‹ Alzire, tragédie;Chapitre 43 sur 50 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ALZIRE

0 ciel ! anéantis ma fatale existence.

Quoi ! ce Dieu que je sers me laisse sans secours ! Il défend à mes mains d'attenter sur mes jours! Ah ! j'ai quitté des dieux dont la bonté facile Me permettait la mort , la mort, mon seul asile. Eh ! quel crime est-ce donc , devant ce Dieu jaloux , De hâter un moment qu'il nous prépare à tous?, Quoi ! du calice amer d'un malheur si durable '^ Faut-il boire à longs traits la lie insupportable' ? Ce corps vil et mortel est-il donc si sacré. Que l'esprit qui le meut ne le quitte à son gré ? Ce peuple de vainqueurs, armé de son tonnerre, A-t-il le droit affreux de dépeupler la terre ,

1 On ne boit pas la lie à longs traits ; on boit un breuvage jui qu'à la lie qui reste au fond du vase. Si durable, tnsupportab sont de véritables chevilles. Ce monologue, le plus grave aca philosophique d'Alzire, a fait dire au satirique Gilbert :

Alsire au désespoir oommente le Phidon.

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