‹ Amédée Gréhan.- La France Maritime T2Chapitre 75 sur 123 · AR1T1ME. 2S · texte numérisé non relu

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sur tout notre littoral. Nous en extrayons les

>assages les plus intéressans :

c L'escadre, augmentée de sept vaisseaux, est définitivement portée à trente-deux, et cet effort est considérable. Suivant ce que vous me marquez, il parait que nous n'en pourrons pas faire davantage ; en outre, les vaisseaux français auront )lus que jamais leur supériorité ordinaire d'équi- >ages, puisque les nôtres sont aussi faibles en îommes que vous le dites. Pour suffire à la multitude des armemens, on embarque à Brest, outre es soldats de marine, des soldats de terre dans certaines proportions, c'est-à-dire à peu près un sixième des premiers et un tiers des seconds. H y a eu une seconde promotion de lieutenans de vaisseau et une immense d'enseignes, et cependant il a été en outre délivré peut-être cent cinquante brevets de lieutenans de frégate poui la campagne. Vous avez vu que, sur la seule frégate la Belle- Poule, il y en avait trois. C'est de ce mélange d'officiers de mer, de terre et d'officiers bleus, que je tire mon grand espoir; il en doit résulter nécessairement une zizanie épouvantable, des querelles interminables, et conséquemment beaucoup de désordre. Voilà la vraie cause du départ précipité de M. le duc de Chartres. Ce prince est parti depuis plus de six semaines avec la qualité d'inspecteur général de l'armée de Brest. On assure que le roi lui a recommandé nonseulement de remettre la bonne intelligence entre les deux oorps d'officiers de terre et de mer; mais même entre ceux-ci, et surtout de témoigner beaucoup de bienveillance aux auxiliaires, de leur faire l'honneur de les admettre à sa table et de les inviter souvent, afin d'habituer messieurs de la marine à les voir de meilleur œil. Tout ce qu'on a écrit jusqu'à présent à cet égard ne donne pas grande confiance qu'il réussisse.

»Au surplus, dès qu'il fut arrivé, il commenta son inspection, dont le premier effet fut d'obliger tout le monde de coucher à bord. Chaque jour il visitait quelque vaisseau et y faisait faire des manœuvres qui lui apprenaient son métier en le rappelant aux autres : pour délasser son altesse, on entremêlait ces travaux de fêtes.

La correspondance anglaise, qui laisse percer un dépit tout britannique contre les grands préparatifs de notre escadre, s'abandonne avec complaisance aux ironies les mieux aiguisées contre M. le duc de Chartres. La présence d'un prince du sang parmi les matelots, au moment de reprendre les hostilités, étant une mesure de bonne politique, on devait s'attendre à la voir critiquée amèrement par les Anglais. — Nous continuons le texte de la lettre anglaise.

» Cependant, depuis son retour et le combat de la Belle-Poule, comme il est question de guerroyer sérieusement et que les ordres sont que M. d'Orvilliers se tienne prêt à appareiller, que

FRANGE MABirai.

Son Altesse* $w •ffît frantf désw de revenir yoir Paris, ne peut plu» rféedrter et déeetf eher,» et qn'il h» faut toujours quelque speetàde, il y a e» diver» simutoerea de combat et sarto«rt celui de descente à terre défend** par l'ennemi •4 attachée par le» équipage» et troupes des vaisseau» de ramée navale». Ce jeu-là nest potot affecté san» dessein, et l'on a en s*tn de remplir de mmi récit teutee le» gazettet, afin qu'il parvienne à Londresv La petitiqaé est de nous mspi* rsr le crainte d'une invasion, qu'il y a cent contre un à parier que tes Français n'oseront tenter, maie «entre laquelle il est cependant mdispen-» saMe de se préparer. D est certain que les pré-' peretife sont formidable» i Dunkerque, qu'on compte cent bottillon» et quarante escadrons cantonnés snr les Cèles depuis ce port jusqu'à Mantes v on Se ereit pas qu'il y ait de camp pour ces trempes; Mai» étant ainsi répartie» sur les frontières maritimes, elles* seront faciles à ras* sembler a» premier eonp de tambour. On d'ailleurs en la précaution de leur dernier des chefs et un état-major. Dis lieutenans-générswx, vingts traie maréchaux de camp sont nommés pe» servie dans Cette armée ét Ont reç» l'ordre d'être rendre â» 1er juillet à leu* peste respectif. M. de Gutbert, jenne militaire dont je vous ai parlé avec distinction, en est le major général, et M. le chevalier de Coigny, plein d'ardeur et d'amour peur son métier, én est laide-major principal. EnSn, MM. de Gribeauval et de ViMepatour sont peur le service de l'artillerie. C'est décidément le maréchal de Broglie qui la commande. Le ministre de la guerre avait proposé à Sa Majesté le prince de Condé, M. de Voyer, M, de MaiUeboiset divers autres. Le roi, sans en accepter aucun , s'est ressouvenu de celui-ci et Ta nommé de son propre mouvement.

