hyposulfite. Ce sel doit donc être employé immédiatement après sa préparation.
Le sulfure de potasse ou foie de soufre potassique est rouge brun quand il vient d'être préparé. Il est très hygroscopique et se recouvre rapidement à l'air d'une couche opaque jaune verdâtre, formée de soufre et d'hyposulfite. L'altération envahit ensuite peu à peu la masse tout entière, La solution aqueuse s'’oxyde lentement à l'air en donnant du soufre, de l'hyposulfite et du carbonate; elle ne doit pas être préparée à l'avance. Quant au produit solide, il faut le conserver soigneusement à l'abri de l'air humide en l’enfermant dans des vases de verre ou de grès bien bouchés.
Le monosulfure de sodium cristallisé est déliquescent ; de plus, il s'oxyde rapidement à l'air en se transformant en un mélange de carbonate et d'hyposulfite ; en solution très étendue, il peut méme se faire du sulfate.
Quant su sulfure de soude où polysulfure de sodium solide, 51 subit des altérations tout à fait analogues à celles du sulfure de potasse, Tous ces médicaments doivent être conservés à l'abri de l'air, et leurs solutions doivent être utilisées peu de temps après leur préparation.
La solution de sulfure d'ammonium est d’abord TE : exposée à l'air, elle jaunit rapidement par suite de la formation d'un polysulfure qui se convertit ultérieurement en hyposulfite et en sulfate. W faut la conserver à l'abri de l'air; il en est de même de la solution de sulfure d’ammonium sulfuré.
Le sulfure de fer hydraté où sulfure ferreux se transforme très facilement à V’airen sulfate, On le conserve « dans des petits flacons remplis d’eau distillée, bouillie et très exactement fermés, » (Codex, 1908, p. 302.)
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Chlorures.
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Le chlorure de potassium, Ve chlorure d'ammonium, Je chlorure de sodium pur et le chlorure de baryum sont inaltérables à l'air.
Le chlorure de calcium cristallisé, le chlorure de calcium fondu, le chlorure de magnésium, le protochlorure de
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nr Le manganèse etle trichlorure d'antimoine fixent l'humidité de l'air; ils doivent être renfermés dans des vases bien bouchés, qu'on placera, pour plus de sécurité, dans un endroit aussi sec que possible.
Le chlorure d'or et de sodium est à peu près inaltérable à l'air; mais, comme il attaque les matières organiques, il faut l'enfermer dans un flacon bouchant à l'émeri.
Le protochlorure de fer officinal est déliquescent; il s'oxyde facilement à l'air, en se transformant en oxychlorure ferrique. Il faut le renfermer dans des flacons soigneusement bouchés. Pour faciliter sa conservation, on peut l'additionner d’une trace d'alcool et laisser le vase de verre qui le contient exposé à la lumière. Le composé organique agit comme réducteur sur les produits d'oxydation qui tendent à se former.
La solution officinale de perchlorure de fer est presque inaltérable par la lumière et par l’air lorsqu'elle ne contient pas de substances étrangères. On verra plus loin, à propos des médicaments galéniques. qu'elle. est facilement réduite par certains composés en présence de la lumière. Comme elle attaque le liège, on doit se servir, pour la conserver, de flacons bouchés à l’émert.
On sait depuis longtemps (1) que le calomel noïrcit à la lumière. D'après certains auteurs, il se ferait du mercure et du subl'mé; pour d’autres, 1! y aurait formation d'un cAlorure basique et mise en liberté d'acide chlorhydrique. Quoi qu'il en soit, le calomel et le précipité blanc doivent être soustraits à l'action de la lumière.
BouLLay (2) a constaté que le sublimé corrosif, même à l'état solide, est décomposé par la lumière. Il y a « une action « marquée de la part de la lumière sur le muriate sur-oxy- « géné de mercure, action dont les résultats sont la soustrac- « tion d’une petite quantité d'oxygène et d'acide, et la for- « mation de mercure doux ».
La question de la stabilité des solutions aqueuses éten-
(1) A. Vocer. — De l’action de la lumière solaire sur les corps simples. et sur quelques composés chimiques; Journ. de Pharm. et de Chim., [2], [, 194, 1815.
(2) Sur diverses altérations qu'éprouvent les muriates de mercure par l’action de différents corps; Ann. Chimie, [1], XLIV, 180, 1802.
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dues de sublimé a suscité de mombreuses recherches. Si on les prépare avee de l’eau ordinaire, les solutions de sublimé au millième ne tardent pas à se décomposer : on observe, le plus souvent, au fond du vase, un dépôt blanc d'oxychlorure.
D'après V. Meyer (1), les solutions de sublimé, faites dans Veau distillée, seraient très stables, même en vase ouvert. Les solutions faites avec de l’eau de source pourraient très bien se conserver à l'obscurité, surtout si on les additionne d'une petite quantité de sel marin (4 pour 1.000).
