SCENE III
AMADOR DE LATOUR et DUBOSQ entrent en conversant.
J'ai chargé le Dunois de veiller l'atterrage. C'est un brave, alliant la prudence au courage.
(Apercevant le Renard silencieux, appuyé sur son arc.)
Mon frère le Renard songe-t-il aux absents? Je le vois tout pensif. . .
LE RENARD
Sous les bois fleurissants, Mon Avigwam est tranquille et mes fils font la chasse.
Mon frère était penché, cherche-t-il quelque trace? Sent-il les loups rôder?
LE RENARD
L'enfant de la forêt Aime de ces grands bois surprendre le secret: L'haleine des esprits dans l'onde qui se sauve, Une branche qui ploie au passage du fauve.
DE LATOTJR.
Le Renard est habile à dresser l'arc léger, Et vide est son carquois, n'ose-t-il plus chasser?
LE RENARD
Que l'Aiglon se rappelle: un Jour les Maloumines Avaient lancé sur moi leurs bandes de vermines. J'avais les bras meurtris, ces chiens m'allaient
[scalper; L'Aiglon fondit sur eux, il me fit échapper. J'ai juré, ce jour-là, de veiller sur mon frère. De ne bander cet arc qu'en perçant la vipère Qui mordrait ses talons ou toucherait sa main. J'ai dit. —
DUBOSQ.
Le brave cœur!
Sans cesse en mon chemin.
Me suivant comme l'ombre...
DUBOSQ.
Il acquitte ses dettes.
(Un cliquetis d'armes se fait entendre, des pas cadencés.)
DE LATOUK, regardant.
La ronde!