‹ Alzire, tragédie;Chapitre 34 sur 50 · F.HIRE · texte numérisé non relu

F.HIRE

1,'or qui les séduit tous vient d'dblouir sa \ue.

Sa loi, n'en doutez point, sa main vous est vendue.

ALZIHE.

Ainsi, ^'râces aux cieux, ces métaux détestés

Ne serviinl pas toujoiirs h nos calamités.

Ali ! ne perds point lic lemps : lu balances encore!

ÉMIflK.

Mais aurait-on juré la perle de Zamore? Alvarez aurait-il assez |)eu de rrédit?

Kt le conseil cnlin. ..

ALZIRK.

Je crains tout , il suffît.

Tu vois de ces tyrans la fureur (l«spoli(|ue; Ils pensent (|ut' pour eux le ciel lit l'Amérique, Qu'ils en sont nés les roi»; et /amoie à leurs yeux , Tout souverain (|u'il fut , n'est (|u'un siMitieux. (Conseil de meuririeis! (iusmaii ! peuple barbare! Je prévinidrai les coups (|ue voire main prépare, (îe soldai no >itnt |)oinl : (pi'il larde à m'obéirl

EMIKK.

Madanu', avec Zamore il \a bientôt venir; Il court .1 la prison. Déjà la iiuil plus sombre (Couvre ce ^rauil dessein du secrel de son ombre '.

I Voliairc se répète, car il n déjà dit dan» Hrutus, aci. IV. se. t

Déjk I ' niiil pliii lonibr* VoU* net f rsnUi dritaiiti «lu ■•«r*l U« ion umbr*.

50 ALZIRE

Fatigués de carnage et de sang enivrés,

Les tyrans de la terre au sommeil sont livrés.

AI.ZIRE.

Allons, que ce soldat nous conduise à la porte : Qu'on ouvre la prison, que l'innocence en sorte.

ÉMIRE

Il vous prévient déjà ; (lépliane le conduit.

Mais si l'on vous ronconlre en cette obscure nuit,

Votre gloire est perdue, et cette honte extrême...

ALZIRE

Va , la honte serait de trahir ce que j'aime.

Cet honneur étranger, parmi nous inconnu ,

Nest qu'un fantôme vain qu'on prend pour la vertu :

C'est l'amour de la gloire, et non de la Justice ^

La crainte du reproche, et non celle du vice '.

Je fus instruite, Émire, en ce grossier climat,

A suivre la vertu sans en chercher l'éclat.

L'honneur est dans mon cœur, et c'est lui qui m'ordonne

De sauver un héros que le ciel abandonne.

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