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modifications de nature physique; en second lieu, les principes actifs qu'ils contiennent sont souvent chimiquement altérés ; en troisième lieu, même aseptisés au moment de leur préparation, ils sont susceptibles, par suite d’une mauvaise conservation, d'être envahis par des microorganismes. Comme altérations de nature physique, on peut signaler l'abaissement du titre médicamenteux dans les gazes et les colons qui contiennent des principes actifs volatils comme l'iodoforme et le-phénol, Yvox (1), qui a fait des recherches sur la gaze phénolée, a constaté que des échantillons de gaze qui n'étaient pas préparés depuis très longtemps et qui étaient dosés à 10 pour 100, ne renfermaient plus au moment de l'examen que 1,37 à 1,75 de phénol pour 100. Un échantillon préparé depuis un an environ n’en contenait plus que 0,17 pour 100. Un échantillon examiné deux jours après sa préparation en renfermait 7,05 pour 100 ; conservé dans une enveloppe de papier parchemin, placée elle-même dans une boîte de carton, il titrait après 4 jours 7 pour 100, après7 jours 6, 59, après 12 jours 5,98.
La gaze iodoformée et la gaze salolée perdent rapidement aussi une partie de leur principe actif par évaporation.
Il y aurait lieu de rompre avec l'habitude qui consiste à enfermer le plus souvent Les gazes et les cotons médicamenteux dans un simple papier parcheminé. Ces objets de pansement devraient être conservés dans des flacons à large ouverture bien bouchés, comme cela se pratique pour le coton iodé. Certaines fabriques de pansements ont d’ailleurs pris l'habitude de livrer ainsi les gazes et les cotons médicamenteux.
Les pansements au sublimé nous offrent un exemple bien net d’altération du principe actif ; le sublimé est peu à peu réduit et transformé finalement en calomel.
Si les éponges préparées pour la chirurgie, par traitement au permanganate de potassium et au bisulfite de soude, ne sont pas très bien débarrassées par lavage de l'acide sulfureux qui les imprègne, cet acide sulfureux se transforme peu
(1) Sur la gaze phénolée; Journ. de Pharm. et de Chim., (61, XVI. 584, 1902.
à peu en acide sulfurique et il y a corrosion du tissu de l'éponge. Par exposition à la lumière, l’iodoforme qui imprègne les objets de pansement subit les décompositions décrites antérieurement dans le chapitre relatif aux médicaments chimiques.
Les catguts, soies, crins, drains, ete., éprouvent à la longue des modifications qui, en en changeant la contexture, en compromettent plus ou moins la solidité et la souplesse, et peuvent même parfois les rendre complètement inutilisables.
Lorsque les pansements doivent rester asepliques, il importe de les placer dans des conditions telles qu'ils puissent rester purs au point de vue bactériologique. On fera donc usage de dispositifs permettant de les conserver dans les récipients mêmes, dans lesquels ils ont été stérilisés ; un grand nombre de dispositifs ont été imaginés dans ce but, variables suivant les objets à conserver ; nous nous contenterons seulement d'en indiquer l'existence.
Dans certains cas, on conserve les objets de pansement dans des liquides antiseptiques appropriées (soies, catguts, crins de Florence, éponges, laminaires, etc.).
Les pansements antisepliques eux-mêmes doivent être conservés avec plus de précautions qu'on n'en prend généralement, car le principe actif qui les imprègne ne les défend pas toujours contre l'invasion d'êtres organisés. Ainsi, Ménier (1) a observé l'envahissement d'une gaze iodoformée par un champignon qui élait vraisemblablement le Cladosporium herbarum.
Extraits injectables d'organes, sérums thérapeutiques. toxines et vaccins d'origine microbienne.
Le pharmacien ne confeclionne pas lui-même ces médicaments qui lui sont délivrés par des préparateurs /écalement autorisés ; il doit se contenter de les conserver dans les condilions les meilleures et d'en vérifier le bon état de conservalion au moment de les délivrer.
(1) Altérations d'une gaze iodoformée par un champignon du genre Cladosporium; [5], XXII, 442, 1691,
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