‹ AlzireChapitre 14 sur 47 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

Daigne habiter ces Houx, et je t'y sers de père.

La mort a respecté ces jours que je te doi,

Pour me donner le temps de m'acquitter vers toi.

ZAMORE

Mon père, ah! si jamais ta nation cruelle Avait de tes vertus niontrd (juelque étincelle. Crois-moi, cet univers aujourd'hui désolé -Au-devant de leur joujj sans peine aurait volé. Mais autant que ton âme est bienfaisante et pure, Autant leur cruauté l'ait frémir la nature : Et j'aime mieux périr que do vivre avec eux. Tout ce qui; j'ose attendre, et tout ce que je veux. C'est de savoir au moins si leur main sanguinaire Du maliieurcux Montèze a fini la misère; Si le père d'AIzire... Hélas! tu vois les pleurs Qu'un soutenir trop cher arrache à mes douleurs.

ALVAREZ

Ne cache point tes pleurs, cesse de t'en défendre; C'est de l'humanité la manpie la plus tendre. Malheur aux cœurs ingrats, et nés poin- les forfaits, Que les douleurs d'autrui n'ont attendris jamais '! Apprends que ton ami, plein de gloire et d'années, Coule ici i)rès de moi ses douces destinées.

ZAJlOiiE.

Le verrai-j('\'

ALVAREZ

Oui, crois-moi. Puisse-t-il aujourd'hui T'cngager à penser, a vivre comme lui!

ZAMUliE.

Quoi ! Montèze, dis-tu...

ALVAREZ. I

Je veux que de sa bouche Tu sois instruit ici de tout ce qui le touche. Du sort qui nous unit, de ces heureux liens ^ Qui vont joindre mon peuple à tes concitoyens. Je vais dire à mon fils, dans l'excès de ma joie, C(! bonheur inouï que le ciel nous envoie.

1 Ces rétli'xions sur le carari^ro moral des pleurs sont un pou longues, et sentent plus l'homolie que la tragédie.

2 Ces liens reparaissent pour la cinquième fois à la tin d'u;; vers.

Je te quitte un namiient; mais c'est pour te servir Et pour serrer les nœuds qui vont tous nous unir.

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