SITUÉE A LA DESCENTE DU PONT SAINT-MICHEL, ET DE
CENT LIVRES TOURNOIS DE RENTE SUR l'hÔTEL-DE-VILLE.
A tous ceulx qui ces présentes lettres verront, Anthoine Duprat, chevalier de l'ordre du Roy, seigneur de Nanthoillet, Précy, Rozay et de Fourmerye, baron de Thiert, de Thoury et de Viteaulx conseiller de la Majesté dudit seigneur, son chambellan ordinaire et garde de la prévosté de Paris, salut. Scavoir faisons que par devant Guillaume Denetz et Nicolas le Camus, notaires du Roy nostredit seigneur en son Chastellet de Paris, fut présent en sa personne noble homme M® Ambrois Paré, premier chirurgien du Roy et juré à Paris, lequel de son bon gré, pure, franche et libéralle volunté, sans contraincte aucune, si comme il disoit, recongnut, confessa et confesse en la présence et par devant lesdictz notaires comme en droict jugement par devant nous oudict Chastellet, avoir donné, ceddé et transporté par ces présentes par donnation faicte entre vifz et irrévocable du tout à tousjours sans espoir de jamais la révocquer, aller ou dire contre en aucune manière, à Jehanne Paré, sa niepce, fille de feuz Jehan Paré en son vivant maitre coffretier et malletier à Paris
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et de Marye de Neufville, jadis sa femme , ladicte Jehanne à ce présente, stipullant et acceptant avec lesdictz notaires soubzsignez pour elle, ses hoirs et ayans cause à l'advenir, assavoir, une maison, aisances et appartenances, ainsyqu'elle se poursuict et comporte et extend de toutes partz, assize en ceste ville de Paris en la vallée du Pont-Sai net-Michel, à icelluy Paré apartenant de son conquest par luy faictà tiltre d'eschange de René Mestereau, bourgeois de Paris, tenant d'une part à Charles de Paris, maître pâticier, d'aultre à Hémery de Prime, abouttissant par devant à Francoys Pichonnat et par derrière à icelluy Parré, et laquelle maison a son entrée et yssue par la grand place commune à vendre biens estant au bout dudict pont Sainct Michel par une allée estant entre la maison dudict de Prime et celle d'icelluy Pichonnat, dont le dessus et dessoubz d'icelle allée appartient audict Pichonnat^ en la censive des religieulx et couvent Sainct Germain des Prez, et chargé envers eulx d'un denier obole parisis de cens seullement, ainsi qu'il est au long déclairé au contract dudict eschange passé par devant Cadier et le Camus, notaires oudict Chastellet, l'an mil cinq cens soixante huict, le jeudy second jour de septembre.
Item, et cent livres tournois de rente à icelluy Paré aussi apartenant de son conquest, et qui luy ont esté venduz et constituez par messieurs les prévost des marchans et eschevins de ceste ville de Paris, à les avoir et prendre aux quatre quartiers de l'an deux mois après sur les domaines d'Amyens, Poictiers, Thoulouze et autres à plain déclarez es lettres de création et constitution d'icelle rente passées par devant lesdictz notaires soubscripts le dix huictiesme jour de juing mil cinq cens soixante douze, lesquelz contract d'eschange et lettres de constitution icelluy Paré promect bailler et fournir à
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ladicte Jehanne Paré, sa dicte niepce, et dont des maintenant aux conditions et réservations cy après déclarées il la faict porteur, et d'iceulx cent livres tournois de rente actrice et propriéteresse, et la mect et subroge par ces présentes du tout en son lieu, droictz et actions, veult et consent qu'elle y soict mise et subroguée partout où il apartiendra, pour de ladicte maison et ses apartenances, et rente de cent livres tournois dessus déclarez joyr par ladicte Jehanne Paré sesdictz hoirs et ayans cause, et en faire, ordonner et disposera sa volunté. Cestz don, cession et transport faictz à la charge dudict cens sur ladicte maison, et aussi à la réservation faicte par ledict Paré donateur de l'usuffruict sa vye durant seullement tant d'icelle maison que rente, lequel usuffruict il veult et consent estre reuny et consolidé à la propriété incontinant après son decez et trespas, et cependant il s'en constitue possesseur à tiltre précaire pour et soubz le nom de sadicte niepce, et oultre pour la bonne amour naturelle qu'il a et porte à icelle Jehanne Paré, sadicte niepce, et aussi parce que tel est son voulloir. Et neanlmoings sy ladicte Jehanne. sa niepce, va de vye à trespas sans enffans procréez de son corps en loial mariaige, ou ses enffans sans hoirs de leur chair aussi procréez en loial mariaige, en ce cas ladicte maison, ensemble lesdictes cent livres tournois de rente retourneront et apartiendront à icelluy Paré, donateur, ou à ses hoirs et héritiers de son costé et ligne, parce que autrement et sans ceste condition expresse il n'eust faict ladicte présente donnation ; transportant par luy à sadicte niepce des mainctenant comme pour lors aux charges, conditions et réservations susdites, tous droictz de propriété et autres qu'il a et luy apartiennent en ladicte maison et rente dessus déclarez, et s'en est dessaisi, desmis et devestu et par ces présentes se dessaisist, desmect et devest du
tout es mains desdictz notaires comme es nostres souveraines pour le Roy nostredict seigneur, pour au nom et prouffict de ladicte Jehanne Paré et sesdictz hoirs, voullant, consentant et accordant que par le bail et obstention de ces présentes elle en soict et demeure saisye, vestue, mise et receue en bonne saisine et possession par qui il apartiendra. Et néanlmoings pour ce faire, consentir et accorder estre faict, a faict et constitué par sesdictes présentes son procureur général, spécial et irrévocable le porteur de ces présentes auquel il a donné et donne pouvoir et puissance de ce faire et tout ce que au cas apartiendra, sera requis et nécessaire. Et pour la présente donnation faire insinuer partout où il apartiendra et en demander acte ledict sieur Paré et sadicte niepce ont faict et constitué par sesdictes présentes leur procureur général et irrévocable les porteur ou porteurs d'icelles, ausquelz et chacun d'eulx respectivement ilz ont donné et donnent pouvoir et puissance de ce faire et tout ce que au cas apartiendra, sera requis et nécessaire . Promisrent oultre lesdictz donnateurs et donataire chacun en droict soy ces présentes et tout le contenu en icelles avoir agréables, fermes et stables à tousjours sans jamais aller au contraire, et rendre et payer tous coustz, fraiz, mises, despens, dommaiges et interestz qui faictz et encouruz seroient par deffault d'entretenement et acomplissement du contenu en ces présentes, soubz l'obligation et ypothecque de tous et chacuns leurs biens meubles et immeubles, presens et advenir qu'ilz, chacun en droict soy, en ont soubzmis et soubzmecttent pour ce du tout à la justice, jurisdiction et contraincte de ladicte prevosté de Paris et de toutes autres justices et jurisdictions où trouvez seront à leurs despens respectivement, et renoncèrent en ce faisant à toutes choses générallement quelzconques à ceslettres contraires, leur
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effect, teneur et exécution, et au droict disant généralle renonciation non valioir. En tesmoing de ce, nous, à la relation desditz notaires avons foict mettre le scel de la dicte prévosté de Paris à cesdictes présentes qui passées furent doubles l'an mil cinq cens soixante et quatorze, le samedy neufiesme jour de janvier, cestes pour ladicte Jehanne Paré. Signé : Le Camus et Denetz. Et en la marge du premier feillet est escript : Enregistré par le Camus. Et à la fm a esté mis et escript l'insinuation, ainsi que s'ensuyt :
L'an mil cinq cens soixante quatorze, le vendredi quinzième jour de janvier, le présent contract dedonnation a esté apporté au greffe du Chastellet de Paris et icelluy insinué, accepté et eu pour agréable aux charges et conditions y apposées par M^ Nicolas Larue, comme procureur de noble homme, maitre Ambrois Paré, premier chirurgien du Roy et juré à Paris, donateur, et de jehanne Paré sa niepce, donataire, dénommez audict contract, lequel a esté enregistré au présent registre, XXX® volume des insinuations dudict Chastellet, suivant l'ordonnance, ce requérant ledict Larue oudict nom qui de ce a requis et demandé acte à luy octroyé et baillé ces présentes pour servir et valioir ausdictz donateur et donataire en temps et lieu ce que de raison.
