FLUORURE DOUBLE D'ALUMINIUM ET DE POTASSIUM, AËI6.4KF
Si l’on verse une dissolution de fluorure de potassium dans une dissolution de fluorure d'aluminium hydraté, en laissant prédominer le dernier, on obtient un précipité gélalineux de formule AFF. IKF(1.
FLUORURE DOUBLE D'ALUMINIUM ET D AMMONIUM. Ali%,64\z1i/.
Berzélius(), en faisant digérer de l'hydrate d'alumine dans une solution de fluorure d’ammonium. a obtenu ce fluorure double. Il se dégage de l’'ammoniaque et il se forme une masse translucide qui. chauffée et pulvérisée, présente, après dessiccation, la formule APF$,6AZH'F. Un composé de même formule a été obtenu par Helmoll(*) par mélange d’une solution de fluorure d'aluminium el d’une solution de fluorure d'’ammonium. Le même sujel à été traité
par Petterson ().
FLUORURE DOUBLE D’'ALUMINIUM ET D'AMMONIUM HYDRATÉ. APF6,4AzH{F,5 0.
Cependant, d'après M. Baud(-), lorsqu'on verse une solution de fluorure d'ammonium dans une solution de fluorure d'aluminium. on n'obtient pas une véritable cryolithe, mais un fluorure double hydraté, qui dérive du fluorure d'aluminium hydraté APF5,7TH?0 par remplacement de 4H°0 par 4AZH*F, Ce corps se forme même en présence d'un excès de fluorure d'ammonium et lorsqu'on fait le mélange dans la proportion de six molécules de fluorure d'ammonium pour une de fluorure d'aluminium.
FLUORURES DOUBLES DIVERS
Berzélius() a préparé les fluorures doubles d'aluminium et de zinc. d'aluminium et de nickel, d'aluminium et de cuivre, tous trois
(1) BerzéLius, Truilé de Chimie, 3, p. 441.
(8) Id, 8, p 415. ET
@) Hezmozr, Zeitsch. anorg. Chem., p.5, 1895. Æ (*) PeTTERSEN, J. pralklisuhe Chem., (2), 40, p. 55.
(5) Baup, Loc. cit, 5 (6) BERZÉLIUS, Ann. de Pogaendorff. 4, P. 16, 1824
cristallisés, mais n’a fourni aucun renseignement sur leur compo: sifion,
MM. Weinland et Koppen(!) ont préparé et décrit un certain nombre de fluorures doubles formés par l'union du fluorure d’aluminium avec les fluorures des métaux divalents.
Ces fluorures sont :
Le fluorure d'aluminium et de fer ALPF6,9FeF?,140 Le fluorure d'aluminium et de nickel APF6,2NiF?,14H#0
Le fluorure double d’aluminiumetdezine APF6,27ZnF?,14H20
Les fluorures d'aluminium et de cuivre APF5,4CuF?,22 H20 AFF S Car 180 APF$,2CuF?,HF,16H°0
CHLORURE D'ALUMINIUM ANHYDRE, Al CIS.
Friedel et Roux (?) ont signalé comme possible, et seulement pour prendre date, l'existence d’un sous-chlorure, mais ils ne sont pas revenus sur ce sujet et on ne connaît qu'un chlorure d'aluminium.
Ce composé, très important puisqu'il a amené la découverte de l’aluminium métallique, a été préparé pour la première fois par OErsted en 1824, mais Gay-Lussac et Thénard avaient indiqué dès ISIT la méthode qui devait servir à le préparer. Ces savants disent en effet textuellement dans leurs Recherches physico-chimiques (?), en parlant de l’action du chlore sur différents corps :
« Il est probable que plusieurs autres terres et surtout la glucine, l’alumine et l'yltria, pourraient, comme la magnésie, décomposer le gaz acide murialique oxygéné (chlore) à très haule température et on peut assurer que, si celle décomposition a lieu, les muriates qui en résulleront résisteront à l’action du plus grand feu, encore que, par un peu d’eau, ils soient décomposés au-dessous du rouge cerise. On pourrait faciliter cette décomposition en mélant la base avec un peu de charbon; alors, on parviendrait peut-être à combiner la silice elle-même avec l'acide murialique. »
Il est impossible de lire dans l'original le ({ravail d'OErsted (OErsted. Oversigt over det K. Danske Videnskabernes Selskabs Forhandlingar og dots Metlemniers Arbeider, fra 31 mai 1824 til
(1) WEINLAND el KoPPEN, Zeütschrift für anorg. Chemie, 22, p. 270, 1900. (2) FrigpeL et Roux, Comptes rendus, 400, p. 1191, 1885. () Gay-Lussac et TréxarD, Recherches plyysico-chimiques, A4, p. 145, 1811.