C. Taxrer (2) a montré que, dans les conditions ordinaires, l'air peut être considéré comme sans action sur la solution de sublimé au millième dans l’eau distillée, tandis qu'il la décompose, s’il est chargé de vapeurs ammoniacales.
E. Burexer (3) est arrivé aux conclusions suivantes en opérant sur les solutions aqueuses de sublimé au millième :
4° Les eaux ordinaires, par les principes qu'elles contien: nent, provoquent la décomposition :mmédiate du bichlorure de mercure, et cette décomposition continue sous l'influence combinée de l'air et de la lumière, ainsi que des priacipes minéraux et organiques contenus dans l’eau ou amenés par Faire |
2 La décomposition commencée s'arrête, ou du moins devientinsignifiante, lorsque la dissolution est soustraite à l'action de l'air et de la lumière ;
3° Les dissolutions de bichlorure de mercure, préparées avec de Peau distillée pure, ne subissent que des décompositions insignifiantes, même lorsqu'elles restent exposées à l'air et à la lumière.
D'après H. Tezmox (4), la lumière agirait cependant sur les solutions de sublimé même préparées avec de l’eau distillée.
(1) Medicinisch-chemische Notizen; Ber. d. d. chem. Ges., XX, 1725, 2970, 1887.
(2) Sur la stabilité à l’air de la solution de sublimé corrosif au millième ; Journ. de Pharm. et de Chim., [5], XXIX, 63, 1894.
Fe. (3) Note relative à la stabilité des dissolutions aqueuses de bichlorure de mercure; Journ. de Pharm. et de Chim., [5], XXX, 57, 1894.
(4) Etude des transformations subies par les chlorures de mercure au contact de quelques substances inorganiques et organiques; Thèse pharm., Montpellier, 1895.
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Les conclusions de cet auteur, qui s'appliquent d'ailleurs aux divers mélanges pharmaceutiques dans la composition desquels il entre du sublimé, peuvent êlre utilement citées 1ei dans leur entier, ce qui nous dispensera de revenir plus tard sur le même sujet :
« Les solutions de sublimé dans l’eau distillée s'altèrent à « la lumière, et d'autant plus vite que la lumière est plus « intense. Par contre, elles se conservent absolument in- « tactes à l'obscurité.
«L'air pur, c'est-à-dire privé de toute substance minérale « où organique, est sans action sur ces solutions.
« Ces mêmes solutions, additionnées d'acide chlorhydrique « en quantité suffisante, résistent bien à l'action de la lu- « mière. Le chlorure de sodium aurait une action préserva- « trice moins énergique.
« Un grand nombre de substances organiques auxquelles se « trouve, dans la pratique, associé le sublimé, exercent sur « ce sel une action réductrice manifeste. Tels sont le sucre en « solution, la glycérine, l'alcool, l’éther, les acides tartrique « et acétique.
« La lumière active beaucoup l'action décomposante de « Ces COTPS.
« Les matières albuminoïdes, l'albumine en particulier, ont « sur ce’sel une action décomposante spéciale : leur contact « donne lieu à une double formation d'un précipité composé « de bichlorure de mercure et d'albumine et de chlorure « d’albumine qui se dissout aussitôt. Ce précipité de chlor - « hydrargyrate d'albumine éprouve, avec le temps, une ré- « duction d'où résulte une formation de protochlorure de « mercure.
« Enfin, dans son association avec l'axonge et la vaseline « pures, le sublimé reste complètement inaltéré. »
- Après l'exposé de ces diverses recherches, il semble bien que cerlains auteurs, comme L. Viéxox (1), ont beaucoup exagéré l'instabilité des solutions de sublimé qui, en réalité, sont inaltérables à l'obscurité, quand elles ont été préparées avec de l’eau distillée.
(1) Sur la stabilité et la conservation des solutions étendues de sublimé C.R. Ac. des Sciences, CXVII, 393. 1893.
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Bromures.
Exposé à l'air, le bromure d'ammonium jaunit un peu, en prenant une réaction acide; il y a séparation de brome et formation d'acide bromhydrique. WU doit être conservé en flacons parfaitement bouchés, à l'obscurité, ou dans des flacons de verre jaune.
Les bromures de sodium et de lithium doivent être soustraits à l'action de l'humidité, car ils sont hygroscopiques Il n'y à aucune précaution à prendre pour les bromures de potassium et de strontium (1) inaltérables à l'air.
La soluiion officinale de bromure ferreux n'est plus, à juste titre, inscrite dans la Pharmacopée française. C’est en effet un médicament éminemment altérable à l'air qui le décompose en perbromure et en oxyde ferrique.
Iodures.
