‹ AmantsChapitre 5 sur 77 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

CLAUDINE, M'"''^ JAMIXE, Adèle SORBIER, Suzanne GREGEOIS, SCHLINDER, RAVIER.

Les enfants sont en train de goûter. M"' Grégeois a pris dans un coin Schlinder.

SCHLINDER. — Madame, je vous écoute.

M"^ GRÉGEOIS. — Figurez-vous, monsieur le préfet, que j'ai renvoyé, il y a quelque temps, une femme de chambre...

c'était une fille que j'avais depuis huit ans à mon service, très adroite, très travailleuse... seulement je me suis aperçue qu'elle avait des relations avec le second cocher ; elle allait jusqu'à le recevoir la nuit dans sa chambre. Avez-vous jamais vu ça ?

SCHLINDER, préfet ih police. — J'en ai vu bien d'autres.

M™'^ GRÉGEOIS. -— Comme je n'entends pas que de pareilles choses se passent sous mon toit, dans ma maison, je les ai mis tous les deux à la porte.

SCHLINDER. — C'était votre droit.

m""" GRÉGEOIS. — Il y a de ça à peu près un mois et 'imaginez-vous que, dejjuis huit jours, je reçois des lettres anonymes, des lettres pleines de menaces, d'expressions ignobles, ordurières... des mots que je n'oserais pas vous répéter, monsieur le préfet, il y en a que je ne comprends même pas !

SCHLINDER. — J'en suis persuadé... Et alors ?

M"'** GRÉGEOIS. -- Alors, je soupçonne que tout cela émane de ce joli couple que je me suis permis de déranger... C'est aussi votre avis ?

SCHLINDER. — O-ui et non.

M*"® GRÉGEOIS. — Voyons, monsieur, si vous connaissiez ces lettres!... Une grosse écriture à l'encre rouge, commune, contrefaite... et puis, encore une fois, de telles exi^ressions !...

SCHLINDER. — ■ Ce n'cst pas toujours une raison... j'ai vu de ces lettres-là et qui furent écrites par des mains blanches, fines et parfumées.

m"'^ GRÉGEOIS. — Oui, mais moi, monsieur, je n'ai pas d'ennemis; je vis. Dieu merci, dans un monde très tranquille,., loin des aventures et des intrigues.

SCHLINDER. — Evidemment... En ce cas-là, il est très possible, en effet, que ce soit ces gens-là... Comment sappellentils?

II prend son carnet.

M™' GRÉGEOIS. — Ma femme de chambre s'appelle Sidonie Rabut... (Elle épelle.) ...b...u...t.

SCHLINDER, inscrivant les noms. — Et l'homme?

M™® GRÉGEOIS. — Félix Tirvieillot.

SCHLINDER. — Eh bien, madame, je ferai appeler Sidonie Rabut et Félix Tirvieillot chez un de mes commissaires qui a l'habitude de ces sortes d'affaires... Il leur fera peur, et si c'est eux, ils se tiendront tranquilles.

m"® GRÉGEOIS. — ^Monsieur, il ne me reste plus qu à vous remercier ; j'espère, d'ailleurs, que vous me ferez le plaisir de venir à la maison.

SCHLINDER, s'incUtiant. — Madame L

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