ALUMINIUM ET COMPOSÉS. 21 91 mai 1825), mais Wohler (1) s'exprime ainsi qu'il suit sur la découverte du chlorure d'aluminium et sa transformation en aluminium :
« Il ÿ a quelques années, OErsted découvrit une combinaison liquide de chlore et d'aluminium par un procédé très ingénieux qui consiste à faire passer un courant de chlore sur un mélange d’alumine et de charbon porté au rouge. On obtient suivant lui, de cette combinaison, par l’action de l’amalgame de potassium. un amalgame d'aluminium qui s’oxyde très promplement à l'air et qui se décompose par la distillation en mercure et en aluminium. »
La méthode indiquée par OErsted a été précisée par Wohler, rendue pratique par Sainte-Claire Deville et appliquée ensuite par lui à l'industrie. De très nombreuses variantes ont été proposées, il ne semble pas qu'aucune soit bien établie.
Préparation. — Wobhler opérait ainsi. De l’alumine hydratée est mêlée avec de la poussière de charbon, du sucre et de l'huile, de façon à former une pâte épaisse qui est chauffée dans un creuset couvert Jusqu'à décomposition de toute malière organique. On obtient de cette manière de l’alumine trés intimement mélée avec le charbon. Ce mélange encore chaud est mis dans un tube de porcelaine qui communique d'un côté avec une source de chlore et de l’autre avec un petit ballon de verre tubulé. L'appareil étant traversé par un courant de chlore, on porte le tube au rouge; à partir de ce moment, le chlore est absorbé et le chlorure d'aluminium distille et se condense dans les parties froides du tube,
ABOS-E3C CE GCL — 300 +'APCE.
Deville (?), en modifiant l'appareil, a rendu la préparation assez facile pour pouvoir préparer 5 kilogrammes de ce corps en une journée. Le mélange d’alumine et de charbon est préparé par la méthode indiquée par Wobhler. Le produit découpé avec un couteau se compose de morceaux plus ou moins gros et de poussières qui sont introduits ensemble dans une cornue de grès tubulée, avec tubulure plongeante. Une fois la cornue portée au rouge sombre jusqu’au centre, il fait arriver par la tubulure plongeante nn courant de chlore très rapide qui chasse d'abord l’air de lappareil el fournit bientôt du chlorure d'aluminium en abondance. Pour le
() WouLer, Ann. de Chim. et de Phys., (2), 37, p. 66, 1823. @) Devizze, Ann. de Chim. et de Phys., (3), 43, p. 1, 1855.
recueillir. Deville s'est servi d’une cloche munie d’une douille qu'il faisait pénétrer dans le col de la cornue. Il fermait l'extrémité De de la cloche par un entonnoir dont le bord évasé élait appliqué contre la cloche et maintenu au moyen d'un Jut quelconque. Pour que la douille de la cloche ne s’engorge pas, il faut qu'elle puisse s’échauffer et que la partie du col de la cornue qui sort du fourneau n'ait pas plus de 4 à 5 centimètres de longueur.
Bientôt après, Deville a rendu ce procédé industriel et l'a appliqué à la préparation de l'aluminium dans l'usine de produits chimiques de Javel(}. L'alumine provenant de la calcination de l’alun ammoniacal étant mélangée à du goudron de houille, la pâte bien battue est introduite dans des pots à noir animal, pots en fer que l'on superpose de façon que le fond de l’un forme fermelure pour celui qui est en dessous. Elle est ensuite portée au rouge.
On forme ainsi le charbon alumineux qui est traité par le chlore non plus dans une petite cornue, mais dans une cornue verticale ayant la grandeur des cornues à gaz. Le chlore pénètre par le bas, amené par un tube de porcelaine qui pénètre jusqu’au milieu de la masse de charbon, de façon à ne pas corroder les parois. Le chlorure d'aluminium formé s'échappe à la parlie supérieure par un tube latéral et va se condenser dans une chambre voisine en maconnerie. Au moyen de cet appareil, dont la figure se trouve dans le travail de Deville, on pouvait préparer 50 kilogrammes de chlorure d’aluminium par opération.