L'iodure de potassium sec et pur est assez stable à la température ordinaire. Il en est tout autrement dans l'air humide ou en présence de l’eau. Ainsi les dissolutions aqueuses récentes d’iodure de potassium pur sont incolores et neutres aux réaclifs colorés; mais peu à peu la liqueur prend une teinte jaunâtre par- suite de la mise en liberté d’iode et devient alcaline. D'après certains auteurs, ces altérations seraient dues aux traces d'ozone qui existent dans l’atmosphère. D’autres pensent que ce phénomène est dû à l’influence de la lumière solaire (2), sans intervention de l'air. D’autres enfin sont d'avis qu'il y a action combinée de la lumière et de l'air. « La lumière solairé et les acides de Pair, et spécialement l'acide carbonique » (3), seraient les agents de cette décomposition qui résullerait probablement de la mise en liberté d’un peu d'acide iodhydrique. Get
(1) I s’agit du bromure de strontium hexahydraté qui est le sel officinal D'ailleurs, à défaut d'indication précise, c’est toujours le composé oficinal, inscrit dans la Pharmacopée, que nous envisageons dans ce travail.
(2) Vinau. — De l’action de la lumière solaire sur l’iodure de potassium; Journ de Pharm. et de Chim., [4], XX, 249, 1874.
(3) BarranDiEr. — Sur la décomposition par la lumière d’une solution d’iodure de potassium; Journ. de Pharm. et de Chim.. [4], XXIV, 214,1876.
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acide iodhydrique serait ensuite décomposé par la lumière en donnant de l’iode.
L'iodure de sodium, l'iodure d'ammonium et l’'iodure de calcium sont déliquescents dans l'air humide. De plus, même à l’état solide, ils se décomposent assez rapidement en se colorant en rose, puis en brun, suivant un mécanisme probablement identique à celui qui régit la décomposition de l'iodure de potassium en solution.
L'iodure de plomb, légèrement humide, est altéré par les rayons du soleil, avec perte diode ; il y a formation d'oxyiodure et décoloration superficielle.
L'iodure mercureux est décomposé par la lumière en iodure mereurique et mercure métallique, ce qui fait que le produit noircil.
L'iodure mercurique est également noirci par la lumière.
D'une façon générale, tous les iodures métalliques employés en pharmacie doivent done être mis à l'abri de l'air, de l'humidité et de la lumière.
Sels oxygénés.
Un grand nombre de médicaments appartiennent à ce groupe; mais, au point de vue de leur conservation, qui nous préoccupe plus spécialement, on peut les grouper en quelques catégories peu nombreuses, suivant la facon dont ils se comportent en présence de l’air et de la lumière.
L'air peut agir sur les sels de plusieurs manières différentes. Il peut agir d’abord comme agent purement physique, en favorisant l’efflorescence de certains de ces composés qui, perdant ainsi leur eau d’hydratation en totalité ou en partie, deviennent par là même plus actifs au point de vue thérapeutique ; ainsi, le sulfate de sodium qui contient dix molécules d’eau de cristallisation, soit 55,9 pour 100, peut perdre la totalité de cette eau par efflorescence; c’est à un phénomène dont il faut tenir compte dans la pratique pharmaceutique, surtout lorsqu'on manipule des sels très actifs, susceptibles de s’effleurir, comme l’arséniate de sodium: on ne saurait négliger une modification qui augmente parfois du double la valeur thérapeutique des médicaments.
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L'air altère parfois les sels parce qu'il renferme de la vapeur d'eau; ilcède cette eau à certains sels et les fait ainsi tomber en déliquescence.
D'autres fois, l'air agit chîmiquement sur les sels par un ou plusieurs de ses principes constituants. Les sels sont ainsi profondément modifiés dans leur constitution et peuvent même être transformés en corps nouveaux, doués de propriétés différentes. Cela se passe ainsi, par exemple, avec le carbonate ferreux qui se détruit à l'air humide en dégageant de l'acide carbonique et en laissant de l'hydrate ferrique. D'une manière générale, la lumière joue un rôle accélérateur dans la décomposition des sels au contact de l'air. :
On peut, d'après ce qui précède, ranger les sels en quatre groupes :
1° Ceux qui sont tnaltérables à l'air et qu'il suffit simplement de préserver des poussières et de l'humidité;
2° Ceux qui sont efflorescents et qu'il faut, par suite, conserver dans des flacons bien bouchés, à une température peu élevée, de préférence au-dessous de 20’, car on sait que la tension de dissociation des sels hydratés croît avec la température;
3° Ceux qui fixent la vapeur d'eau contenue dans l'air ét deviennent ainsi plus ou moins humides, et même délrquescents ; il faudra les conserver dans des flacons très secs,bien bouchés et placés de préférence dans un local sec;
4° Ceux qui s'altèrent chimiquement :au contact de l'air.
Comme les divers sels qui appartiennent à cette dernière catégorie ne présentent pas toujours des altérations comparables entre elles, il nous faudra envisager individuellement les plus importants de ces sels. Quant à ceux de ces composés qui rentrent dans les trois premières catégories, il suffira d'en donner simplement la nomenclature. J'ajouterai que les sels altérables à l'air doivent être autant que possible soustraits aussi à l'influence de la lumière, sauf toutefois les sels de fer au minimum ; les flacons d'un usage courant, destinés à les contenir, devraient être en verre jaune (P. Cuas- TAING).
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