VUE RER RE LORS CR SE EEE
(1) H. Hérissey. — De l’interversion de sucre de canne dans quelques Lors acides de la pharmacopée française; Journ. de Pharm, et de PAU [6], I, 358, 1895,
Quériauur (1) a étudié méthodiquement l’interversion du saccharose au cours de la conservation des sirops simples de Codex de 1884. II a constaté que, dans tous les sirops acides, une partie du saccharose s’intervertit pendant la préparation même du sirop; la quantité de sucre réducteur augmente ensuite plus ou moins rapidement, selon qué l'acide apporté par le véhicule est plus ou moins énergique.
Dans les sirops à réaction à peu près indifférente (surops de morphine, diacode, d'opium, de pyrophosphate de fer, de ratanhia, de gomme, de fleur d'oranger), l'interversion est nulle pendant un certain temps et, sielle vient à se produire, c'est qu'elle résulte de l’envahissement de moisissures.
Certains sirops, comme les sirops de chloral, d’éther, de codéine, d'aconit, de belladone et de digitale sont à l'abri de ces altérations.
Quérrauzr a remarqué que, outre la température, la lumière a une action accélératrice sur l’interversion du saccharose dans les sirops acides, sauf cependant dans les sirops de sues acides. Il pense que cette particularité peut avoir pour cause la couleur rouge de ces sirops, qui arrête une partie des rayons lumineux.
Lorsque le saccharose a été interverti dans un sirop, il se fait généralement au bout d'un certain temps une cristallisation abondante de glucose, qui occupe la plus grande partie de la masse; c'est ce qu'on constate fréquemment dans de vieux sirops de sues de fruits, de chlorhydrophosphate de chaux, d'acide tartrique, etc.
Dans certains sirops, le Sucre interverti formé peut agir chimiquement sur certains composés, comme agent réducteur. Gêtte action, favorable dans certains cas, pour le sirop d'iodure de fer, par exemple, est au contraire une cause d'altération Poule lorsque le principe actif du sirop se trouve réduit et passe à un état d'oxydation inférieur, comme c'est le cas pour le sirop de perchlorure de fer (2).
(4) De l’interversion du saccharose dans les sirops simples du Codex: Thèse doct. Univ. (Pharm.), Paris, 1904.
(2) J.-L.-P. Duroy. — Note sur le sirop de perchlorure de fer; Journ. de Pharm. et de Chim., [3], XXXVII, 321, 1860.
H. HéRiSsEY. — Sur l’action inversive du perchlorure de fer officinal: Journ. de Pharm. et de Chim , [6], IT, 203, 4895.
Le sirop de perchlorure de fer doit être préparé extemporanément; quant au sirop d'iodure de fer, il se conserve très bien, surtout si on l’expose à la lumière, qui tend à ajouter son action réductrice propre à celles qui résultent de la présence du sucre interverti formé et de l'acide tartrique ajouté. Gay à fait judicieusement remarquer que si l'iodure de fer est conservé dans ces conditions, la matière Organique, d'autre part, se modifie, de telle sorte que la conservation du sirop n'est que partielle. On pourrait d'ailleurs répondre à cette observation que la conservation parfaite de principe actif importe beaucoup plus que celle de l’excipient et que c’est la première qu'on doit surtout chercher à réaliser. L’interversion du saccharose, qui a l'inconvénient sérieux, signalé plus haut, de déterminer tôt ou tard dans le sirop la formation de glucose cristallisé, pourrait être souvent réduite à son minimum par quelques précautions observées soit au moment de la préparation, soit pendant la conservation. Ainsi, V. Harray (1) a montré récemment que le saccharose est totalement interverti dans le sirop iodotannique, au moment même de la préparation de ce sirop, si on disssout à chaud le sucre dans la solution iodotannique (présence d'acide iodhydrique dans cette dernière). Si, au contraire, la solution est faite à froid, il n'y à pas d'interversion notable, et celle-ci, si elle se produit, ne se fera que d’une facon graduelle et mettra toujours un assez longtemps pour être complète. Il y a donc lieu de préparer le sirop iodotannique à froid, et peut-être pourrait-on ajouter une faible quantité de bicarbonate de soude destiné à neutraliser l'acide iodhydrique formé au cours de la réaction d’iode sur le tannin.