Le chlorure d'aluminium ainsi obtenu est toujours impur et contient du chlorure de soufre et du chlorure ferrique, qui lui communique une teinte jaune. Deville le purifiait en le redislillant dans un cylindre en matériaux réfractaires contenant 60 à 80 kilogrammes de pointes de fer. Le chlorure ferrique est aussi volatil que le chlorure d'aluminium, mais le fer métallique le retient en le transformant en chlorure ferreux, relativement fixe. Le fer retient aussi l'acide chlorhydrique qui provient de l'action de l'humidité atmosphérique sur le chlorure d'aluminium et également le chlorure de soufre. qui reste à l'état de protochlorure et de sulfure de fer,
Chlorure d'aluminium pur. — Sainte-Claire Deville et Troost(?), dans leurs expériences pour la détermination de la densité de vapeur
) Device, Ann. de Chim. et de Phys., (5), 46, p. M5, 1856. ) Drvirue et Troosr, Ann. de Chim. et de Phys., (5), 58, p. 276, 1860.
du chlorure d'aluminium, ont purifié le produit commercial en le chauffant avec du fer dans un ballon: le chlorure se sublimait dans la partie haute et froide du ballon en une masse cristalline incolore.
Friedel et Roux (!) ont montré que l’on réussit encore mieux la purification, si on remplace le fer par l'aluminium métallique et chauffe dans la vapeur de mercure (30°). Mais, il est évident que l'on obtiendra un produit encore plus pur si l’on prend comme base de la préparation l'aluminium pur. Cest ce que fail Guslavson () qui dirige un courant de chlore sur l'aluminium en feuilles placé dans un tube à combustion de 40 à 50 centimètres de long et de 15 millimètres de diamètre ; il chauffe seulement au début de la réaction qui se produit ensuite d'elle-même. Le chlorure sublimé est recueilli dans un tube court, assez large pour pénétrer à frottement doux sur le plus long. |
Seubert et Pollard (*) obtiennent également le chlorure d'aluminium très pur en chauffant de l'aluminium pur au sein d'un courant de gaz chlorhydrique desséché par l'acide sulfurique et l'anhydride phosphorique. Le métal est placé dans un tube en verre de Bohême à parois minces partagé, suivant sa longueur, par plusieurs étranglements placés à la suite du métal, et protégé par un lube concentrique. Il suffit de chauffer dans le courant de gaz chlorhydrique, au moyen d'un bec Bunsen, le métal qui se décape, puis se transforme en chlorure d'aluminium. La réaction une fois amorcée se continue, sans qu'il soit nécessaire de chauffer, jusqu'à disparition totale de l'aluminium. Continuant à faire passer le courant de gaz chlorhydrique, on sublime très lentement le chlorure, de façon à le faire passer dans les différentes chambres du tube. Si l'on fond à la lampe les étranglements, on a une série de tubes scellés garnis de chlorure d'aluminium pur.
Si l’on chauffe horizontalement un de ces tubes à 200° dans un bloc puis laisse refroidir, on trouve après refroidissement le tube rempli d'une masse cristalline de chlorure d'aluminium que surmontent de magnifiques lamelles hexagonales incolores, très brillantes, de 1 centimètre de large sur 1 millimètre d'épaisseur.
Propriétés physiques. — Le chlorure d'aluminium anhydre pur
Frienez et Roux, Comptes rendus, 400, p. 1191, 1885. GusrTAysoON, Chemische Centralblatt, 4, p. 81%, 1901.
\ p SEUBERT et PorLarp. Berichle der deutsch. chem, Gesell. 24, p. 2875, 1891.
constitue une masse cristalline incolore et transparente. Il cristallise en prismes hexagonaux dont le pointement paraît octaédrique. Ces prismes derivent probablement d'un prisme rhomboïdal droit ; leur étude est difficile en raison de leur déliquescence (Sainte-Claire Deville et Troost). Certains cristaux sont constitués par la macle de trois individus orthorhombiques, comme dans l’aragonite maclée; la macle se traduit souvent à l'œil par une étoile à trois branches. visible au centre du cristal (Seubert et Pollard).
Sous la pression ordinaire, le chlorure d'aluminium se volatilise sans fondre, mais il fond facilement sous pression. Friedel el Crafts ont pu, en se basant sur cette propriété déjà signalée par Deville et Troost, prendre son point de fusion dans un tube étroil fermé aux deux bouts, suffisamment rempli de substance et entièrement plongé dans un bain liquide. Ils ont trouvé pour le point de fusion 1902. Le point de solidificalion, pris par refroidissement du chlorure fondu sous une pression d’air de 2 atmosphères et demie, a élé trouvé de 187. Ces savants admettent que le point de fusion vrai est compris entre ces deux nombres. Ils ont déterminé le point d'ébullition sous diverses pressions; il est de 18%, 7 sous 773 millimètres.
