‹ Ambassade persane sous Louis XIV, d'après des documents inédits, avec treize planches hors texteChapitre 30 sur 135 · A. E. Perse, t. 3, f · texte numérisé non relu

A. E. Perse, t. 3, f

l'ambassadeur a charenton 93

nelle à Paris, et la durée n'en pouvait, en principe, dépasser trois jours.

Mehemet Riza Beg, par ses caprices et ses prétentions, demeura treize jours chez Dionis.

Conformément à la tradition, dès que l'arrivée de Son Excellence fut annoncée à la Cour de Versailles, le baron de Breteuil, introducteur des ambassadeurs, ayant le privilège des entrées, se rendit auprès du roi pour prendre des ordres. L'introducteur des ambassadeurs était, sous l'ancien régime, un personnage important S « Il était « censé relever du secrétaire d'Etat de la mai- « son du roi mais il n'avait cependant avec lui « que des relations de politesse et tous leurs exer- « cices se concertaient avec le ministre des Affai- « res étrangères 2. » Ses fonctions étaient déli-

1. Jérôme de Gondi fut le premier introducteur des ambassadeurs (1585). Après lui la charge fut divisée. Jusqu'en 1792, deux introducteurs servirent à tour de rôle par semestre, sauf de 1671 à 1691, période au cours de laquelle les deux charges furent réunies entre les mains de Chabenat de Bonneuil.

L'importance de l'introducteur des ambassadeurs est restée très réelle. De nos jours ce personnage est placé, en France, sous l'autorité du ministre des Affaires étrangères et il cumule avec ses fonctions celles de cl. -. service du protocole. Depuis la disparition du régime monarchique et de la grande maîtrise des cérémonies, son rôle sJest plutôt étendu. On s'adresse à lui pour régler les préséances dans les cérémonies auxquelles assiste le corps diplomatique, et dans la plupart de celles où figure le gouvernement de la République. Les Introducteurs des Ambassadeurs, 1585-1900, Paris 1901,1 vol. in-f°, p. 2.

2. Dufort de Cheverny, Mémoires sur les règnes de Louis XV et de Louis XVI et sur la Révolution, publiés par Robert de Crèvecœur, 1886, 2 vol. in-8, t, 1, p. 61.

cates, car de son caractère, de son tact et de sa dignité dépendaient souvent les bonnes relations de la Cour avec les divers représentants des puissances. « C'est le triste de notre métier, disait « l'un d'eux l, que d'être obligés à être toujours « en garde sur les petits avantages que des minis- « très, presque toujours gens de beaucoup d'es- « prit, cherchent à prendre ou sur nous ou dans « les audiences où nous les conduisons; mais on « guérira plutôt tous les maux qu'on croit les plus « incurables qu'on ne guérira l'esprit de la plu- « part des ambassadeurs et des envoyés sur les « prétentions des prérogatives et des honneurs « dus à leur caractère. »

Dès qu'il s'agissait d'étrangers aussi mal éduqués ou aussi furieux que Mehemet Riza Beg, la charge d'introducteur devenait presque dangereuse.

Un hasard heureux fit, qu'en février 1715, l'introducteur des ambassadeurs en fonctions était un des plus avisés et des plus dignes. Louis-Nicolas le Tonnelier de Breteuil, baron de Preuilly3,

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