Le sirop de tolu présente une altération spéciale qui a été souvent observée par les pharmacologistes : au contact de l'air, dans des flacons en vidange, il acquiert assez promptement, en été surtout, une odeur peu agréable rappelant celle du berizène. Orrvigro (2) a montré que ce phénomène devait
(1) A propos du sirop iodotannique du Codex 1908; Journ. de Pharm. et de Chim., [6], XXIX, 159, 1909. SET)
(2) Réduction de l'acide cinnamique en cinnamène par les Mucédinées ; Journ. de Pharm. et de Chim., [6], XXIV, 62, 1906.
sans doute être attribué à la réduction en cinnamène, de l'acide cinnamique contenu dans le médicament, sous l'influence de diastases sécrétées par les moisissures banales des sirops, Aspergillus niger et Penicillium glaucum. Cette action a pu être en effet réalisée expérimentalement in ouro.
. Comment conserver les sirops ? Ceux qui sont inaltérables (ex. : sirops de chloral, d’éther) ne nécessitent aucune précaution spéciale, si ce n’est de les soustraire à l'influence de la lumière etde les mettre dans un endroit frais.
Ceux qui ne sont pas acides peuvent être conservés par le procédé Appert ou par tout autre moyen de stérilisation analogue.
Quant à ceux auxquels ce procédé ne peut être appliqué, on se contentera de les enfermer dans des flacons lavés à l’eau bouillante ; le plus souvent, en effet, les moisissures qui se développent à la surface des sirops viennent de germes adhérents au flacon.
Les sirops, surtout lorsqu'on les embouteille chauds, émettent une certaine quantité de vapeur d’eau qui se condense le long des parois internes du goulot et vient ensuite former à la surface du médicament une solution sucrée diluée, propre au développement des microorganismes. On devra donc tenir couchés, pendant quelque temps, après l’embouteillage, les flacons qui contiennent les sirops de façon à bien imprégner le bouchon du liquide sucré. L’agitation des sirops, renouvelée assez fréquemment {deux ou trois fois par mois) conduit au même résultat, et c'est vraisemblablement pour cette raison qu'elle agit favorablement sur la conservation des sirops.
Les antiseptiques ne doivent jamais être utilisés pour la conservation des sirops,
- Miel et mellites, oxymellites. — Ces médicaments contiennent les mêmes principes sucrés que les sirops ; toutefois, le saccharose n'y existe généralement pas ou ne doit, en tout cas, s'y trouver qu’en très faible proportion. Les altérations générales des mellites, si l’on en excepte celles qui sont propres au saccharose, doivent donc êtres identiques à celle des sirops ; elles se produisent plus facilement encore que
chez ces derniers, parce que le |miel renferme des matières étrangères el particulièrement des matières azotées qui n'existent pas dans les sucres, et constituent des agents favorisants pour le développement des diverses fermentations. Les miels qui renferment du couvain, et les mellites qui en dérivent, sont de ce fait même très facilement altérables : ils éprouvent en très peu de temps la fermentation alcoolique et sont même susceptibles de se putréfier pendant les chaleurs de l'été. Il faut utiliser pour le miel, les mellites et les oxymellites, les mêmes procédés de conservation que pour les sirops ; la stérilisation par la chaleur conduit à des résultats excellents pour les mellites et les oxymellites.
Electuaires. — Nous laisserons de côté les conserves, très altérables et tout à fait tombées en désuétude ; et nous ne nous arrêterons pas sur les électuaires des anciennes Pharmacopées dont un certain nombre, contenant en grande quantité des pulpes et des mucilages, avec peu de principes salins aromatiques, étaient susceptibles de se détruire complètement en un temps assez court.
