DEUXIÈME COUPLET
D'un aveu langoureux On craint peu l'éloquence ; D'un regard amoureux On brave la puissance ;
Mais qu'en clianson
Une leçon
Vous flatte ou vous conseille !
A la voix du chanteur j
Le désir ( }Bis.
T . . , } se réveille. I L<a beauté \ J
Quand on charme l'oreille, \
On a séduit le cœur. '
J'étais sûr de vous voir ce matin.
CLARISSE
Voyez-vous ça, monsieur l'avantageux! Si ma tante ne m'avait pas chargée d'une commission pour sa fille...
Gabriel, qui a tiré de sa poche un bouquet.
Permettez-moi de vous offrir ces fleurs. Clarisse, enchantée.
Pour moi!
Pour qui donc ?
Clarisse, défaisant le papier.
Eh ben 1 il est gentil votre bouquet !
GABRIEL
N'est-ce pas ? des œillets panachés, des scabieuses et du seringa.
CLARISSE
Et c'est vous qui l'avez cueilli?
GABRIEL
Tout seul.
CLARISSE
Sans malice?
GABRIEL
A votre intention.
CLARISSE
Je n'en veux pas.
GABRIEL
Vous n'en voulez pas?
CLARISSE
Savez-vous ce qu'il chante votre bouquet?
GABRIEL
Je ne me flatte pas d'avoir l'oreille assez fine...
CLARISSE
Mais chaque fleur a une signification ; elle est l'emblème de quelque chose.
GABRIEL
Ceci n'entre pas dans l'éducation d'un dragon*
CLARISSE
Vos œillets panachés veulent dire : Je ne vouf aime pas ; vos scabieuses : Je vous abandonne ; et votre seringa: Allez vous promener.
GABRIEL
Voilà des fleurs bien malhonnêtes. Voyons, coisine, il y a peut-être erreur de votre part.
CLARISSE
Du tout, c'est comme je vous le dis.
Gabriel, allant pour les jeter.
En ce cas... (// s'arrête.) Non, j'ai leur plac»... Mère Giraud ! mère Giraud !
- STAD BRUSSEL «Archief
MAGASIN THEATRAL
Mmc GIRAUD, sortant de la boutique.
Plaît-il, monsieur Gabriel?
GABRIEL
Mettez ça sur votre cheminée.
Mmc giracd, le prenant, dit en rentrant. Est-il galant! Merci, monsieur Gabriel.
Gabriel et Clarisse rient à part.
GABRIEL
C'est ma sœur qui vous a appris tout ça ?
CLARISSE
Elle en sait long sur les fleurs, ma cousine; il y a plus d'esprit et de malice dans l'arrangement de ses bouquets que dans bien des gros livres; et le plus drôle, c'est que ceux qui vont offrir les fleurs qu'elle leur Yend ne se doutent pas de ce qu'elles disent.
GABRIEL
Dans mon genre.
CLARISSE
L'autre jour, un gros richard, amoureux d'une belle marquise, vint prier ma cousine de lui faire un bouquet qui donnât de lui une bonne idée à la personne à laquelle il voulait plaire. Savezvous ce qu'elle fit? elle réunit ensemble une tête de pavot, deux œils- de-bœuf, une gueule de lion, deux oreilles d'ours, deux jambes de coq et deux pieds d'alouette.
GABRIEL
Mais cela a tout l'air d'un portrait de fantaisie.
CLARISSE
Aussi la marquise ne voulut recevoir ni l'amoureux ni le bouquet.
GABRIEL
Si Amandine fait de la morale avec ses fleurs, elle tuera son commerce. Mais silence, j'aperçois notre jeune Allemand.
CLARISSE
Moi, je vais dans la boutique attendre ma cousine...
Elle entre dans la boutique.
V\VWVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVVV\VVVVVVV\VVVVVV\VVVVV\VV\VV\V\,VV\^