Densilé de vapeur. — La détermination de la densité de vapeur du chlorure d'aluminium a soulevé une polémique fort ardente. Elle a, en effet, une importance considérable, puisqu'elle sert à déterminer le poids moléculaire de ce corps et par analogie les poids moléculaires des autres composés de l'aluminium.
Elle a d’abord été déterminée en 1860 par Sainte-Claire Deville et Troost (!), qui dans la vapeur de mercure (3500) ont trouvé 9,35 et dans la vapeur de soufre (440°) ont trouvé 9,347. La densité théorique correspondant à AP CI5— 2 volumes étant 9,27, on devait considérer APCI comme représentant la molécule.
Mais, Nilson et Pelterson (?) ayant déterminé, en 1884, la densité de vapeur du chlorure d'aluminium par la méthode de Dulong entre 1117 et 1260°, ont trouvé dans cet intervalle de température une autre valeur constante, soit 4,97 qui correspond au poids moléculaire AICF, pour lequel la densité de vapeur théorique est 4,60.
() DEvILLE et Troosr, Ann. de Chim. et de Phys., (3), 58, p. 219, 1860. () Nizsox et PETTERSON, Zeülsch. physikalische Chemie, 4, 1. 459, 1884: Ann. de Chim el de Phys., (6), 9, p. 145, 1890,
Admettant que le chlorure d'aluminium ne prend l’état gazeux parfait que plusieurs centaines de degrés au-dessus de son point d’ébullilion, ils ont conclu que la molécule était AICF et que dès lors, l'aluminium est trivalent. Friedel et Crafts ('), émus par cette conclusion, ont repris, en s’entourant de toutes les garanties d'exactitude nécessaires, la détermination de la densité de vapeur entre 218% et 439; ils ont trouvé des valeurs voisines de 9, confirmant les résultats de Deville et Troost.
Ainsi se sont produites deux opinions opposées sur la valeur du poids de la molécule du chlorure d'aluminium. Les expériences sont rigoureusement failes dans les deux camps, mais la question est de savoir quelle température il faut choisir pour déterminer la densité de vapeur.
Friedel, après avoir fait remarquer que le poids moléculaire APCIS a été adoplé, non seulement en se basant sur la densité de vapeur trouvée par Deville et Troost, mais aussi d’après les analogies chimiques, semble avoir conclu sagement, quand il dit : « Toujours estl que, dans un long intervalle de température, la densité correspond à la formule AlCIS et ceci nous semble suffisant pour maintenir celle-ci comme représentant le poids noléculaire du chlorure d'aluminium », et plus tard (?): « Il me semble que la conclusion naturelle est celle-ci : le chlorure d'aluminium a une densité de vapeur correspondant à la formule APCI entre 200 et 400. Ilen a une deuxième correspondant à AICE au-dessus de 800°. »
Propriétés chimiques. — Exposé à l'air, le chlorure d'aluminium fume, exhale l'odeur d'acide chlorhydrique et, absorbant l'humidité, se résout bientôt en un liquide clair. Jeté dans l’eau, il s’y dissout rapidement avec bruit et chaleur, de manière que, si l'eau est en pelite quantité, elle peut être portée à l’ébulliüon.
La dissolution ne peut fournir par évaporation et dessicealion le chlorure anhydre; car, pendant qu’ou l’évapore, elle se décompose en alumine et acide chlorhydrique qui se dégage,
AICIÉ 53H20 —= 6HC1 + AFOS.
Toutefois, si on refroidit une solution concentrée, on obtient des cristaux de chlorure hydraté AP CIS ,12H20.
() Frigpez et CrarTs, Comptes rendus, 1406, p. 1764, 1888. 2) FRIEDEL, Ann. de Chim. et de Phys., (6), 49, p. 171, 1890.
Le potassium et le sodium en déplacent l'aluminium au rouge. Nous reviendrons très longuement sur celte réaction en exposant la préparation de l'aluminium.
