‹ Amador de LatourChapitre 44 sur 50 · LE FORÇAT · texte numérisé non relu

LE FORÇAT

'^ Nouméa!. . .

Sur le pont dvi steamer " la Vaillance," A ce cri du veilleur succéda le silence, Manteau de plomb couvrant des désespoirs d'enfer. Sur les lèvres crispant plus d'un rictus amer. C'est que Nouméa, c'est le dépotoir du vice, Des maudits qu'à marqués le bras de la Justice; C'est l'exil sans espoir de voir les lieux aimés. Le clocher du hameau, les vallons embaumés. La France avait banni cet abject phalanstère Qui, l'œil sombre, à tribord contemplait cette terre, Oii régnent pour toujours des chagrins éternels. Il s'éleva soudain, chez tous ces criminels. Une clameur de rage aussitôt réprimée.

Un forçat, jeune encore, et l'âme comprimée, Impassible, couvrait d'un regard de mépris Ses frères du boulet, tous infâmes repris! Sur sa lèvre exsangue, on lisait l'amertume.

Son crime?. . .

Sur la route, au tomber de la brume, On l'avait pris, tenant encore le couteau. Jugé, trouvé coupable, on l'envoyait au bagne.

C'était le soir; au loin l'ombre sur la campagne Jetait ses teintes d'encre; éteignant tous ses feux. Le steamer, achevant son chemin hasardeux, S'ancrait en rade avant d'atterrir au rivage. Le navire semblait quelque créneau sauvage

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