‹ AmantsChapitre 45 sur 77 · EN ÊTES UN AUTRE · texte numérisé non relu

EN ÊTES UN AUTRE

YOT^TCK LAMBERT. — Et puis. M""* Ardan est une excellente maîtresse de maison, elle sait recevoir ; elle a un mot aima- "ble pour chacun.

HÉLÈNE. — Ça n'est pas comme vous, mon cher maître.

GOTTE. — C'est bien fait ; vous êtes trop méchant, aussi.

HÉLÈNE, « Philippe. — Vous savez que tout le monde me fait des compliments sur mon buste ; les oreilles ont dû vous tinter.

GOTTE. — Oui, c'est un concert de louanges... et bien méritées, d'ailleurs.

PHILIPPE, gêné. — Je vous en prie...

HÉLÈNE. — Oui, oui, je sais ; vous êtes très modeste, trop modeste, même... vous n'aimez pas les compliments.

PHILIPPE. — Je les adore, lûais pas devant le monde.

YORICK LAMBERT. — Comme l'éléphant.

HÉLÈNE. — Dieu, que vous êtes bête!

Vous vous connaissez?

PHILIPPE. — Je n'ai pas le plaisir...

YORICK LAMBERT. — Je n'ai pas l'honneur...

HÉLÈNE, 7^;Y'.se72ir/«#. — M. Philippe Lauberty, M. Yorick Lambert.

PHILIPPE. — Je vous connaissais, monsieur, de nom et de réputation. Vous avez beaucoup de talent.

YORICK LAMBERT, lui scrroiit la ??iain.

- - Mais, monsieur, vous en êtes un autre.

HÉLÈNE, à Yorick Lambert. — A propos, comment va votre charmante femme?

YORICK LAMBERT. — Elle va bien...

enfin, elle va aussi bien que...

GOTTE. — Oui, oui, je sais... M""" Lambert est dans une position intéressante.

HÉLÈNE. — Et c'est pouï- bientôt ? Oh ! vovls avez encore le temps, je crois 1

YORICK LAMBERT. — C'est Une affaire d'heures : elle commençait à ressentir les douleurs quand je suis parti...

GOTTE. — Et si le bébé arrivait pendant que vous êtes ici ?

HÉLÈNE. — On sait où. vous êtes... on viendrait vous chercher, je pense.

YORICK LAMBERT. — Noii. J'ai défendu qu'on vînt me chercher... je trouve qu'un homme ne doit pas être là... D'abord, c'est horrible de penser qu'on est la cause qu'une créature souffre de la sorte, et puis ça ne sert à rien. J'estime que dans un accouchement le mari joint à l'odieux du bourreau le ridicvde du second témoin.

HÉLÈNE. — C'est un pK>int de vue... A propos, j'ai reçu votre livre avec vine très flatteuse dédicace.

YORICK LAMBERT. VouS l'avez lu î

HÉLÈNE. — Oui, c'est charmant... charmant, enfin, c'est plutôt effrayant : les hommes, les femmes, les enfants, ce sont des monstres, d'après vous.

YORICK LAMBERT. — D'après VOUS est dur.

HÉLÈNE. — Ah ! vouè lie flattcz pas l'humanité.

La Douloureuse

GOTTE. — Tu me le prêteras. Comment ça s'appelle?

HÉLÈNE. — Méthode pour être optimiste.

GOTTE. — Tiens, voilà Stany, il ne nous voit pas... il est bien trop occupé à regarder M™^ Sureau. Tant pis, je vais le déranger. {Elle appelle.) Stany, Stany! (.4 Lambert.) C'est mon mari, monsieur, c'est pour ça que je me permets cette familiarité. Je vous dis ça, parce que vous êtes si mauvaise langue... vous voue imagineriez...

YORICK LAMBERT. — Je ne m'imaginerais rien du tout.

STANY. — Que me voulez-vous, chère amie?

GOTTE. — Je voulais vous dire de ne pas oublier que nous soupons à la table d'Hélène, avec M. Lauberty... à moins que vous ne préfériez souper à la table oii sera M"^ Sureau.

STANY. — • Mais pas du tout, ma petite Gotte, je ne préfère rien au plaisir d'être avec vous.

GOTTE. — C'est vrai?

STANY. — Vous le savez bien.

GOTTE. — Alors je vous permets de flirter.

STANY. — Avec qui ?

GOTTE. — Avec Hélène.

Elle se sauve en riant.

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