‹ Ambassade persane sous Louis XIV, d'après des documents inédits, avec treize planches hors texteChapitre 98 sur 135 · A. E. Perse, t. i, f · texte numérisé non relu

A. E. Perse, t. i, f

de jour en jour son départ. Le 27 août, le secrétaire d'État des Affaires étrangères ne dissimulait plus son exaspération. Pour en finir il donnait l'ordre à Morel de cesser le paiement des cinq cents livres si le Persan persistait dans son système de lenteurs calculées ; il l'invitait, en outre, à refuser de faciliter un emprunt de dix mille livres que l'envoyé du sophy négociait afin d'acquitter certaines dettes trop criardes. C'était là un procédé un peu brutal, mais tout nouvel ajournement du voyage risquait d'entraîner de sérieuses complications. La menace produisit, d'ailleurs, d'autant plus d'efïet que l'ambassadeur venait d'achever, à son gré, la seule afïaire qui le retînt réellement encore en France.

De plus en plus épris des charmes de Madame d'Épinay, inconsolable à l'idée de s'en séparer, il avait décidé cette dame à l'accompagner et, dans le plus grand mystère, avait tout fait préparer pour un enlèvement- Depuis quelque temps déjà la mère de la favorite soupçonnait quelque machination. Elle s'était adressée tout éplorée à d'Argenson, lui exposant ses craintes à l'égard de sa fille, et le lieutenant de police avait transmis ses doléances au marquis de Torcy l.

La seule précaution efficace consistait à faire

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