La jalousie ne manqua pas de critiquer ce général : on dit qu'il est dévot, et que c'est une créature des jésuites; un jésuite de robe courte qui leur est toujours attaché; qu'il est minutieux, timide, peu aimé du soldat; en un mot, que c'était l'homme le moins propre à une expédition exigeant surtout de l'activité, de b confiance et de l'audace.

Cependant 1 parait avoir le vœu de la nation, du moins à en croire \é propos que Voltaire tint peu après le jour de sa nomination. II se trouvait chez madame la maréchale de Luxembourg ; il fut question de la guerre ; cette dame en déplorait les suites et souhaitait que la France et l'Angleterre entendissent assez bien leurs intérêts et ceux de l'humanité pour ajuster leurs différends sans effusion de sang et par un bon traité de paix : Madame, dit le philosophe bouillant, én montrant l'épée du maréchal de Broglie qui était présent, voilà la plume avec laquelle on doit signer 9$ traité.

Malgré tant de préparatifs» quoique depuis

longtemps etf aceueHie owrertement dan* ta» ports de Francs le» corsaires américains et leur» prises, sans aucune dë» restrictions qui avaient eu lieu l'as passé, et même au commencement de celle-ci; quoiqu'on attaque et arrête an cmtraire no» corsaire» armés contre eux ; quoique les amirautés aient déjà reçu l'ordre ë euennrager les eapéditions pour la coetse, et que , par l'attention spéciale du gouvernement enverrais elaese de» marin», on juge dtl besoin qu'il en a, on continue i se donner un air de modération qni siéd bien surtout quand en a la force de senedté? on ne regard* le combat des deux frégates que comme une rixe marttime (c'eàt *melqnWi'arppelteàVersailte0),c* l'en* seulement dépêché à la eeovde Londres pour demander satisfaction de l'insulte faite an pavillon français en cette occasion; mais on ajoute qu'on a eu tout récemment la réponse : que Sa Majesté Britannique a fait dire par son ministrè, qu'après la conduite de la France à son égard, elle n'était point dans le cas d'entrer en explication, et n'avait aucun compte à rendre de sa conduite. On ne doute pas aujourd'hui que le comte d'Orvit» liers n'ait reçu l'ordre d'appareiller, et qu'il ne soit peut-être sous voiles en ce moment.

Le secret semble être l'âme des opération* d'aujourd'hui; on est encore à savoir tes nouvelles rapportées par deux frégates arrivées depuis quelque temps et l'objet du départ d'une autre.

On affecte de répandre le bruit qu'on a rais un embargo sur tous les bâtimens des ports de l'Océan, et surtout sur ceux de la Manche ; qu'on a proposé aux armateurs de les fréter pour le compte du roi, et que plusieurs ont déjà accepté les propositions; que ce marché est de tû% mois, sauf à le prolonger suivant le» circonstances (1). Le vrai est que l'on a donné avis aux négocian» du départ de l'escadre de Kamiral Heppel, dë se tenir sur leurs gardes, et de ne point laisser sortir leurs bâtimens de commerce an moins avant que le comte d'OrvHliers fût en état d'en imposer aux Anglais.

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