(Archives Nationales Y 115. fol. S) v°)
MÉMOIRE d'aMBROISE PARÉ EN RÉPONSE AUX ATTAQUES DE LA FACULTÉ, A PROPOS DE LA PUBLICATION DE SES ŒUVRES.
A Messeignevrs de la Covr,
Messievrs, il y a plus de trente ans que i'ay faict imprimer plusieurs traictez de la Chirurgie, ausquels non seulement personne ne s'estoit opposé, mais au contraire ont esté receuz de chacun auec faueur et applaudissement, qui m'a faict penser que si ie les recueillois en vn corps, ie ferois chose très-agréable au public. Ce que par moy exécuté, et auec frais incroyables, comme ie pensois leur feire voir le iour, voicy, Messieurs, les Médecins et Chirurgiens se sont opposez pour les obscurcir et esteindre, non pour autre raison, que pour ce qu'ils sont mis en nostre langue vulgaire, et ce en termes fort intelligibles : car ceux-là craignoyent quVn chacun de ceux es mains desquels tels liures paruiendroyent, s'estimant assez garnis de conseil pour se gouuerner en ses maladies, ne daignast les appeler. Et ceux cy se doutans que les Barbiers receuroyent pleine instruction par la lecture de mesdictes œuures de toutes les opérations de la Chirurgie^ ne vinssent à manier le baston aussi bien qu'eux, et par ce moyen les empiéter. Au reste, les vns et les autres en gênerai, piquez de hayne volontaire, enuie, et ialousie de voir Ambroise Paré en quelque reputa-
tion d'homme bien entendu en son estât : et pour donner couleur à leur faict, ont démembré d'emblée quelques demisentences de mes œuures, prises des anciens Autheurs mis en Françoys par eux-mesmes. Pensant par tel moyen abuser de vostre bonté pour rendre ma cause plus odieuse. Parquoy, pour leur respondre.i'ai voulu mettre ce mot d'escrit en auant, pour me seruir comme de saluation : afin aussi de leur donner à entendre que i'ay de quoy payer. Vous suppliant, Messieurs, de penser que c'est toute autre chose de traitter de la ciuilité des mœurs, en Philosophe moral pour l'instruction de la tendre ieunesse, et autre chose de parler des matières naturelles en vrai Médecin et Chirurgien pour l'instruction des hommes ja tous faicts.
Responce de M. Amhroise Paré, premier chirurgien du Roy,
aux calomnies d'aucuns médecins et chirurgiens,
touchant ses œuvres.
I. Premièrement pour respondre au premier article tiré delà page 170. auquel vous faites vn apostile, comme de vilaine leçon. A ce ie vous puis respondre telle leçon n'estre si vilaine, que Galien n'en aye fait mention aux liures de l'vsage des parties, li. 14. cha. 2. mis en François par d'Alechamp (ij, Médecin très fameus, en telles paroles qui s'ensuiuent. Nature a donné à tous animaux des membres pour conceuoir, et ausdicts membres certaine vertu et faculté insigne pour causer plaisir et délectation, d'vne indicible et incroyable enuie de ce faire : de laquelle estans incitez et eguillonnez les animaux^
(1) Jacques Daléchamps, médecin, botaniste et philologue, né à Caen en l5i3, docteur à Montpellier en 1547, exerça à Lyon où il mourut en i588. Outre sa Chirurgie française et l'Histoire des plantes, il a publié la traduction de divers traites de Galien.
encore qu'ils soient totalement priuez de raison, ou insensez, ou encores ieunes, leur a ottroyé et concédé vne amorce et allechement dédié, ioignant à l'vsage d'iceux membres, vne volupté grandissime et inénarrable.
Gai, de l'vsage des parties liu. 14. chap. {sic). Le col de la matrice préparé de nature pour le passage de la semence coulante au dedans: et quand l'homme a la compagnie delà femme il s'ouure, de sorte que la semence chassée par le chemin large, prouient aisément en la capacité de la matrice : et ladicte Nature a faict le col de la matrice médiocrement dur,à fin que quand l'esprit veut pénétrer au dedans de la capacité d'icelle, il s'estende, dilate, et tienne droit autant qu'il suffit, pour laisser passer la semence.
Gai. liu. 14. chap. 10. de l'vsage des parties. Ces œuures de nature certainement sont admirables, comme est aussi ce que le masle ayant compagnie de la femelle, les parties génitales de l'vn et de l'autre s'y estendent de toutes parts : aux masies la verge pour ietter droit sa semence en la capacité de la matrice, et aux femelles le col d'icelle, qui pour recevoir s'ouure, eslargit, et tient droit.
