‹ Amandine, vaudeville en deux actesChapitre 2 sur 45 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Le théâtre représente rarrière-boutiqua de M""' Jatilia ; cntivVs i\ droite et îi gauche.

SCIAI: PREMIERE CLARISSE, Mme JAULIN.

CLARISSE

Allons, allons, mère Jaulin, c'est mal de parler ainsi de votre tille, de cette pauvre Amandinc.

!»1""" j w II x.

Tu ne m'empêcheras pas de dire que c'est la fainéantise qui l'a perdue... ça ne voulait pas

inordre à la mante. Mamzelle rougissait du poisson, un état que toute sa famille y a été élevée... et puis dam! c'était douillet : quand je ly baillais une tOrgDOlle, ça s'avisait de jeter les hauts cris.

CLARISSE, souriant.

Tiens! j'en aurais l'ait autant a sa place. «■• J Al LIN.

Quand on corrige une lille, comme c'est pour son bien, elle doit se taire.

* < le inlr appartient à l'actrice qui joua l'< mploi de M||r Dejatel. Ce rôle appartient à l'acteur <] u î joue L'emploi d'Aclurd.

MAGASIN THEATRAL

CLARISSE

Merci.

Mmfl JAULIN.

Oui, et dire merci par-dessus le marché.

CLARISSE*

Bien obligé.

M,ne JAULIN.

Ou bien obligé! j'y tiens pas, pourvu qu'ai' fasse la révérence avec... mais bernique, mamzelle n'entendait pas de cette oreille-là... Ça vous restait des dix minutes à sa toilette, ça se bichonnait... à treize ans, c'était coquet comme une dévote, ça se mirait dans le baquet aux anguilles.

CLARISSE

J'ai toujours dans mon idée, moi, que c'étaient vos manières qui lui ont fait peur, et que c'est pour ça qu'elle a pris la clef des champs.

M,ne JAULIN.

Mes manières!... est-ce que tu crois que j'ai été élevée dans du coton? quand j'étais demoiselle, j'en ai reçu; quand j'ai été femme, j'en ai donné... on a des mains, c'est pour s'en servir... Va donc voir si la fille à la mère Boutroux s'est ensauvée comme Amandine; et pourtant on ly a pas épargné les gifles à celle-là.

CLARISSE

Vous parlez de Jeanneton, qu'est grosse et grasse comme les tours Notre-Dame, tandis qu'Amandine était sèche comme une allumette... gny avait qu'à souffler dessus pour la faire évanouir.

M "e JAULIN.

Je ne veux plus en entendre parler.

CLARISSE

N'en parlons plus.

Mme JAULIN, après un silence.

Oùs qu'elle peut être fourrée, c'te drôlessc-là, depuis trois ans? Jour de Dieu! si je le savais, pif, paf, je lui ferais bien voir que je suis toujours sa mère.

Clarisse, souriant.

Et sa bonne mère.

ume JAULIN.

Encore si elle avait fait comme son frère Gabriel !

CLARISSE

S'engager dans les dragons ?

M1Iie JAULIN.

Choisir un état où on gagne sa vie honorablement. ..

CLARISSE

Et qui vous dit qu'elle ne l'a pas fait? ce qu'il y a de sûr, c'est quelle ne vous a pas mis dans la boîte aux oublies, puisqu'elle vous a donné de ses nouvelles.

Mme JAULIN.

Elles sont belles, ses nouvelles! un chiffon de papier que je trouve , je ne sais comment, dans ma boutique 1... j' peux pas me figurer que c'est mon sang... moi qui est vive comme une sauterelle, et elle si gnan gnan, aimant à s'occuper de rien!

CLARISSE

Bah! et ses fleurs, donc ! et le joli petit jar-

din qu'elle s'était fait sur sa fenêtre!... en étaitelle folle de ses jasmins, de ses roses!

M""' JAULIN.

Oui, elle voulait être bouquetière... je t'en donnerai, des giroflées à cinq feuilles, si jamais je la rattrape... A la marée, à la marée, mon bijou !

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