Les deux électuaires qui sont encore inscrits au Codex de 1908, l’électuaire de copahu composé et l'électuaire diascordium, sont assez peu altérables ; différents auteurs prétendent même que la conservation de ce dernier électuaire est, pour ainsi dire, indéfinie ; il s'y passe cependant des modifications qui sont attestées par une augmentation de la consistance et par un changement de la couleur, qui devient plus foncée. Les substances qui entrent dans sa composition sont d’ailleurs tellement nombreuses qu'il est impossible d'indiquer d’une manière précise les réactions compliquées qui s'y passent pendant le vieillissement ; toutefois, la couleur. brun foncé observée paraît bien devoir être attribuée à la combinaison des tanins apportés par les végétaux avec le sesquioxyde de fer que contient la préparation.
Les électuaires peuvent parfois devenir la proie des insectes ou des acariens et on a vu de la thériaque envahie par le Glyciphagus cursor à un point tel que la masse tout entière n’était pour ainsi dire plus constituée que par des animalcules, vivants ou morts.
Les électuaires doivent être conservés dans des vases de
faïence ou de porcelaine bien fermés et placésdans un endroit frais et sec.
Les saccharures granulés, appelés vulgairement granulés, sont généralement hygroscopiques ; il faut dônc les préserver de l'humidité en la renfermant dans des flacons bien secs et bien bouchés. |
Pâtes. — Ces médicaments peuvent être conservés très longtemps sans altération à condition d’être placés dans un vase fermé, de faconà être à l'abri de la dessiccation qui les rend dures et cassantes ; dans ces conditions, les pâtes se conservent souples et molles sans qu'il soit besoin de les additionner de glycérine, comme on l’a parfois proposé.
Tablettes et pastilles. — Les tablettes et les pastilles se conservent fort bien lorsqu'elles ne sont pas exposées à l’humidité. Dans le cas contraire, il arrive souvent qu'elles se piquent, c'est-à-dire qu'elles apparaissent comme parsemées de petites taches circulaires, translucides, plus ou moins étendues. Cela tient à ce qu’il se développe alors des colonies de microorganismes qui intervertissent le sucre de canne et mettent ainsi en liberté du lévulose ; celui-ci attire l'humidité de l'air et donne aux petites taches correspondant aux colonies l'aspect translucide observé. Dès 1852, Huraur (1) avait bien constaté que les parties piquées des tablettes contiennent du sucre réducteur et il inclinait déjà, sans bien saisir le mécanisme de l’altération, à penser que celle-ci pouvait avoir, pour cause première, le développement d’un cryptogame.
| Potions et juleps.
: Nous avons rangé ces médicaments après les saccharolés, parce que, sous leur forme la plus simple, ils sont constitués par des sirops dilués avec de l’eau ou avec des solutions médicamenteuses variées. Tout cé que nous avons dit de l'altération des sirops leur est donc applicable avec cette aggravation que les modifications du médicament peuvent se produire, lorsque les circonstances sont favorables, dans l'espace de quelques heures. Les potions qui renferment une infusion végétale, en particulier de l’infusion de digitale,
(1) HurauT. — Sur l’altération des pastilles; Journ. de Pharm. et de Chim , [3]; XXI, 142, 1852.
deviennent parfois filantes et peuvent même se prendre en une gelée plus où moins consistante, C’est qu'il s’y développe des microbes analogues au Bacillus viscosus, auxquels certains auteurs ont attribué des noms spéciaux, mais dont la spécificité n’a pas été toujours parfaitement établie.
Les potions et les juleps doivent être renouvelés toutes les vingt-quatre heures, surtout pendant l'été. L’habitude qu'on a de les conserver dans les chambres des malades auxquels elles sont destinées est une circonstance qui influe défavorament sur leur conservation. Il serait de beaucoup préférable de les conserver dans un endroit frais, moins propice à l'établissement des diverses fermentations qui se développent rapidement au contraire à une température plus élevée.
Pilules et granules.