2. Pour le second poinct, ou vous m'objectez que telle leçon peut inciter la ieunesse à luxure. Gai. liu. 14. ch. 9. nous en a laissé par escrit les mesmes paroles. L'vsage des parties génératiues est accompagné d'vn très grand plaisir, et qu'aux animaux constituez en la fleur de leur aage, certaine rage et cupidité furieuse précède ledit vsage. Car pource que les dieux qui ont formé et créé les animaux, les ont voulu estre eguillonnez d'vne enuie extrême et démesurée de s'accoupler auec les femelles, et qu'à ce désir est coniointe vne grande et chatouilleuse volupté, embrassez de ce désir, alléchez de cette délectation.
Gai. ibid. Geste humidité outre l'vsage apporte vne très grande vtilité, parcequ'elle a certaine acrimonie piquante : car telle humeur peut reueiller singulièrement et irriter les parties à leur action et icelle faisant leur donner volupté et plaisir. S'il est maintenant question alléguer quelques petits exemples, et de petite importance, en traittant et disputant des grandes et admirables œuures de nature, à fin que la chose soit plus claire. Quand ces humeurs séreuses s'eschauffent, imagine et présuppose aduenir mesme chose qu'ordinairement il aduient quand les humeurs acres sont accumulées souz la peau de l'animal, qui chatouillent, démangent, inuitent à se gratter, et quand on les remue en se grattant donnent plaisir. Quand donc non seulement ces humeurs demandent estre vacuées, et à ce faire nous incitent et poignent : ains outre cela grande quantité d'esprit eschauffé désire sortir dehors et exhaler, pensons qu'il y a et qu'on sent vne excessive et incomparable volupté. Davantage veu que nature pour ceste vtilité ordonne aux parties susdictes le sentiment plus aigu et vif qu'à la peau : nous ne deuons plus nous esmerveiller pourquoy en leur action elles sentent délectation plus grande que la peau chatouillée et gratee, et pourquoy vn plus ardant désir d'en iouir précède ceste volupté.
Gai. liu. 14. chap. ii. Or que ceste humeur non seulement donne enuie aux femelles de s'accompagner du masle, mais aussi quand elle est iettee et chatouillée de certain plaisir, arrouse le conduit : on le cognoist parce que quand les femmes prennent grand plaisir et délectation en la compagnie de l'homme, elles en rendent beaucoup : les hommes qui ont affaire auec elles le sentent espancher à l'entour de la verge et mesme ceux qui pour estre chastrez ne peuuent ietter vraye semence, sentent grand plaisir quand cest humeur
sort: tellement que pour asseurercela, désormais ne faut chercher autre preuue.
Gai, liu. 15. chap. 1. Si la verge est touiours droicte elle sera certes bien commode quand on vsera des femmes. Et si elle estoit tousiours droite ce seroit vn spectacle vitupereux et deshonneste, et reprehensible pour sa laidure tout ainsi comme si quelqu'vn la portoit tousiours droicte et roide dans le poing.
Gai. ibid. chap. 3. Il reste à déclarer premièrement ce qui ores a este mis en auant : sçavoir, que habitant auec les femmes, il faut la verge estre fermement et exactement tendue.
3. Or quant au troisième poinct suiuant les choses susdites : Il est aisé a colliger qu'il estoit impossible d'expliquer la manière de faire les enfans en termes plus couuerts, et que n'a esté pour aucune intention, sinon que pour faire génération : loint qu'il y a plusieurs Dames honnestes qui desireroyent grandement auoir lignée, qui mesmes souvent en demandent conseil aux Médecins. Toutefois n'ay voulu l'escrire si manifestement, comme aucuns, ains le plus couuertement qu'il m'a esté possible, estant très difficile d'escrire telle chose en autre langage. Or à fin que les Médecins ne m'accusent d'en avoir esté l'autheur, ie leur mettray deuant les yeux ce chapitre, tiré mot à mot de la pratique de très excellent Docteur et Maistre en médecine Maistre Bernard de Gourdon (\), qui s'appelle Fleur de Lys en Médecine, translatée de Latin en Françoys à Rome
(i) Bernard de Gourdon, né à Gourdon, dans le Rouers-ue, vers le milieu du xiiie siècle, mort après i3i8 à Montpellier, où il professa la médecine. Il a laissé, entre autres, Lilium niedicinœ, ouvrage terminé en i3o7, imprimé à Naples en 1480; la traduction française parut à Lyon en 1495, et non 1445, comme le dit Paré.
l'an M. CGC. Lxxvii au temps du Pape Grégoire, et imprimé à Lyon l'an m. cccc. xlv {sic) le dernier jour d'Aoust. Extraict de Gourdon, Hure 7. cbap. 14.
Et quand la viande sera digérée et les superfluitez mises hors, après mi-nuict et deuant le iour, l'homme doit esueiller sa femme pour habiter, en parlant, en baisant, et en tastant les mammelles, et le penil et le c. et entour. Et c'est à fin que la femme ait appétit d'habiter, et que les deux semences se puissent rencontrer ensemble, car les femmes ne le sont pas si tost comme les hommes : et quand la femme commence à balbutier, adonc ils se doiuent conioindre ensemble, etdoiuent habiter doucement petit à petit : et l'homme ce doit bien ioindre au penil de la femme, à fin que l'air ne puisse entrer dedans le c... Et quand la semence sera espandue, l'homme doit estre sur la femme sans mouuoir, et ne se doit pas si tost leuer ne descendre : et quand l'homme sera descendu, la femme doit estre couchée, et ioindre ses ïambes, et estraindre, et estre le ventre dessus, et dormir en cest estât si elle peut, car c'est chose moût proffitable. Et ne doit point adonc parler ne toussir, car ces choses cy valent moult pour retenir la semence. Et tant longuement que la femme sentira que la semence sera au c. et en la matrice, elle doit gésir ou elle ira doucement s'il est nécessité.
4. Le quatrième article n'est vilain ni faulx, ains vray et pris d'Aristote en ses Problèmes, traduicts en François, duquel s'ensuyt le vray texte, sect. de la conionction de l'homme et de la femme, probl. 7.
Dem. — Pourquoy les femmes après qu'elles sont enceinctes, selon l'opinion d'Aristote au liu, des animaux, désirent derechef la conionction charnelle. — Resp. ~ L'on respond, selon Galien, que la recordation de la volupté, se
souuenant les femmes, et esprises, la désirent encore derechef et la souhaittent. Ce qui monstre manifestement tel article n'estre faulx, ains vray. sans taxer l'honneur des femmes, comme il sera prouué en l'article suiuant.