Friedel et Crafts(') ont fondé sur son emploi une méthode très féconde de synthèse des composés organiques. Le chlorure d’aluminium en agissant sur le chlorure d'amyle donne lieu à un dégagement d'acide chlorhydrique el. à la production d'hydrocarbures condensés. Cette action se reproduit d'une manière générale avec les chlorures organiques. Il semble que l'acide chlorhydrique qui se dégage soil formé aux dépens de deux molécules du chlorure dont l'une fournit le chlore et l’autre l'hydrogène et dont les deux résidus se soudent. |
’artant de cette notion, Friedel et Crafts ont pensé qu’en mélangeant un hydrocarbure avec un chlorure organique en présence du chlorure d'aluminium ils réussiraient à obtenir une réaction ayant pour résultat de combiner le radical hydrocarboné du chlorure à l'hydrocarbure moins l'hydrogène. Cette conception s’est réalisée el l'application de cette méthode donne naissance à un grand nombre de composés.
Par exemple, le chlorure d’amyle et la benzine donnent l'amvylbenzine,
CSHS + CHHUCI — CI + CH, CSHM.
Le chlorure de benzyle donne, avec la benzine, le diphénylméthane, COHS + CéHS,CIPCI — HCI+ C6H5,CH?, CH5.]
Le chloroforme donne avec la même benzine, le triphénylméthane. CHCEEP 3 CH = "5H CI EP CH(CEH) et le tétrachlorure de carbone, le tétraphénylméthane, CH? Æ 4AC6H6 — 4H CI E C(CSHS)
Les chlorures oxygénés, tels que les chlorures acides, agissent d'une façon lout à fait semblable et produisent des acétones. Ainsi, le chlorure de benzoïle et la benzine donnent de la benzophénone,
CSH5,COCI + CSH$ — HCI + CSHS,CO,CSHS.
Friedel et Crafts ont essayé de donner une explication de cette
() FRIEDEL et Crarrs, Comptes rendus, 84, p.1399 et 1450, 1877: 85. p. 74, 1877.
réaction curieuse et féconde. Ils ont admis que le chlorure d’aluminium réagissait sur l'hydrocarbure, la benzine par exemple, en donnant lieu au dégagement d'une molécule d'acide chlorhydrique et à la formation d’une combinaison organo-métallique renfermant les résidus des deux molécules de benzine et de chlorure d'aluminium; soit C°H5,APCF. C’est sur ce composé que réagirail à son tour le chlorure organique en régénérant le chlorure d'aluminium et en donnant l'hydrocarbure qui est le produit principal de la réaction.
CPHMCL + COHS,ARCÉ — ABCIS + CSH, CSI,
La propriété la plus saillante du chlorure d'aluminium anhydre est sa tendance à s'unir avec d’autres composés pour fournir des combinaisons moléculaires. Nous en donnerons quelques exemples et traiterons à part les combinaisons du chlorure d'aluminium avec les chlorures métalliques et ses combinaisons avec l’'ammoniaque.
Wobhler!{!) a montré que le chlorure d'aluminium absorbe l'hydrogène sulfuré à chaud; en sublimant le chlorure dans un courant d'hydrogène sulfuré, il a obtenu une combinaison cristalline dont il n'a d'ailleurs pas fait l'analyse. D'après Baud(), le produit obtenu par Wohler ne serait pas un composé défini, mais on obtiendrait les composés APCIS,2H?S et APCIS,H?S de la facon suivante :
On dirige de l'hydrogène sulfuré pur dans un tube refroidi à 10° et contenant du chlorure d'aluminium; il se liquéfie et dissoul le chlorure. Si on laisse alors remonter lentement la température, l'excès de gaz liquéfié disparait vers — 45° et il reste une combinaison solide, de formule APCIS,21IPS, qui se dissocie vers — 40° en fournissant le composé APCI,H?S, stable à la température ordinaire.
Comme l’a montré Andrianowsky en 1878(*), le chlorure d'aluminium se combine également à froid à l’anhydride sulfureux, gazeux ou liquéfié. Baud a montré qu'il existe deux combinaisons, toutes deux solides APCI,2S 0? et APCF,S 0? correspondant aux combinaisons sulfhydrées. La première perd de l’anhydride sulfureux vers 80° en se transformant en la seconde qui distille à 200.
Le chlorure d'aluminium se combine encore au chlorure de soufre
() Woner, Ann. de Chim. et de Phys., (2), 37, p. 66, 1898. (2) Baup, loc. cit.
