SCENE II
Les Mêmes, LE MARQUIS.
LE MARQUIS
Et quel est donc, madame Jaulin, le bijou que tu envoies ainsi à la marée?
Tenez, monsieur le marquis, vous avez beau prendre un air indifférent, rien que de venir chez moi faire vos emplettes à la place de votre maître-d'hôtel, ça me donne toujours des soupçons sur vous.
le marquis, légèrement.
Bah ! c'est encore de cette pauvre Amandine qu'il est question?... [D'un sérieux ironique.) Madame Jaulin, tu te trompes; je n'ai pas eu ce bonheur.
Mme JAULIN.
C'est peut-être quelque rmjuyiis^uiet de vos amis.
LE MARQUIS
Celui qui a enlevé Amandine n'est parbleu pas mon ami.
Mme JAULIN.
Et vrai, là, vous ne savez rien sur son compte?
LE MARQUIS
Rien, sinon que ton saumoneau d'avant-hier était délicieux, une crème rosée J et voilà tes quarante-huit livres.
Mme JAULIN.
Merci, monsieur le marquis, et merci doublement ! cet argent-là me fait souvenir que c'est aujourd'hui l'échéance du billet de cette pauvre Manon. J'ai répondu pour elle, et qui répond paie, comme dit la chanson. (Elle ouvre son tiroir, et en tire des mémoires quelle donne à Clarisse.; Tiens, tiens, Clarisse, va-t'en vite me faire de l'argent avec ces papiers-là.
AIR : Connaissez le grand Eugène.
Voilà T mémoir1 d' la duchesse d'Apre ville, Voilà celui du duc de Cliamnianin, Voilà celui d' la baronne de Merville, Voilà celui du bijoutier Cantin, El puis celui du chanoine Martin.'...
Mes espe'rances ne s'ront point illusoires; Va, chère enfant, n'épargne point tes pas ;
Quand un' marchande a tant d' mémoires,
C'est qu' ses pratiques n'en ont pas.
Clarisse sort.