5. Touchant le cinquième article prins de la page 769. par les passages escrits cy dessus du 14 liu. de Galien chap. 2, 3.9. 10. 1 1 . et du 15. liu. chap. 1.3. est manifeste à veoir n'estre tel qu'ils disent, s'ils ne veulent taxer Galien, et celuy qui l'a fait François.
6. Ce qui est marqué en la page 774, touchant la stérilité, n'est énorme comme vous dictes, veu qu'il est prins de nostre maistre Sylvius Docteur en Médecine, en son liure de la Génération de l'homme, traduit en François par Guillaume Chrestien Médecin ordinaire du Roy et de Messieurs ses enfans. La stérilité vient (dit-il), de plusieurs indispositions de la verge virile, comme quand elle est naturellement trop courte, ou par l'aage, ou parla corpulence, et gresle de tout le corps, principalement du bas, ou quand elle est tranchée, ou bien corrompue par énorme froid ou pourriture, pource qu'elle ne peult ietter la semence dedans le plus auant réceptacle de la matrice, comme aussi elle ne peult quand elle est trop oblique et tortue par la naturelle ou accidentale briefueté du ligament qui la tient : neantmoins que Sauonarolla (i) escrit vn certain homme, à qui la verge estoit courte au moins de trois doigts de long : et vne autre, à qui par le chancre elle auoit esté couppee fort courte, auoir engendré par la puissance attraction de la matrice, et par la iaculation du reste de la verge. Tous condamnent aussi, comme
(1) Michel Savonarole, docteur de Padoue, professeur de médecine à Ferrare, chevalier de Jérusalem, et grand-père du célèbre dominicain, mourut vers le milieu duxv^ siècle.
inféconde, la verge qui est par trop longue : pource que, comme ils disent, en si longue voye la semence est réfrigérée auant que d'estre receue en la matrice.
Quand est du bourlet, Poge (i) Florentin Secrétaire et Chapelain du Pape en son liure des Facessies, lequel a esté translaté en François, et imprimé par permission, en fait mention, n'ayant voulu icy, de peur de scandalle, escrire l'histoire, qui est toutesfois ordinairement entre les mains des Damoiselles.
7. le voudrois bien sçavoir quelle vilenie iniurieuse et faulseté il y a en ce qu'ils ont extraict de la page 775.
De faulseté il n'y en a point : Par la raison que i'ay touchée au texte, d'autant que les femmes pâlies, maigres et brunettes, sont ordinairement remplies d'humeur mélancolique, parla reiglequidit, Tel est le cuir que senties humeurs cachez soubs iceluy : lequel humeur estant de nature aigre, ne peult que naturellement ne chatouille et esguillonne les femmes qui en sont pleines, à l'acte vénérien.
D'iniure encores moins y en peult-il auoir, si l'on ne veult accuser nature d'iniustice enuers elles, laquelle toutefois nous recognoissons bonne mère, doulce, bénigne, et iuste enuers le genre humain : ioint que telle chose estant dicte en gênerai, ne peult blesser l'honneur d'auscunes femmes en particulier : ains au contraire leur seruir à s'efforcer, par la lecture des bons Hures, à reformer et chastier l'inclination à laquelle naturellement telles femmes pourroient estre subjectes.
Et quand est de ce qu'ils disent estre faulx touchant celles qui conçoiuent peu souuent, ie leur prie qu'ils lisent Aristote
(i)J. François Poggio Bracciolini, dit le Pogge, savant né en i38o à Terranuova près de Florence, mort en 1459, a publié entre autres des Facéties, recueil d'historiettes scandaleuses, parues à Strasbourg en i5io.
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en ses Problesmes I. section de la stérilité, Problesme 3. qui s'ensuit.
Dem. Pourquoy les femmes par trop chaudes conçoivent peu souvent. Resp, Pource que la semence receue en elles est estaincte et corrompue, comme si l'on iettoit un peu d'eau dans vn grand feu, tellement que nous voyons continuellement les femmes par vne grande ardeur, trop addonnées à paillardise, peu souuent conceuoir et porter enfans.
8. Pour respondre à ce que vous auez tiré de la page 799, touchant la démangeaison du col de la matrice, tous les autheurs en ont parlé. Hippocrates li. De la maladie des femmes, /Ece (i). 4 Serm. 4. chap. 309. Bref tous les praticiens, et entre autres Gourdon chap, 12. qu'il intitule Des Rhagadies et playes du c...
9. Ce qui est marqué en la page 812. touchant les Hermaphrodites, est tiré d'Aristote en ses Problèmes, section des Hermaphrodites, Problème 3 . mis en François.
Demande. Pourquoy doit-on tenir et reputer l'Hermaphrodite ou pour homme ou pour femme ? Resp. On doit considérer la grandeur de l'vn des membres, ayant esgard à la grandeur de l'autre, et lequel des deux est plus puissant pour l'vsage vénérien : et s'il tient plus de la femme, il sera tenu et réputé pour femme, et ainsi de l'homme.
Texte de Paulus yïgineta (2), chap. 69. liu. 6. mis en François par d'Alechamp, Médecin.
(i) Aétius, médecin, né à Amide, en Mésopotamie, vers la fin du V^ siècle, professait la religion chrétienne.
(2) Paul, chirurgien grec né à Egine, a laissé un traité de Chirurgie traduit en français par Pierre Tolet, et imprimé chez Etienne Dolet, Lyon, i539,in-i2, puis par Daléchamps, dans sa Chirurgie française, Lyon, 1570, in-8'
Il y a (dit-il) quatre différences d'hermaphrodites, comme ditLeonides (i) : trois qui touchent aux hommes, et vne qui touche aux femmes : les hommes ont quelquefois la nature de la femme velue en l'entrefesson, quelquefois au milieu de la bourse des testicules.
Pline (2). chap. 2. liu. 7 dit en Afrique estre vne nation d'hommes nommez Androgynes, qui couchent ensemble, exerceans alternativement acte du masle et de femelle.
Et quant à la preuue que vous dictes estre abominable, cela est faulx, considéré la grande abomination qui en suruiendroit, s'il luy estoit permis, contre les loix de Dieu et des hommes, abuser des deux sexes. loint que telle preuue est escrite par les anciens.
10. L'Anatomie des parties génitales de la femme que vous citez de la page 813, ne peut estre plus honnestement escrite, tesmoin m'en sera Galien au liu. 14. de vsu part, et d'Alechamp en son commentaire qu'il a faict sus Paul Egineta chap. 70. liu. 6. duquel les mots sont tels.