(2) ANbRIANOWSKY, Bulletin Sor. Chimique, (2). 84, p. 496, 1879,
Di
pour donner le composé APCI5,2SCI{1); au chlorure de sélénium et au chlorure de tellure en formant les combinaisons APCI, Se CI el APCI,TeCl': au chlorure de phosphore PCF pour donner la combinaison solide et cristallisée APCI,2P CBC) et (); à l’oxychlorure de phosphore en formant le corps cristallisé AP CIF, 2POCE(:): enfin à l'hydrogène phosphoré à chaud en donnant le composé également cristallisé 5 APCI, P H#(5) et au bioxyde d'azote en donnant le composé APCIS, Az O (°).
Avec les chlorures alcalins, le chlorure d'aluminium donne des chlorosels AP CI5,2MCI correspondant au spinelle AP 0°, Mg 0, des spinelles chlorés, comme les nommait Sainte-Claire Deville, ainsi que d’autres chlorures doubles découverts plus tard.
Le chlorure double d'aluminium et de potassium et celui d'aluminium etde sodium ont été découverts par Degen (°), qui les obtenait en mélangeant le chlorure d'aluminium et le chlorure alcalin et chauffant le mélange, ce qui produit la combinaison. Ces chlorures doubles sont assez stables; ils peuvent être chauffés jusqu'an rouge dans des vases fermés sans que le chlorure d'aluminium se dégage : ils peuvent être dislillés sans décomposition dans un courant de chlore ou dans un courant d'hydrogène ou d'azote. Par contre, ils sont décomposés par l’eau. A l’évaporation, leur solution aqueuse fournit des cristaux de chlorure alcalin, tandis que le chlorure d'aluminium hydraté s’'accumule dans l’eau mère.
CHLORURE DOUBLE D'’ALUMINIUM ET DE SODIUM, APCIS.2Na CI.
Le chlorure double d'aluminium et de sodium tire son importance de ce qu'il a été employé pour la fabrication de l'aluminium dans les procédés Deville et Deville-Castner (voir p. 99). Le chlorure de sodium se combinant, comme il aété dit, très facilement au chlorure d'aluminium au rouge, il suffira, comme l’a indiqué Deville, pour le préparer avantageusement, d'ajouter du sel marin à un mélange
(1) Orro Rurr et PLATO, Berichte der deutsch. chem. Gesell. 34. p. 1749. 1901. (©) WEBER, Ann. de Poggendorff, 104, p. 421, 1858.
() BAUDRIMONT, Ann. de Chim. et de Phys., (t), 2, p. 5, 1864:
(*) CASSELMAN, Ann. de Liebig, 98, p. 20, 1856.
(©) ROSE, Ann. de Chim. et de Phys., (2), 54, p. 98, 1832.
(5) Taomas, Bulletin Soc. Chimique, (2), 31, p. 496, 1879.
(7) DEGEN, Ann. de Liebig, 18, p. 332, 1856.
d'alumine et de charbon que l’on soumettra à l'action du chlore au rouge. On pourra donc le préparer, dans les laboratoires, dans le même appareil qui sert à la préparation du chlorure d'aluminium.
à x = T2 Fi , r c'est-à-dire une cornue tubulée munie d'une cloche tubulée pour la condensation du produit,
ALOEONa CLSC CIN NN ARC 2 Na CI 5 CO;
D'après Roscoe, le chlorure double d'aluminium et de sodium ne fond pas à 200°, comme on l’admet généralement, mais à 195»,
AL CISSol:. + 2NaClsol. —AI2CI, 2NaClsol. + 11%1,90.(Baud.)
CHLORURE DOUBLE D'ALUMINIUM ET DE SODIUM, Al CI,5 Na Cl.
Pour obtenir ce corps, M. Baud fond le composé Al CI5,2 Na CI avec une molécule de chlorure de sodium dans un ballon de verre, à une température voisine de 500,
ARCIS EE 5NaCL — APCI,3Na CI + 151,29. (Baud.)
CHLORURE DOUBLE D'ALUMINIUM ET DE SODIUM. AËCIS,6Na CI.
M. Baud (loco citalo)a préparé ce corps en fondant dans un creusel de platine du chlorure de sodium et. y projetant le chlorure AP CI5,2 Na CI en quantité exactement calculée pour obtenirle corps cherché. La fusion ayant été complète, il laisse refroidir dans Pair sec. Ce composé, que l’on pourrait appeler une cryolithe chlorée, semble, d'après sa chaleur de formation, être un composé défini,
ALCIS + 6NaCl — APCIS,6NaCI + 19%1,55.