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COURTES

Le cerfeuil (cerefolium) a un goût très agréable et qui rappelle celui de la châtaigne; il cuit en moins de dix minutes et se prépare de diverses manières comme la pomme de terre. Cette plante s'accommode de tous les terrains comme on veut,.. (Linné.)

Courtes l'appelle le corollaire de Vart culi~ naire.

Parisien pur sang.

De, l'école d'Heraclite à la scène, car, comme presque Jtous ses collègues drolatiques, il est plutôt Démocrite à la ville.

Son âge?

Bien malin serait celui qui nous le dirait.

74 FOYERS ET COULISSBS

Les rides brillent... par leur absence.

Il vous répond invariablement :

— Je suis du 3 septembre.

— Mais, objectez-vous, du 3 septembre de quelle année?

Et lui se fâchant :

— Je vous répète que je suis du 3 septembre !

Et vous ne pouvez en obtenir davantage.

Donc Courtes a l'âge... qu'il parait, et nous lui donnons, nous, la trente-sixaine et demie. *

C'est très tard qu'il suça le premier lait théâtral où l'on ne suce guère que le lait des vendanges, à Bercy, au théâtre dirigé

£ar Husson. Il avait là pour partenaires, iontal,Donato, mademoiselle Defodon, etc.

De Bercy dont il fut bientôt sevré, notre jeune comique émigra en province pour une saison avec le légendaire directeur Belfort De vaux, si connu pour ses excentricités théâtrales.

A son retour, Batignolles et Montmartre, théâtres de Chotel, lui ouvrirent leurs portes, et pendant deux ans il joua tous les emplois, depuis l'Endormi dans les Chauffeurs jusqu'à Don Juan d'Autriche, où il fut assez mauvais, comme bien on pense..

Son rêve, son but, comme celui de tous les jeunes comédiens, était Paris.

Aussi, profita-t-il d'un petit coin laissé vacant à l'Ambigu, pour s'y faufiler sous les

traits d'un petit seigneur de la cour, dans la Sirène de Paris.

U eut la chance dans cette première année de reprendre le rôle créé par Febvre dans la Maison du Pont Notre-Dame.

De l'Ambigu, Courtes passe aux Variétés.

Dumas père le demande au grand Théâtre- Parisien, qui venait d'être inauguré, pour lui faire créer dans les Gardes forestiers le rôle si sympathique de François. 11 y obtient un très grand et très légitime succès.

Courtès*était voué aux salles de théâtre immenses. Le cirque du Prince Impérial, aujourd'hui théâtre du Château-d'Eau (qui n'en vaut pas mieux pour cela), l'engagea et lui fit partager généreusement sa mauvaise fortune. Heureusement que M. Moreau- Sainti, directeur des Folies-Dramatiques, jeta les yeux sur lui et le fit débuter dans le Château de Roche fontaine ; mais où Courtes se révéla grand chercheur et grand trouveur dans un rôle soi-disant de rien, ce fut dans YCEil crevé! Le Duc d'en face, lui valut des bravos sur la planche, bravos qui sont loin d'être épuisés pour qui veut aller entendre Courtes sur le théâtre de ses presque premiers pas.

A l'Ambigu, où sous la direction Fischer, il remporta un grand succès dans YOffIcier de fortune; dans Belle-Rose et Y Affaire Coverley, (trois rôles bien différents), et où, aujourd nui, il triomphe encore, car per-

sonne n'oubliera sa création du type de Bec-Salé dans Y Assommoir, Dans la reprise actuelle de Robert Macaire, il fait un gendarme inoubliable, en attendant que les Mouchards, le nouveau drame en répétition, nous le montre sous une incarnation encore plus réussie.

Courtes nous disait, que tous calculs faits, avec les appointements perdus dans les mauvaises affaires théâtrales, il était privé aujourd'hui de bonnes petites rentes qui lui permettraient d'avoir, non pas. un, mais d'immenses plans de cerfeuils au soleil ! et peut-être même une maison à lui, comme son ami Jullien, le riche propriétaire du château des Lotos.