Les pilules sont le siège de diverses réactions qui peuvent modifier plus ou moins rapidement leur nature intime; ces réactions sont évidemment variables, suivant la composition des pilules considérées; ainsi, dans les pilules contenant des sels ferreux, ces derniers tendent à s’oxyder pour passer à l’état de sels ferriques ; les substances oxydables peuvent être détruites par les ferments de la gomme arabique dans les pilules qui contiennent celte dernière; certains principes chimiques ou naturels (gomme adragante) amènent un durcissement extrême des pilules, etc. Ce sont là des altérations qu’on peut assez souvent prévenir par des modes de préparation appropriés: ainsi le durcissement qui se produit par dessiccalion exagérée des pilules peut être, dans une certaine mesure, évité grâce à l’incorporation d’une très petite quantité de glycérine.
Divers enrobages, comme ceux à la gélatine, au sucre, à l'argent, aux vernis, n’ont d'autre but que de soustraire le médicament au contact de l'air et d'assurer ainsi plus parfaitement sa conservation.
Les masses pilulaires doivent être conservées dans des pots de faïence munis de leur couvercle, ce dernier étant maintenu par une feuille de parchemin ficelée autour de la partie supérieure du vase.
Les pilules sont conservées dans des flacons bouchés.
Capsules et perles.
Ces médicaments se conservent bien en flacons bouchés, lorsque leur contenu n’est pas susceptible de réagir à la longue sur l'enveloppe gélatineuse qui l’entoure ; ainsi, une solution trop concentrée de créosote dans l'huile et, à plus forte raison, la créosote pure, ne peuvent se mettre en capsules. Là encore, les soins et les précautions pris au moment de la préparation auront une influence considérable sur la bonne conservation du médicament.
Cachets.
Les cachets doivent être conservés à l’abri de l'air, de la lumière et de l'humidité. Le mieux serait de toujours les renfermer dans des flacons de verre à large ouverture, bouchés à l’émeri. En effet, l'enveloppe de pain azyme qui constitue le cachet est très perméable aux influences extérieures et les médicaments qui y sont contenus ne sont guère mieux protégés que s'ils étaient directement exposés à l'air.
Comme les pilules, le contenu des cachets, soit par compression exagérée au moment de la préparation (1), soit à la suite d’une trop longue conservation, peuvent acquérir une dureté telle que le médicament n’est plus délayé dans le tube digestif où il constitue ainsi de véritables calculs intestinaux (2).
Comprimés.
On les conserve comme les cachets, Ces médicaments s’alièrent beaucoup moins rapidement que les poudres qui
(t) On est en effet souvent dans l'habitude, pour des raisons de commodité et de dosage, de mouler, sous forme lenticulaire, au moyen du compresso-doseur, les médicaments qu'on met en cachets.
(2) Voir comme exemples d'observations de cet ordre :
G. PATEIN et BROUANT, — Contribution à l'étude des calculs intestinaux d’origine médicamenteuse; Journ. de Pharm. et de Chim., [6], XV, 509, 1902.
PELOILLE, — Calculs intestinaux et... officinaux; Bull, Sc. Pharm , XIV, 472, 1907.
A. Buisson. — Sur des pseudo-calculs biliaires; Journ, de Pharm. et de Chim., [6], XXVIIT, 540, 1908.
les constituent, parce que la surface exposée aux agents’ extérieurs se trouve considérablement réduite par la compression. Les poudres qui entrent dans leur composition doivent être soigneusement débarrassées de tout germe ; il est arrivé, en eflet, que des comprimés d'extraits d'organes ont été entièrement détruits par des larves, ces dernières provenant d'œufs qui existaient dans la poudre d’amidon incorporée au médicament en vue de la compression. Comme les pilules et les cachets, les comprimés peuvent acquérir un durcissement tel que leur délitement devienne à peu près impossible dans le tube digestif; cet inconvénient n’est évidemment pas à redouter pour les comprimés constitués par des principes solubles.
Huiles et graisses.
Au contact de l’air, certaines huiles absorbent une grande quantité d'oxygène, se recouvrent d’une couche ferme, résineuse et finissent même par se solidifier complètement, si elles sont en lames relativement minces; ces huiles (huiles de lin, d’œillette, de ricin) sont dites huiles siccatives.
