‹ Ambassade persane sous Louis XIV, d'après des documents inédits, avec treize planches hors texteChapitre 65 sur 135 · Tome XXII, avril · texte numérisé non relu

Tome XXII, avril

l'ambassadeur persan a paris 225

«... M. le baron de Breteuil, lui écrivit-il *, me « fit hier une grande exhortation pour m'inspi- « rer le pieux dessein d'aller faire mon carême « dans mon séminaire et m'a dit que Votre « Grandeur lui avait marqué qu'elle était de ce « sentiment. Je lui ai répondu que j'avais eu ce « dessein avant même que le carême commençât, « que j'y pensais très sérieusement, mais que « touché par ce qu'il avait la charité de me dire, «je laisserais volontiers ma chambre, qui était « sans cheminée, à tout autre, pour empêcher de « parler ceux qu'il me disait trouver mauvais de « voir un prêtre avec une grande robe dans une « maison où les dames venaient. Il finit sa prédi- « cation en m'assurant que c'était en ami qu'il « me parlait et qu'il ne me disait pas de sortir. « Quoique je n'aie rien tant à cœur que de vivre « chez moi et avec mes confrères, et que je me « trouve ici dans une terre étrangère, je bénis « Dieu de ce que jusqu'à présent je n'aie pu me « séparer de l'ambassadeur parce que j'ai trouvé « l'occasion de faire quelque bien. »

Ce dévouement à Mehemet Riza Beg et à l'intérêt du roi était méritoire. Etait-il sincère, on a peine à le croire. Et ne faut-il pas attribuer plutôt aux charmes de la vie menée rue de Tournon, la résistance de l'abbé à faire retraite ? Les

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