‹ AmantsChapitre 43 sur 77 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les MÊMES, M""" FLOCK.

" M'"'^ DE PAILLY, M'"<^ BLADRU.

M™® FLOCK, arriva7it du bvffet avec une jeune femme, M^^ de Pailli/. — Tenez, voilà justement M"*^ Bladru, nous sommes sauvées. Chère madame, je vous cherchais... permettez-moi de vous présenter mon amie, M™^ de Pailly, qui a une petite requête à vous adresser, et vous m'obligeriez fort en l'écoutant favorablement .

M"'" BLADRXT. — Mais, chère madame, soyez pereuadée que je ferai tout mon possible pour vous être agréable, mais je n'ai pas une grande influence.

M™*' FLOCK. — Yous en avez une

La Douloureuse

Ib

énorme, au contraire... Vous êtes M™® B)adru, la femme d'un leader redoutable et qui vous craint.

M""^ BLADRu. — Pas tant qu'on le croit. Je ne pèse pas beaucoup dans les déterminations de M. Bladru.

M™« FLOCK. — Oh ! je ne dis pas que vous pourriez nous faire avoir la guerre ; ou même une simple charge de cavalerie sur la place de l'Opéra ; mais enfin, un homme politique ne peut pas s'occuper de tout... il y a des petits détails... les rubans, par exemple... Eh bien I il est évident que les rubans, ça regarde plutôt les femmes.

M™® BLADRU. — Vous avez une façon de dire les choses...

M™^ FLOCK. — Allons... je vous laisse.

Elle s'éloigne.

m"°® de pailly. — Mon Dieu, madame ce que vient de dire si gentiment ]y[me fiock me met à l'aise pour vous expliquer l'objet de ma démarche : il s'agit, en effet, d'un ruban pour le 14 Juillet prochain...

u^^ BLADRU. — Rouge... violet... vert?

M™® DE PAILLY. — Nous sommes jdIus modest-es : violet.

M™* BLADRU. — Pour qui, pour vous?

DE PAILLY. Oh !

quelle

horreur! {Se rattrapant.) C'est-à-dire, je n'y ai aucun droit... C'est pour un brave homme qui meurt d'envie d'avoir les palmes.

M'"'^ BLADRU. — A-t-il des titres?

jjme jjj. PAILLY. — Aucun... c'est le mari de ma manucure ; seulement, sa femme y tient beaucoup ; ça le poserait auprès de sa clientèle, vous comprenez.

M'"« BLADRU. — Et pour le 14 Juillet?... il n'y a pas de temps à perdre, c'est dans six semaines à peine. A-t-il fait sa demande ?

urne jjj, PAILLY. — Je ne crois pas.

HL^" BLADRU. — Il n'y a pas de tenÉps à perdre encore une fois; il faut qu'il la fasse.

jjrae jjj. PAILLY. — Luimême?

M™^ BL.\DRu. — Sans doute... Est-ce qu'il ne sait pas écrire?

^me DE PAILLY. — Oh! si ! Seulement,

C'est pour,rorthogTaphe,iDOur la tournure.

M""^ BLADRU. — Il y a un modèle pour

M-' BLADRy

ces sortes de lettres... donnez-moi votre adresse, je vous l'enverrai.

m"® de PAILLY. — Vous êtes tout à fait aimable.

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