D’autres huiles au contraire ne se solidifient pas par exposition à l'air; ce sont des huiles non siccatives (huiles d'olive, d'amande douce); elles se décolorent progressivement en perdant un peu de leur fluidité et acquièrent bientôt une odeur particulière, désagréable; en un mot, elles rancissent. Berraecor (1) a montré que cette transformation résultait vraisemblablement de la transformation des éthers des graisses en glycérine et acides, avec altération consécutive de ces derniers : « La formation d’un acide aux dépens des « corps gras neutres inoxydables paraît résulter de leur sépa- « ration directe en acide et en glycérine et par conséquent « exiger la présence de l’eau ou de l'humidité pour se déve- « lopper. »
Il y a donc d'abord mise en liberté d’acides gras, c'est-àdire acétification, puis oxydalion consécutive de ces acides gras. Cette oxydation dépend de la nature de l'acide qui est éthérifié par la glycérine. « L’acidification, au contraire,
(4) Sur les altérations qu'éprouvent les corps gras neutres au contact de l'atmosphère; Journ, de Pharm. et de Chim., [3], XXVIF, 96, 1855.
« serait un phénomène essentiel aux corps gras neutres et « aux.éthers, en tant que formés d’une manière générale par « les acides unis soit à l'alcool, soit à la glycérine. »
La .saponification spontanée des corps gras, de l'huile d palme en particulier, avait été signalée dès 1838 par J. PeLouze et F. Bouper (1) qui, déjà, en avaient donné une explication exacte : « Nous ne saurions, écrivent ils, indiquer «avec assurance la cause de cette saponification spontanée « de l'huile de palmes, bien que nous ayons déjà fait plusieurs « tentatives dans le but de la découvrir : mais l'opinion qui « nous paraît la plus vraisemblable, c’est qu'il existe dans « Fhuile de palmes un ferment particulier, qui doit être aux « corps gras ce que la levure de bière est au sucre, ce que « l’émulsine est à l’amygdaline. »
En 1855, F. Perouze (2) revenait, dans un mémoire d’ensemble, sur les faits exposés dix-sept ans auparavant et s’exprimait ainsi : :
« Les faits dont je vais maintenant présenter l'analyse « font connaître un dédoublement très net des corps gras, « en acides et en glycérine, sans que l'air intervienne dans « la réaction. On peut les résumer ainsi : Lorsque les graines « et les diverses semences oléagineuses sont soumises à une « division qui brise les cellules et met en contact intime les « substances dont elles se composent, les corps gras neutres « renférmés dans ces graines se changent en acides gras et « en glycérine. »
Dans ces temps derniers, cette saponification biochimique a donné lieu à des recherches nombreuses et à des cs tions pratiques du plus haut intérêt (3).
En dehors de ce dédoublement fermentaire tout à fait spécial, les huiles et les corps gras’ peuvent subir des altérations’ résultant dé l'envéhissehbnt par des microorganismes susceplibles de se développer dans ces composés, comme l'ont
(4) Recherches sur les corps gras; Journ. de Pharm., XXIV, 385, 1838.
(2} Mémoire sur la saponification des huiles sous l’influence des matières qui les accompagnent dans les graisses; Journ. de Pharm.et de Chim., [3], XXVII, 321, 1855.
