AI.ZIRE, ACTE V, SCÈNE
Voilà de ton amour les exécrables fruits. Hélas! nous drmaiidions la urâce de Zamore; Alvarez avec moi daignail parler encore : Un soldat à l'instani se présente à nos yeux -, C'était Zamore même , t^garé, furieux; Par ce (U'uMiisemfiit la vue était trompée. A peine entre ses mains j'a|)crçois une épée : Entrer, \olcr vers nous , s'élancer sur Gusman , L'attaquer, le frapper, n'est pour lui qu'un moment. Le sang de ton époux rejaillit sur ton père' : Zamore, au uiCme instant dépouillant sa colère , I onibc aux pieds d'Alvarez , et , tranquille et soumis , Lui présentant ce fer Icint du sauR de son fils : • J'ai fait ce que j'ai dû , j'ai vcnj^é mon injure ; « Fais ton devoir, dil-il , et ven<^e la nature. » Alors il se prosterne , attendant le trépas. Il' |)ère tout sanglant se jeitf entre mes bras; Tout se ré\('ille , on court . on s'avance , on s'écrie, On vole ;i ton époux , on rappelle sa \le ; On arrête son sang, on priasse le secours l><' (et art inventé pour conser\er nos jours', luiit le peuple ii grands cris demande ton supplice. Du meurtre de son maître il le croit la complice ;
ALZIKK.
Vous pourriez...
MONTK/F..
Non , mon cœur ne l'en soupçonne pas ; Non , le lien n'est pas fait pour de tels attentats ; Capable d'une erreur d ne l'tst point d'un crime; Tes yeux s'étaient fermés sur l»* bord de l'abîme. Je le souhaite ainsi, je le crois : cependant
1 Ainsi le |M re dWlzire étuit duus lu i liuiiibre de (iiisnutn et Alzirc ti'v éluil pas. C'eKl h n'y nen oiuprendru. (juuii|uo Vulliiiro chcrelie k voiler ces invruiseiiibluiiocs en laibam dire plu» Imul à Montèie !
ilAUil neoi lUinantliuiK U f râ«« da Zamor*. Al*«r«a :iTce mni dallait parler eiieure,
on volt trop (iiif ' ,1 est iiml r.li'isi pour uiie ilciibeialioii ;
Îu'il n'y u pu-» m roiiiiiiccr iM.nu'.ijttU'meni sur lo »orl île
miore tlniii mi n i i im ;i iTiiiiidre, elipie puur toiil diro pertonD* àco tuoriirtii n'uHl oti il duvruii eue.
'1 l'éi iplua.Hc iKiiir dcHiuiiur U iiiédeciao, qui oublie riCf! luuTui* pourquoi elle a «M4> Uivtiuléu.
58 ALZIRE
Ton époux va mourir des coups de ton amant. On va te condamner ; tu vas perdre la vie Dans l'horreur du supplice et dans l'ignominie ; Et je retourne enfin , par un dernier effort, Demander au conseil et ta grâce et ma mort.
ALZIRE
Ma grâce ! à mes tyrans? les prier ! vous , mon père.
Osez vivre et m'aimer, c'est ma seule prière.
Je plains Gusman ; son sort a trop de cruauté ;
Et je le plains surtout de l'avoir mérité.
Pour Zamore , il n'a fait que venger son outrage;
Je ne puis excuser ni blâmer sou courage.
J'ai voulu le sauver, je ne m'en défends pas.
il mourra... Gardez-vous d'empécliermon trépas.
MONTÈZE.
0 ciel ' inspire-moi , j'implore ta clémence !
( Il sort.