‹ AmantsChapitre 4 sur 77 · RAVIER · texte numérisé non relu

RAVIER

OCI, MADAME, c.'kSÏ MOI,

M™" GRÉGEOIS. — Comment, monsieur, c'est vous qui faites si habilement se mouvoir et parler tous ces petits personnages ?

RAVIER. — Oui, madame, c'est moi.

M""^ JAMI.VE. — Mais c'est un talent véritable !

CLAUDINE. — Le père de ^I. Ravier no

M™' .lAMiNE. — Oh! quand Scapin donne des coups dé bâton à l'homme qui est dans le sac...

SCHLINDER. — Il n'y a pas une grosse différence, allez!... Amuser des enfants ou des hommes... les hommes ne sont que de i::rands enfants.

Amanis

M""^ JAMIKE. — A qixi le dites-vous?

m""^ grégeois. — Eh bien, monsieur, je vos assure que je me suis amusée pour mon pi'opre compte. D'abord, chaque fois qu'on bat le commissaire, moi, je me tords.

scHLixDER. — C'est toujours drôle, n'est-c* pas, madame, de voir rosser l'autorité i

^jme GRÉGEOIS. — Toujours'... C'cst irrésistible.

SCHLIXDER. — ■ Parbleu!

Il s'éloigne et va rejoindi'e M°" Sorbier.

m'"^ jamin'e. — Vous en avez fait une gaffe, ma chère!... Vous savez qui est ce monsieur ?

M'"*' GRÉGEOIS. Non.

M""^ jAMiNE. — C'est Schlinder, le préfet de police.

M''^'' GRÉGEOIS. — Ah! mon Dieu!... et moi qui lui dis que c'est toujours drôle de voir rosser l'autorité.

RAVIER. — Rassurez-vous, madame, avec lui ça n'a pas d'importance. C'est le dernier préfet de police oii l'on cause, et si vous avez besoin de faire prendre des renseignements sur une cuisinière, ou d'avoir un coupe-file, ou de faire la tournée des grands-ducs, vous pouvez vous adresser à lui en toute confiance.

M"'" GRÉGEOIS. • — C'est bon à savoir, il faudra que je lui demande quelque chose.

m""* JAMINE. — Moi aussi.

M'"^ GRÉGEOIS. — Mais comment se trouve-t-il chez Claudine?

m'"* JAMINE. — Il est très amoureux de M'"^ Sorbier.

M™^ GRÉGEOIS. — Ah voilà!

RAVIER. — Elle oublierait tous ses devoirs ou 'il n'en serait pas autrement fâ- •ché.

Dites moi donc?.

Qu'appelez-vous la tournée des gra:::lsducs ?

RAVIER. — Comment ! vous ne savez pas? Je vais vous expliquer : lorsque les .<?;rands-ducs de Russie viennent à Paris...

Ils s'é!oif;npnt.

ii'"^ SORBIER, revenant près dt Clau-

dine. — Chère madame, je vous remercie du charmant après-midi que vous ave?

fait paôser à mes enfants...

CLAUDINE. — Mais vous ne vous en allez pas tout de suite... les enfants vont goûter d'abord...

M°^* SORBIER. — Non, non, chère madame, Georges et Gaston ne goûteront pas... ils n'ont pas été sages... Ils se sont battus comme des enfants des rues, et Gaston a été insolent avec Mademoiselle.

CLAUDINE. — En effet, c'est très vilain ; mais, pour cette fois, je demande leur grâce : vous ne pouvez pas me la refuser, à moi. Ils ne recommenceront plus ; n'est-ce pas que vous ne le ferez plus?

Les enfants font signe que non.

M°'* SORBIER. — Est-ce que c'est une manière de répondre?... Vous faites

Miss kt Ben-isk.

comme l'âne savant!... Vous avez une langue... Vous ne pouvez pas dire non?

GEORGES et GASTON, hnurrus. — Non.

M""' SORBIER. — Non... qui?

GEORGES et GASTON. — Xon, madame.

M°"' soKiiiER. — Allez goûter!... mais c'est bien à cause de M""-' Rozay ce que j'en fais... voue pouvez la remercier.

Fraulein par quelques paroles allemandes incite à des remerciements les enfants qui n'en tiennent aucun compte.

MISS, survenant avec Denise. — Madame, tout est prêt... faut-il faire goûter les enfants ?

CLAUDINE. — Mais certainement.

Miss!... Et toi tu entends, ma chérie, tu es chez toi... c'est à toi de faire les honneurs. Il ne faut pas prendre d'abord ce que tu aimes, il faut que tous tes petits amis soient servis. Allons, va, mon trésor! (Elle l'embrasse avec effusion.) J'irai vous voir tout à l'heure!

Denise part avec ]Miss qui l'accable de recommandations en langue anglaise.

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