En l'extrémité du col de la matrice, est l'entrée et fente de la nature de la lemme, les Grecs le nomment dena, les Latins pecten : les bords d'vn costé qui sont revestus de poil, se nomment en Grec pterigomata, comme si nous disions les asles du couronnement. Au dessus des dites asles qui est la fin de l'os du penil, et entre icelles sont deux excroissances de chair musculeuse, vne de chasque costé qui embrassent etcouurent l'issue du conduit de l'urine, et qui se resserrent après que la
(1) Lconides, incdecin d'Alexandrie, vivait dans le n'' siècle, il est cité par Cœlius Aurelianus et par Aétius. Ses écrits sont perdus.
(2) Pline l'ancien, célèbre naturaliste, né à Côme, l'an 23 de J.-C, mort à Rome, l'an 7g. Son Histoire Naturelle, traduite en français par Antoine Dupinet, a paru à Lyon en i562.
femme a pissé, les Grecs les appellent Nymphes. Les excroissances viennent si grandes presqu'à toutes les femmes d'Egypte, et à quelques ieunes des nostres, que comme elles ce trouvent en la compagnie des autres femmes, ou que leurs habillements en cheminant les frottent, ou quand leurs maris les veulent approcher, elles se dressent comme la verge de l'homme, voire qu'elles s'en louent auec les autres femmes, comme feroyent leurs maris. Pour ceste cause en Egypte on la coupe à toutes les filles, comme tesmoigne Galien en son Introduction.
Quand a ceste exemple dangereux de Sodomie, que vous dictes estre indigne, leu, recité et entendu des Chrestiens, Hippo. liu. 2., delà maladie des femmes. Paul Egineta, liu. 6. chap. 70. /Ece 4. sermo. 4. ch. 30. en faict mention.
Et quand à l'histoire, Léon l'Africain (i) la descrit liu. 3 de son histoire, dediee au Pape Léon son parrain. Mesmes le bon et docte Maistre lean Papon (2), Conseiller du Roy, nous en a laissé vn arrest en termes François, en son recueil des arrests notables, liu. 22. filtre 7. arrest 2. en telles parolles comme il s'ensuict :
T)eux femmes se corrompans l'une Vautre, etc.
De ma part ie suis d'opinion, et ay escrit qu'on coupe ceste caruncule, à fin que l'on n'en abuse, et qu'on ne tombe en tel inconvénient, combien que pour vne femme qui se trouue en auoir, il y en a dix mille qui n'en ont point.
II et 12. Ces deux histoires extraictes, l'vne de la page 827,
(i) Jean Léon, l'Africain, géographe arabe, né à Grenade au commencement du XVI'' siècle, a laissé une description de l'Afrique, en arabe, publiée en français dans le recueil de voyages de J. Temporel, Lyon, i556.
(2) Jean Papon, jurisconsulte, né à Crozet (Puy-de-Dôme) en i5o5, mort à Montbrison en iSgo, a laissé un Recueil d'arrêts notables.
et l'autre de la page 837, sont tirées de Volaterran (i). Cardan (2), liu. là, chap. 64. de la variété des choses. Saxon (3) en son histoire de Dannemarch hu. 14. Olaus (4) Magnus liu. 3. chap. 6. de son histoire, en font pareillement mention.
13. Touchant ce discours que vous dictes deshonneste, cité de la page 792. Que les filles qui ne seront assez tost mariées, se desbaucheront. Il me semble qu'en cecy i'ay beaucoup faict pour tous pères et mères, ensemble pour les filles : conseillant plustost (que tomber en tels inconueniens) qu'il est expédient les marier. Et où i'aurais failly, sauf meilleur iugement, Sylvius seroit plus à reprendre, louchant ce qu'il a escript en son livre des moys, fait François par Chrestien, médecin, les parolles duquel sont telles.
Quand les moys sont retenus, il s'engendre a la matrice vne disposition semblable à l'inflammation phlegmoné, ou a erisipelas ou schirre, ou chancre, hidropisies, battement ou palpitation de cœur, l'appétit perdu, sanglot, rot, tous, difficulté de respirer, douleur de teste, melancholie, que le vulgaire pense estredemoniacle, et outre cela insatiable appétit de
(i) Raphaël Maffei, dit Volaterran, savant compilateur, né en ki52 à Volterra, en Toscane, mort en i522, a laissé un recueil encyclopédique publié à Rome en i5o6, et à Paris, en )526.
(2) Jérôme Cardan, savant médecin, chimiste et mathématicien, né à Pavie, le 23 septembre i5oi, mort à Rome en 1576, présenta le bizarre assemblage du génie uni aux défaillances les plus singulières. Scaliger raconte qu'ayant annoncé l'époque de sa mort, il se laissa mourir de faim pour justifier sa prédiction.
(3) Saxon, Grammaticus ou Longup, né en Sélande, mort en 12O-I, a écrit avec Suénon Aggesen, une Histoire du Danemark.
(4) Olaûs Magnus, mort en i568, au monastère de Sainte Brigitte, a publié Historia de gentilms septenlrionalibus. Rome, i555, in-fol.
Venus, pource que les parties qui s'estendent iusques dans la matrice, sont titilees, etc. Contraires signes demonstrent la mélancholie, et la cholere iaune engrossie par adustion (car la subtile incite et n arreste point) et outre le désir de Venus et le grand plaisir en elles se faict aussi prompte excrétion de la semence,
14. Ce qui est extraict de la page 780 n'est vilain ny faulx, attendu que tous les Anatomistes de nostre temps sont de cette opinion, comme Vesal, Columbus (i), Fernel (2), Vassée (3), Rondelet (4), Charles Estiene (5), comme cite lean
(i) Mathieu Réald Colombo, célèbre anatomiste, fils d'un apothicaire de Crémone, fut l'élève de Vcsale, professa à Padoue et à Pise, et mourut à Rome en 1557. Outre ses découvertes anatomiques, il a décrit la circulation pulmonaire beaucoup plus exactement que Servet.
(2) Jean Fernel, né à Clermont, en Beauvoisis, en 1497, reçu docteur en 1529, guérit Diane de Poitiers d'une grave maladie, et soisna Catherine de Médicis. A l'avènement de Henri II, il refusa la place de premier médecin et se contenta de celle de médecin ordinaire. A la mort de Burgensis, en i556, il lui succéda. Il eut de sa femme, Madeleine Tournebu, fille d'un conseiller au Parlement, deux filles. Il mourut le 26 avril i558, et fut enterré dans l'église Saint-Jacques de la Boucherie.
(3) Louis Vassée, de Châlons-sur-Marne, a publié une anatomie latine qui a paru en français sous ce titre : L' Anatomie du corps h u main réduite en tables, traduite du latin de Loys Vassée par Jehan Canappe, Lyon, Est. Dolet, 1542, in-8".