(3) Voir M. Niccoux. — Contribution à l'étude de la saponification des corps gras; Thèse doct. ès sciences, (Historique, 8-14), Paris, 4906,
montré des recherches étendues de vax Tircne (1). Ces organismes peuvent déterminer l'acidification et l'oxydation des huiles; ils paraissent jouer, en particulier, un rôle important dans l'opération du chamoisage de peaux (2) | S'il était possible d'obtenir les huiles et les graisses sans mélange d'aucune substance étrangère et si on pouvait les protéger efficacement contre l’accès de la lumière, de l’air et de l’humidité, ces substances conserveraient indéfiniment leur état de neutralité; on à constaté, en effet, que les corps gras ensevelis avec les momies dans les tombeaux d'Egypte étaient restés neutres pendant quelques milliers d'années (3), Dans les huiles et les graisses commerciales, les enzymes (lHipases) peuvent être considérés comme ayant été détruits par la température à laquelle s'effectue le raffinage. Cependant, quand de grandes quantités de matières sont préparées par simple fusion, à basse température, la température peut ne pas être suffisamment élevée dans toute la masse pour détruire les enzymes en totalité, de sorte que ces derniers peuvent subsister en quantité suffisante pour produire l’hydrolyse et la rancidité consécutive. Les {races d’eau peuvent agir comme les enzymes à une température assez élevée. | Pour ces raisons, Lewrowirsc indique, comme, la plus efficace et la plus digne de confiance, la méthode de conservation par le froid. | L’addition d’agents conservateurs spéciaux (sel marin, baumes, résines)‘peut être parfois d’une grande utilité, en particulier lorsque les corps gras offrent au développement des microorganismes des éléments nutritifs convenables, par exemple des traces de matières albuminoïdes. D’une façon générale, cetteaddition de substances conservatrices n’est pas admise pour les matières grasses employées en pharmacie; il y a toutefois une exception pour l’axonge(axonge benzoïnée). Les corps gras doivent donc être soustraits le plus possible
(1) Sur la végétation dans Fhuile; Bull. Soc. Bot. de France, XXVIL, 353, 4880; XXVIII, 71, 1884. — Recherches sur la vie dans l’huile, 1d., KXVIN, 137, 1881.
(2) A. Prépazuu. — Sur une moisissure du tannage à l'huile, le Monascus purpureus; ©. R. Ac. des Sciences, CXLVI, 510, 1909. | Ne. (3) J. Lewkowirson. — Technologie et analyse chimiques des: huiles,
graisses et cires, traduction Bontoux, Il, 608, 1909.
au contact de l'air et à l'influence de la lumière: ils doivent être conservés au frais dans des vases pleins et bien fermés.
L'usage de tubes d’étain, fermés par un bouchon à vis, est très approprié à une bonne conservation des corps gras demisolides et des pommades; il présente en outre de grandes commodités, car il suffit de presser légèrement la partie postérieure du tube pour faire sortir exactement la quantité nécessaire de corps gras ou de pommade.
Il n’y a rien de bien spécial à mentionner au sujet de certains produits pharmaceutiques qui rentrent dans le groupe des corps gras, comme le beurre de muscade et le beurre de cacao. Ge dernier blanchit sous l’influence de la lumière et de l’air, aussi est-on dans l’habitude de l’envelopper de papier d’étain (1).
Produits divers ne rentrant pas dans le groupe des corps gras et pouvant être employés comme excipients des pommades.
La cire jaune exposée à l'air humide et à la lumière (2) se décolore en se transformant en cire blanche.
Le blanc de baleine, quand il a été bien débarrassé de lPhuile qui l’imprègne, est extrêmement peu altérable; sa bonne conservation dépend donc en grande partie des soins apportés à sa préparation.
La graisse de laine est très peu altérable; elle ne rancit pas Heu au contact de l’air et n’est pas attaquée par les microorganismes.
La vaseline et l'huile de vaseline sont complètement inaltérables.
Pommades, cérats, huiles médicinales.
Les altérations que peuvent présenter ces médicaments sont de deux sortes: altérations de l’excipient et modifications des principes actifs.
(4) BaupRIMONT à montré que l’emploi du papier détain pourrait être avantageusement généralisé pour la conservation d’un grand nombre de produits pharmaceutiques. (Expériences et observations sur la conservation de quelques produits altérables à l’aide du papier d'étain; Journ. de Pharm. et de Chim., [4], I, 385, 18701.
(2) A. et P. BUISINE. — Contributions à l'étude de la théorie du blanchiment à l'air; C. R. Ac. des Sciences, CXIT, 738, 1881,
Les altérations de l'excipient sont en relation ave la nature de ce dernier; très rapides dans les pommades à l'axonge et dans les huiles médicinales, elles seront nulles dans les pommades à la vaseline.
