ALZIRE, ÉMIRE
ALZIRE
Eh bien! veut-on toujours ravir à ma présence Les habitants des lieux si chers à mon enfance'? Ne puis-je voir enfin ces captifs malheureux, Et goûter la douceur de pleurer avec eux?
ÉHIRE.
Ah! plutôt de Gusman redoutez la furie;
Craignez pour ces captifs, tremblez pour la patrie.
On nous menace, on dit qu'à notre nation
Ce jour sera le jour de la destruction.
On déploie aujourd'hui l'étendard de la guerre;
On allume ces feux enfermés sous la terre;
On assemblait déjà le sanglant triliunaP;
Montèze est appelé dans ce conseil fatal;
C'est tout ce que j'ai su.
ALZIRE
Ciel, qui m'avez trompée, De quel étonnement je demeure frappée!
Quoi! presque entre mes bras, et du pied de l'autel, Gusman contre les miens lève son bras cruel !
1 Et depuis quand, seigneur. oraigneE-vous la préienre D« ces paisibles lieux si ohers à votre enfance f
Racine, Phèdre, act. I, ae. I.
2 Le sanglant tribunal désigne sans doute l'inquisition, et feux enfermés sous la terre, ses réchauds allunnés pour donnei question. I.a Harpe ne comprenait pas, puisqu'il demande;» tribunal de qui ?»> et qu'il ajoute : « le doit gouverner quelque ch quand il n'y a pas d'épithèie spécifique. » Voltaire croyait av spécifié le tribunal par l'adjectif sany/an^