(4) Guillaume Rondelet, médecin et naturaliste, né le 27 septembre i5o7, à Montpellier, exerça à Pertuis en Provence, et en Auvergne. Reçu docteur dans sa ville natale en i537, il y fut nommé professeur en i545. Il suivit le cardinal de Tournon dans ses voyages, et en profita pour étudier les poissons de la mer. Après avoir parcouru l'Italie, il revint se fixer à Montpellier, fut nommé chancelier de l'Université, et mourut à Réalmont, le 3o juillet i566. On sait qu'il est le Rondibilis de Rabelais.
(5) Charles Estienne, médecin, né vers i5o3, à Paris, frère des imprimeurs François et Robert Estienne, fut reçu docteur le 20 juin 1542. Robert ayant été obligé en i55i, de s'enfuir à Genève, Charles prit la direction de son imprimerie. Poursuivi à son tour et jeté en prison, il y mourut en 1564, à
Wier(i), médecin du Duc de Cleues, touchant cette membrane, contre la faulse opinion qu'ont les iiommes, si au premier coit les femmes ne iectent sang ne soyent pucelles.
Et quant à cet aduertissement détestable pour tromper les hommesque vous citez delà mesme page, ledit Wier, Médecin, escript ce qui s'ensuit, liure 2, de l'imposture des diables, chap, 37.
C'est aussi une chose fort commune en Espaigne, que les nouuelles mariées gardent les linges esquels les marques de leur depucellementapparoissent. Aussi y a il quelques femmes trop cupides de gaigner, lesquelles ont accoustumé de vendre souuentefois des filles pour pucelles, et lesquelles contrefont cette taye inviolée, auec le sang qui en sort, par quelques drogues propres à cet efifect.
D'auantage il y a vn chapitre de ceci, liure i. Gynecœorum (2), intitulé Pour contrefaire les pucelles. Matthiole en
l'âge de 60 ans. Sa fille Nicole épousa le médecin Liébault. Estienne a composé de nombreux ouvrages. Anatomiste distingué, il publia avec Estienne de la Rivière un grand ouvrage à propos duquel il soutint un long procès avec son collaborateur. Le 3o mars i552, il poursuivit les criées de trois portions d'une maison sise rue Saint-Jean de Beauvais, à l'enseigne du Soleil d'Or, et la moitié par indivis de deux maisons situées rue Saint- Jacques, à l'enseigne de l'Homme-Sauvage et de l'Ecrevisse, appartenant à Renaud Chaudière, pour le remboursement de sSoliv. t. dues par Claude Chaudière, fils du susdit, et cautionné par lui. Geneviève de Clermont, veuve de François Estienne, bourgeois de Paris, fit opposition pour une rente de 4.3 liv. sur lesdites maisons. (Arch. nat. Y 3.153, fol. 480.)
(i) Jean Wier, médecin, né à Grave-sur-Meuse en i5i5, mort à Tecklembourg en Wesphalie, le 24 février i588, étudia à Paris et à Orléans, et futreçu docteur vers 1584. Il s'appliqua à prouver que ceux que l'on accusait de sorcellerie et de magie n'étaient que des aliénés.
(2) Gynœciorum, lioc est de mulierum affectibus, edente G. Wolf. Bâle, i566, in-4. On lit au chap. 2 du Livre l"", De Virginibiis, une formule de Priscien, intitulée : Ad violatam, ut non cognoscatur.
escript (i) au chap. de Lapato acuto. Et quant à la distillation, Marinellus (2) en a faict vn liure tout entier.
15. Touchant ce que vous reprenez en la page 788. disant. Que c'est vne faulse opinion et meschante pour enhardir les filles à luxure qui n'ont point leurs moys. Telle opinion est vraye, et ne peut enhardir les filles à luxure. Car encor qu'elles n'ayent point leurs moys manifestement coulant par dehors, si est-ce toutefois qu'elles peuuent conceuoir et engendrer, d'autant qu'il suffict pour la conception et génération, que le sang menstrual flue du reste du corps dans la matrice. Parquoy elles s'y trouueront souuent trompées. Dauantage Sylvius au liu. qu'il a faict des moys, demonstre comme tous médecins, qu'vne fille ne peult estre grosse qu'elle n'aye ses moys, pource (comme il dict) il fault que la Heur precedde le fruict : non pour cela toutefois que ie vueille qu'elle s'abandonne.
16. Pour respondre à ce que vous avez tiré de la page 792. d'où vous inferez : estre vne excuse faulse et meschante pour excuser les filles corrompues. A ce ie vous responds, qu'il n'y a nulle fauseté, attendu que telle sentence est tirée d'Hippocrates. Aph. 39, liu. S- et au li. De diaeta. Hierosme de Cardan liu. 12. de subtilitate, ioint que l'expérience nous en a faict foy : mesme qu'il y a des hommes qui en ont comme ledit Cardan escrit d'Anthoine Buze, qui faisoit rayer du laict de ses mammelles comme vne nourrice. De meschan-
(i) Pierre-André Matthiole, né à Sienne en i5oi, mort à Trente en 1577. Son plus célèbre ouvrage est un Commentaire sur Dioscoride, traduit en français par Ant. du Pinet, Lyon, i56i in-foL, et par Desmoulins, Lyon, 1572, in-foi.
(2) Jean Marinello, de Modène, exerça la médecine à Venise. Son traite des maladies des femmes intitulé La Comara, a été traduit par J. Liébault et par Lazare Pé. Son fils Curzio fut aussi médecin.
ceté encor moins : car mon intention n'est autre, que pour reciter aux iuges, ou par leur commandement serions appelez pour sçavoir si vne fille qui auroit laict aux mammelles fut corrompue, ou bien si elle auroit perdu son fruict ayant esté grosse.