Si le principe actif est très résistant, il ne subira aucune modification (pommade de soufre, à l'oxyde de zinc); mais, dans la plupart des cas, il sera plus ou moins altéré lui-même sous l'influence des agents extérieurs (pommade d'iodoforme) et, aussi, sous l'influence des produits de décomposition de l'excipient, si cet excipient n’est pas stable (ex. : pommade d'iodure de potassium).
Il peut se produire ainsi des réactions complexes entre les principes actifs et l’excipient, réactions qui se poursuivent lentement et déterminent souvent une modification eomplète des propriétés organoleptiques elles-mêmes du médicament (ex. : pommade citrine.
Les huiles médicinales préparées avec des substances végétales, comme l'huile de jusquiame et le baume tranquille, sont très altérables ; elles se décolorent peu à peu, surtout sous l'influence de la lumière, et rancissent très rapidement. Le baume tranquille se trouble assez souvent par suite de la précipitation des produits d'altération de la chlorophylle.
L'huile phosphorée est stable à l'abri de la lumière, si elle est bien préparée suivant les prescriptions du Codex inspirées des travaux anciens de Ménu 1) La stabilité de l'huile phosphorée a donné lieu d’ailleurs à un grand nombre de recherches, parmi lesquellesnous citerons, comme les plus récentes, celles de H. Korte (2) I n'y a pas lieu de résumer toutes ces recherches quine conduisent pas à des conclusions présentant un intérêt pratique spécial.
Emplâtres et sparadraps.
Il n'y a guère à éviter pour ces médicaments qu'une dessiccation exagérée qui les rend cassants etleur fait perdre leurs propriétés adhésives. Il suffit donc de les conserver dans des
(1) Sur l'huile phosphorée; Journ, de Pharm. et de Chim , [4], VHL 37, 4868. — Nouvelles observations sur l'huile phosphorée; Journ. de Pharm. et de Chim., [#], IX, 13, 1869. |
(2) Ueber die Haltbarkeit von Phosphorül; Pharm. Ztg., LIL, 655, 1908.
récipients bien fermés et à l'abri d’une température trop élevée; cette dernière précaution est surtout importante pour les sparadraps, dont les divers feuillets, qu'il est bon d'ailleurs de séparer par un papier parcheminé, peuvent facilement adhérer entre eux.
Liquides adhésifs.
Les liquides adhésifs comme la traumaticine, le cotlodion etles divers collodions médicamenteux doivent être renfermés dans des flacons très soigneusement bouchés pour éviter l'évaporation du dissolvant. À propos du ceollodion, nous devons signaler la décomposition spontanée du fulmicoton qui en fait la base, décomposition qui a été étudiée déjà, en 1862, par pe Luca (1). Bécnonxer (2) a indiqué, pour conserver le fulmicoton, de le maintenir dans l’eau distillée. Il aurait ainsi conservé sans altération du fulmicoton préparé depuis plus de deux ans.
Glycèrés.
La glycérine, étendue d’eau, est attaquée par les microorganismes, comme l'ont montré les recherches de Reprex- BACHER (1846), de BerrneLor (1856), de Pasreur, de Farz (3) et de bien d'autres; mais la glycérine r70n diluée ne se prête pas au développement d'êtres organisés; aussi les g/ycérés liquides, conservés en flacons seb constituent-ils des préparations généralement très stables. Par contre, le glycérolé d'amidon, abandonné au contact de Pair, absorbe l’humidité atmosphérique, se peuple de microorganismes, se liquéfie et prend une odeur désagréable ; il peut être conservé très longtemps lorsqu'après sa préparation on l’a renfermé dans un vase bien bouché et qu’on a stérilisé le tout.
Objets de pansement.
* En premier lieu, les objets de pansement peuvent subir des
(1) Recherches chimiques sur les produits de la décomposition spontanée de la pyroxyline; Journ, de Pharm. et de Chim., [3], XLI, 1862. — Recherches chimiques sur la décomposition spontanée de la pyroxyline ; C. R. Ac. des Sciences, LIX, 487, 1864.
(2) Union pharm., VI, 182, 1865.
(3) Ueber die Gährung des Glycerins ; Ber. d, d. chem. Ges.,IX, 1348, 1876.
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