LERICHE

Cet enfant de la balle est né à Saint- Germain au sein des roses et des tendres laitues, car son premier auteur était un jardinier, et sa mère la moitié... de ce jardin nier. Leriche a débuté à la banlieue, à Montparnasse, avec les frères Se veste. Il gagnait alors 30 francs par mois, mais un talent culinaire, celui du ragoût aux pommes, qu'il excellait à faire, lui valut un jour de monter en grade et des appointements raisonnables. Leriche avait manqué l'heure d'une répétition importante, Jules Seveste,

inquiet d'abord, puis impatienté, court au domicile de son jeune comique. Il escalade ses six étages, mais au cinquième, par l'odeur alléché d'une ratatouille bien sentie, il s'arrête, renifle en se disant : « Mais je ne me trompe pas, ce parfum apéritif et ragoûtant s'exhale de chez mon premier comique. » Le directeur pénètre chez l'acteur, qui, sans mot dire lui présente une cuiller de bois, remplie d'une sauce odorante : « — Goûtez-moi ça ! » ajoute-t-il avec orgueil. Un quart d'heure après, directeur et pensionnaire étaient attablés, et le premier ne cessait de dire au second en se pourléchant les moustaches : « Leriche, tu fais trop bien le ragoût de mouton, pour rester aux appointements de 30 francs. » — Et le mois suivant, le jeune comédien émargeait 3 louis à la cassette directoriale. Sortant de la banlieue, Leriche entra aux Délassements (direction Laj ariette), là il fait une création très importante dans le Ver luisant, féerie d'Edouard Brisebarre. Des Délassements, notre comique passe aux Folies-Dramatiques (direction Mauris). Dormeuil venant entendre Brasseur à ce théâtre, y remarque Leriche et l'engage un an à l'avance. Après six années passées au théâtre de la rue Montpensier, Leriche, à la suite d'une discussion change encore de théâtre. Il donne des représentations à la banlieue et va créer à Bobino, Carcassou,

dans une revue célèbre Gare l'Eau ! de Saint- Aignan Choler. De Bobino, Leriche passe au théâtre Déjazet où il débute dans les Chevaliers du Pince-nez. Après cinq années de théâtre Déjazet, Leriche retrouve son ancien directeur de Bobino, directeur du théâtre des Menus-Plaisirs, et crée chez lui, une étourdissante bouffonnerie en trois actes, de Lassouche : Y Ahuri de Chaillot. A la suite de la déconfiture des Menus-Plaisirs, Leriche passe au Châtelet, et j joue sous la direction Roqueplan, dans la Poudre de Perlinpinpin. A la mort de Roqueplan, Leriche entre aux Variétés, y reste pendant quel-

2ues mois et se fait engager au théâtre du hâteau-d'Eau, où il joue dans nombre de pièces à spectacle, sous la direction Cogniard, puis sous la direction Dejean. Ce dernier fait faillite; Leriche quitte forcément la vaste salle de la rue de Malte et va se reposer à Cannes. Enfin, nous retrouvons Leriche à l'Ambigu dans le rôle de Lorilleux, de Y Assommoir où il n'assomma pas le public, au contraire. Cette création lui a valu beaucoup d'éloges très mérités. Ainsi que le prouve cette biographie, notre comédien aime le changement, mais pas en matière de logement, car il habite un modeste cinquième du boulevard Saint-Denis, depuis dix-huit ans. A passé longtemps pour un Lovelace des planches. Actuellement, raffole de son chien qu'il appelle Bouda

(sans doute en souvenir d'une ancienne...

qui lui... bouda?)

On reproche à Leriche d'être un peu...

soupe au lait. En tous cas, c'est la crème... des pères, car il idolâtre ses deux filles, dont Tune fait les délices de la province, et l'autre la joie du public des Variétés.

VOLLET

(Se reporter pour la biographie de cet artiste, au volume des Foyers et Coulisses, théâtre du Palais- Royal.)

A fait à l'Ambigu la création vraiment - funèbre du croque-mort Bazouge dans \ Assommoir. Il y lançait au troisième tableau le petit mot pour rire, et nous nous sommes laissé dire qu'au lendemain de la première tous les croque-morts de Paris, étaient venus attendre no*re comique à la porte de l'Ambigu pour le porter en triomphe jusqu'au siège des pompes funèbres, rue Gunal.

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