17. Touchant ce qui est tiré de la page 766. 791. dont vous colligez estre trespernicieux enseignements, pour faire auorter. A ce ie vous responds, qu'il n'y a Médecin qui n'aye escrit telle cause d'auortement, afin qu'on s'en donne de garde, et non pour en mal vser : aussi qu'il y a d'autres moyens pour ce faire, qui sont entre les mains des Damoiselles, comme l'histoire de Pandore (i), laquelle se fit sauter sur le ventre pour aduorter. Et Hipp. qui commande de faire sauter sa chambrière, duquel les mots sont tels au liure de la nature de l'enfant, faict François par Chrestien, médecin du Roy, en telles parolles.
le ne veux icy ^'^is ie VOUS reciteray comme i'ay veu cette ^axer le divin Hip- geniture de six iours. Ma femme (2) auoit pocrates ^^^ ^^^Uç semante musicienne, qui sçauoit
iouerd'instruments musicaux. Elle frequentoitauec les hommes, et neantmoins ne luy estoit decentement permis d'estre grosse, de peur qu'elle n'en fust diffamée, ou moins estimée. Or elle auoit ouy dire ce que les femmes entre elles ont coustume de dire, qui est, que la geniture ne tombe point de la matrice si la femme doibt conceuoir, mais que elle demeure
(i) Pandore, grosse des œuvres de Partenopeo, et abandonnée par lui fit sauter sur ses reins sa servante Finéa. (Nouvelles de IVlathieu Bandello, évêque d'Agen, Lucques, i554, 3'^ partie, Nouv. 52.)
(2) II ne s'agit pas de l'épouse d'Hippocrate, mais d'une femme de sa connaissance. (Voyez De naturâ piieri, i3, édit. Littré.) Cette conduite d'Hippocrate, contraire au Serment, s'explique par ce fait que ce livre n'est certainement pas de lui.
au dedans. Elle oyant cela, l'entendit, et tousiours le retint bien en mémoire. Et pourtant quelque foys d'auenture, quand elle eut senti que la geniture ne sortoit point dehors, elle s'en descouurit à sa maistresse, et par ce moyen, ie le sceuz après. Incontinent lors ie luy commanday qu'elle saultast de hault en terre. Ce qui après qu'elle eust faict par sept foys, la geniture s'escoula, et auec quelque son luy tomba à terre. Elle, ce voyant, commença à s'esmerueiller. Or il estait ainsi comme un œuf crud, duquel est ostée la coque de dessus et auquel transparoit l'humeur qui est dedans, par au trauers de sa petite taye intérieure, etc
Et quant aux moyens de prouoquer le flux menstruel aux femmes, Hippocrates en donne cinq cens remèdes, dont tous les practiciensen sont farcis, mesme monsieur Sylvius au livre des moys, duquel les parolles sont telles.
Nous ouurirons la veine de la malade (c'est-à-dire de la cheville du pied) dicte saphène, ou du ply du genoil appelée poplitique, afin que nous diminuions la replétion de tout le corps, et que nous attirions le sang vers la matrice.
Très puissamment prouoquent les moys la Bryone, l'Ellébore blanc, le Pyrètre, la racine de cyclamen, de concombre sauuage, et elaterium qui se faict du fruict d'iceluy, staphisagre, seneué, coloquinte, thimelœa, les espèces de tithimal, le laict de figuier, scamonee, euphorbes, cantharides, et plusieurs autres qu'il descrit en quatre ou cinq feillets. Les cantharides sont données en bruuage par Hippo. au liure de natura muliebri, pour prouoquer les moys. Quant à l'Euphorbe, Dioscoride(i), liu. 3. chap. 80. en ordonne, comme Mathiole en
(i) Pedacius Dioscoride, médecin natif d'Anazarbe, en Cilicie, vivait au milieu du !"■' siècle de J.-C. Il a laissé un traité de matière médicale traduit en français par Martin Mattœus, Lyon i553, in-fol.
PIÈCES JUSTIFICATIVES sSç
mesme lieu : et derantimoineau chap. 59, l'appelant main de Dieu, a raison qu'il fait miracle, guarissant plusieurs maladies que ne peuuent guarir les autres remèdes. Or si telles drogues empoisonnent, il fault que les Médecins accusent le diuin Hippo, et leur maistre Sylvius, ensemble Mathiole, d'estre empoisonneurs, et qu'eux mesmes se disent tels, veu qu'ils en ordonnent tous les iours.
18. Pour vous convaincre touchant les Trochisques que vous dictes servir pour perdre le fruit, extraict de la page 773, ie les ay ordonnez pour ietter la mole ou foux germe, et non l'enfant viuant : car ie scay que telles drogues ne peuuent faire perdre le fruict ayant vie, d'autant que iamais médicament n'agit, sinon aydé par la force de nature : comme tous les médecins tiennent et affirment. Or est-il ainsi que tant s'en fault que nature donne la main à tels médicamens pour exclurre le fruict viuant, qu'au contraire de tout son pouuoir elle le retient, ayant pour ce faire fabriqué des ligaments, par lesquels il est estroictement attaché à l'amarri : le contraire est du fruit mort : D'autant que le vif chasse tousiours le mort. Et outre plus la mère par telle drogue est sauuee, estant deschargee de ce qui enfin la meneroit à mort et pourriture.
19. Touchant ce que citez de la page 738, mon intention quant a ce propos ne peut estre conuaincue de meschanceté, si l'on ne veut quant et quant convaincre d'impiété le Prophète Moyse : ( i ) car tout ainsi comme il a prononcé tel arrest pour reigler la différence des supplices, en granité et légèreté de ceux qui auroint offensé une femme grosse : Ainsi mon intention n'est autre que d'instruire en ce ûiict le Chirurgien, pour en foire rapport à messieurs les luges, lors qu'il sera appelé
(i) Exode, chap. XXI, v. 22. 23. Passage mal traduit dans Paré. Il s'agit, en effet, de la mort, non de l'enfant, mais de la femme.
par eux à ce faire, afin d'en iuger selon leurs sains et entiers iugements. Et quant est des passages, ils ont esté mal cottez par inaduertance.
20. Et quant au iugement inconsidéré et téméraire que vous dittes, touchant la prédestination, cité en la page 738. le m'estonne gramment comme vostre esprit est si plein de mesdire, veu qu'en tel lieu ie dis que ne veux entrer au cabinet sacré de Dieu, et que ce n'est à moy de déterminer de si haults faicts : Toutefois en ce que i'ay recité s'il y a témérité, il fault que pareillement vous accusiez Monsieur S. Paul I. Corinth. chap. 12. de témérité, duquel les parolles sont prises. Car à l'vn est donné, dict-il, la parolle de sapience : à l'autre la parolle de science : et concluant en fm chap. 9. aux Romains par la similitude du potier, que nul ne doit contester contre son créateur.
21. Quiconque contredit à cest article cité de la page 746. se monstre entendre aussi peu en la Médecine et histoire qu'en la lurisprudence, comme ainsi soit que le Droict ciuil escrit tient mesme proposition. Autent. de restitut. et ea quam peperit vndecimo mense. Ce que mesmes les Grammairiens et Historiographes n'ont point ignoré, comme il est dans Aulus Celle, (i)chap. 16. liu. 3. noct.attic. auquel lieu il monstre par Cœcilius, (2) Menander, (3) M. Varro. (4)
(i) Aulu-Gelle, critique latin, vivait dans le IP siècle de J.-C. Ses Nuits attiques renferment de nombreux fragments d'auteurs perdus, notamment de Caton, de Cecilius, de Ménandre, de Varron, etc.
