‹ Amante et mèreChapitre 7 sur 7 · u ère · texte numérisé non relu

u ère

M. Dauron ne repondit rien ; il alluma une bougie et sortit pour se rendre dans sa chambre, afin de connaître la cause des bruits qui l'intriguaient : il déposa la lumière dans un cabinet qui précédait cette chambre et s'arma d'un pistolet chargé, avec lequel il s'avança lentement jusqu'à la porte qui était restée entr 'ouverte, On forçait un tiroir de son secrétaire, et il aperçut, à la clarté douteuse d'un flambeau caché dans la cheminée, un homme qui. à l'aide d'un couteau, achevait de briser la serrure de sa caisse renfermant les cinquante mille francs en or, en argent et en billets. M. Dauron visa le voleur qui lui tournait le dos on se baissant pour vider la caisse : il hésitait encore s'il arrêterait ce malfaiteur, lorsque le doigt s'appuya trop sur la détente et fit partir le coup... La balle avait traversé la poitrine du voleur qui fit un cri terrible, bondit comme un lion et se précipita contre son adversaire qu'il frappa trois fois avec le couteau qu'il tenait à la main : ce fut un dernier effort de

rage, car il retomba mort auprès de sa victime mourante. . M. Dauron avait reconnu son fils ! L'explosion d'une arme à feu avait été suivie de cris de terreur et de désespoir : Nanine, croyant que son père s eîait suicidé, fut saisie de spasmes et de convulsions, au milieu desquels, sans pouvoir proférer une parole, elle expira. Madame Dauron s élança hors de sa chambre et accourut sur le théâtre sanglant du double meurtre : son fils ne vivait plus , son mari respirait encore ; elle s'agenouilla en silence auprès du mort qu'elle couvrit de baisers qui ne le ranimèrent pas.

— Cécile, lui dit M. Dauron en se soulevant vers elle, c'est Ja fatalité qui a tout fait ! pouvais-j e reconnaître mon fils dans ce voleur?... Le père a puni le parricide!

— Malheureux père î malheureuse mère !

répondit Cécile qui étanchait avec sa bouche

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le sang delà blessure de son fils inanimé et qui s'imaginait ouïr le battement du cœur. Je te vengerai. Albert, comme j'ai vengé Frédéric!... Mais ce sera sur moi, moi qui suis cause de tant de malheurs, moi qui n'ai plus d'ami, plus de fils, plus d'époux!...

Elle ramassa le couteau qui avait servi au vol et au parricide : elle voulut s'en percer la poitrine et ne réussit qu'à se lacérer, sans péril pour ses jours. Elle était en délire entre le corps de son fils mort et celui de son mari mourant!

M. et madame Dauron vivent encore tous deux : elle, malheureuse dans le couvent des dames de Saint-Michel ; lui, heureux dans les ruines de Thèbes : elle se souvient , il oublie î

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