L'AMBASSADEUR DE PERSE SE RENDANT A L'AUDIENCE ROYALE
D'après une estampe du temps. (Musée Carnavalet.)
l'audien :e royale du 19 février 1715 139
à Sa Majesté, comme le déclare Saint-Simon l, que l'ambassade persane « ramenait l'apogée « de son ancienne gloire, en un mot de la jouer « impudemment pour lui plaire » ? Louis XIV obéit-il seulement, en cette circonstance, à un mouvement de vanité sénile ? Ce serait singulièrement rabaisser l'importance d'une journée historique et prêter au Roi Soleil une crédulité qu'il ne témoigna guère dans les dernières heures de sa vie. Sans doute les apparences pouvaient confirmer la méfiance instinctive des courtisans, et Mehemet Riza Reg n'avait que trop contribué à discréditer, par avance, sa mission. Mais en dépit des affirmations contraires, il s'agissait bien d'une ambassade authentique et les honneurs rendus au Persan étaient légitimes. Il parut donc à Louis XIV qu'il convenait de traiter l'envoyé du roi des rois comme l'avaient été les ambassadeurs des autres princes orientaux. Les revers militaires éprouvés par la France rendaient encore plus nécessaire l'affirmation publique et solennelle de la grandeur de la monarchie, et en cette occasion, le souci de la dignité du pays se confondait pour le roi de France avec son plaisir personnel. Que Louis XIV ait trouvé de l'agrément dans l'audience de Mehemet Riza Reg, cela est certain : qu'il n'ait été guidé que