(2) Statius Cœcilius, poëte comique latin, d'origine gauloise, dont les ouvrages sont perdus ; mort à Rome l'an 168 avant J.-C.
(3) Poëte comique grec, né à Athènes 842 av. J.-C, mort en 290. Ses livres sont perdus.
(4) Marcus Terentius Varron, savant polygraphe latin, né à Rome 116 av. J.-C. mort 26 av. J.-C. Presque tous ses ouvrages ont disparu.
que le 1 1 mois l'enflmt peult naistre : laquelle opinion est conforme à celle de Pline liure 7. chap. 5. qui dit que tous animaux ont certain temps de charger et porter leurs petits : mais l'homme seul n'a aucun temps ni terme prerix,ains vient au monde en tout temps. Et touchant ce, récite deux histoires : l'vne d'vne femme de bonnes mœurs, et sans aucune reproche qui accoucha le 11" mois après le decez de son mary : l'autre de Massurius, que Lucius Papirius commanda par arrest vn substitué sur le rapport de la mère de Posthume, institué héritier, qu'elle disoit auoir porté treize mois après la mort du testateur : et partant il n'y a aucun terme certain et defmy à porter les enfants. Tel arrest a esté extraict premièrement du divin Hippocrates au liure de la nature de l'enfant, et de alimento : qui me fait esmerueiller de quelle occasion a esté esmeu et transporté ce faiseur d'apostille, veu que le Doyen des Médecins Gromelan (i) médecin à Paris, au commentaire qu'il a fait sur ledit liure, n'a peu qu'il n'aye approuué telle opinion.
22. 11 me semble que i'auray satisfaict à ce qui est tiré de la page 642, si ie montre que Hippoc. vse de cantharides par dedans et par dehors liu. De natura muliebri, sus allégué et que ceste histoire a esté citée pour endoctriner le ieune Chirurgien à secourir ceux qui en auront pris, et non pour en vser, afin de diuertir les femmes impudiques de présenter tel breuuage à leurs amoureux : comme ainsi soit que par là elles puissent iouyr plus largement de leurs amours, qu'au contraire elles perdent par ce moyen et l'amour et l'amoureux.
Quant à ce narré que vous auez extraict de la page 839, (2) 940, 941. l'ay tiré de Greuin Docteur en médecine à
(i) Etienne Gourmelcn.
(2) Il faut lire gSg.
Paris (i), au liu. Des venins, Mathiole au 6. liu. de Dioscor. Sanctus Ardoynus, Ferdinand Ponzet (2), Cardinal : lesquels venins n'ay voulu faire figurer comme ils ont fait, afin qu'on ne les cogneust : car, comme l'on pourra voir, mon intention n'est autre que prescrire leur antidote. Et pour ce ne peult tel discours estre pernicieux, ny monstrer le chemin aux empoisonneurs : ains les descouurir, et résister à leur meschante et malheureuse entreprinse : car par tel discours l'on ne cognoist le venin, ains seulement les accidents qu'il fait, afin qu'estans cogneus, le Chirurgien y puisse résister par son antidote escrit, et pour faire rapport à Messieurs de la lustice, estant appelé pour sçauoir si aucun auroit esté empoisonné. Voilà comme vous taschez à peruertir mon intention saincte et louable, qui ne tend qu'à secourir ceux qui seront surpris de poison.
23. Quant à ceste histoire citée de la page 939. Ceux qui considèrent la fin pour laquelle le poison fut donné au brigand, ingèrent mon entreprise n'estre détestable, ny ne tendre à diffamer la mémoire du Roy : ains plustot estre louable d'auoir consenti que ledict poison fust donné au larron, craignant pour l'amour du seruice que ie portois à mon maistre, si d'auenture il eust esté surpris de poison ne se fust fié en telle drogue. Et pour l'auoir cité en ceste histoire ie ne pense auoir diffamé la mémoire de son nom, non plus que Mat-
(i) Jacques Grévin, poëte et médecin, né à Clermont en Beauvoisis en 1541, mort à Turin en iSjo, a publié; Deux livres des Venins, Anvers, i568, in-4». On prétend qu'il a traduit plusieurs ouvrages de Jean Wier.
(2) Ferdinand Ponzetta, trésorier du pape Léon X, évèque de Melli et de Grosseto, créé cardinal prêtre du titre de Saint-Pancrace en juillet i5i7, à l'âge de 80 ans. Il mourut à Rome le 2 septembre 1627, à la suite de mauvais traitements endurés pendant le sac de Rome. Garembert dit qu'il professa la médecine jusqu'à son extrême vieillesse.
thiole celle de Clément 7, Pape, en racontant vne semblable histoire, chap. 9. liu. 4. par le commandement duquel fut donné à deux brigands du poison pour esprouuer la vertu d'une huile qu'on luy disoit antidotaire contre tous venins. Or tel poison fut pris par le brigand de bonne volonté, aimant mieux mourir en prison, ayant espérance de réchapper, que finir ces iours publiquement par vn licol. Parquoy ie ne puis estre conuaincu touchant cepoinct, ny moins encore d'entendre mal la propriété des antidotes, veu que le sublimé qu'il prit est estimé de tous poison, et que l'expérience a monstre manifestement combien il y auroit peu d'assurance en tel antidote, le larron estant mort aussi bien que s'il n'eust esté muni de telle drogue.
24. Par ceste histoire que ie fais de moy, citée page 939. ie l'ay escrite à fin que si aucun auoit esté empoisonné il peust se secourir par tels remèdes. Au reste méchamment mes ennemis ont voulu tirer ce mot de Religion en conséquence, pour me mettre en haine enuers tous les gens de bien; car il a esté cité par moy pour ne me glorifier auoir suiui telle opinion, mais seulement de peur que le Lecteur ne pensast que l'eusse commis quelque hault crime qui touchast ou la vie ou les biens de quelqu'vn, puis qu'on auoit attenté sur ma vie. Et moins l'aye cité en intention de monstrer que ceux qui suiuent la saincte Eglise Catholique et Romaine, abusent de moyens illicites pour se deffaire de leurs ennemis. Car ie déclare présentement et est tout certain, que tel empoisonneur n'estoit ny d'une ny d'autre Religion, ains seulement libertain et sans aucune crainte de Dieu.