SANG
Eau
Globules .....
Fibrine
Albumine
Matières grasses . . .
.Chlorure de Sodium
Sels solubles
[ » de potassium.
' Phosphate de soude
dans
1 Sulfate de soude . .
' Carbonates-alcalins
l'tau.
Phosphate de chaux f Carbon, etstilpb. de chaux 'j Oxide de fer ... .
' Sesquioxide de Fer. . .
Sels
insolu blés.
Pertes et matiè»'^ extrac(ivs
(>1. Pojîsiale.)
Oïl voit que le premier sang était moins aqueux et plus riche en globules , en fibrine , en matières grasses et en sels; il a donc dû être plus excitant et plus nutritif.
Nous insistons particulièrement sur la proportion de chlorure de sodium ou de sel commun qui, dans le premier sang, a été de 6-10, tandis que dans le second elle n'a été que de 4-40, c'està-dire en rapport avec la quantité de sel ingérée ; d'où il résulte que ce dernier ne sert pas seulement à l'excitation des organes digestifs, mais qu'il est absorbé. C'est ce qui avait fait dire au père de la Médecine, Hippocrate, que ce qui est salé nourrit : Qiiod sapit nutrit.
La proportion de phosphate de soude a été, dans le premier sang, de 1, 68 et dans le second, de 1, 57 seulement;
— oser, on sait maintenant que le phosphate de soude aide puissamment à l'oxygénation du sang et à sa dépuration, à cause de l'avidité de ce sel pour l'acide carbonique, (i)
Le sang qui est mêlé à une quantité suffisante de sel est donc plus chaud, plus rutilant, plus excitant et plus nutritif. — Qu'on prenne deux
(i) s -Ion M. Liebig, le chlorure de sodium ou sel commun, a pour usage de convertir en phosphate de soude une partie du phosphate de potasse que les aliments ou l'absorption qui s'exerce dans les tissus font parvenir dans le sang; or, on sait que le phosphate de sou le facilite singulièrement l'absorption de l'acidf carbonique par le sang veineux et, consécutivement, son élimination hors de Téconomie. Il à été démontré que nous exhalons de l'acide carbonique par toutes les surfaces libres du corps; non seulement cette exhalation est un signe de santé, mais elle donne la mesure de nos forces. La quantité d'acide carboni(|ue augmente ou diminue selon que nous sommes en mou-
sangs, dont l'un aura été saturé de sel, et qu'on les expose à la lumière ; l'un (celui qui est saturé) sera plus lent à se coaguler et continuera, pendant un certain temps , à rougir, tandis que l'autre se figera et prendra une couleur cadavéreuse ou blafarde. Pareil phénomème se produit pendant la vie, de sorte que le teint est tantôt vermeil,
vement ou en repos : aussi le travail musculaire l'augmente-t-il notablement. En un mot, nous nous portons d'autant mieux que notre foyer tire d'avantage. Quand la combustion respiratoire n'est pas suffisamment activée, le sang se charge de matières carbonées ou bydrocarbonées qui constituent une espèce de suie animale; les pores du corps s'obstruent et il se forme des engorgements. Le sang incomplètement dépuré devient lourd, opaque, et non seulement les fonctions animales s'en ressentent, mais même les fonctions morales. Pour nous servir d'une image, il semble que nous soiyons éclairés intérieurement par un gaz impur, et nous sommes disposés à voir tout en noir.
tantôt blême , selon l'état de santé.
Plutarque a dit, dans un endroit de ses écrits : « C'est pourquoi, à mon avis, nous appelons la beauté dune femme salée et assaisomée, qui n'est point fade ni morne, ains accompagnée de grâce vive et émouvante ; » ce qui est parfaitement juste. Il y a dans une belle carnation quelque chose qui attire et subjugue. En vain a-t-on voulu attacher aux teints pâles et chlorotiques je ne sais quel caractère de sentimentalité, on ne peut y voir que l'efTet d'une mauvaise constitution. Autant vaudrait-il dire que la plante étiolée l'emporte sur celle qui s'est épanouie aux rayons du soleil, ou bien que le fruit vermeil inspire moins d'appétence que celui qui est pâle et décoloré.
Un sang riche en sel est moins
aqueux, plus dense que celui où cette substance manque; il donne ainsi moins lieu aux infiltrations. Tout le monde connaît les bons résultats du drainage; c'est le moyen d'assainir les terrains bas et humides, en empêchant l'eau de stagner et de les rendre froids et aigres. La nature nous avait déjà indiqué ce moyen dans la manière dont la végétation draine le sol ; les racines des plantes sont des millions de drains qui attirent et absorbent l'humidité environnante. On peut se figurer de même le corps humain : là, également, il existe des vaisseaux absorbants qui ont surtout pour office de ramener dans le torrent circulatoire les liquides qui en sont momentanément sortis par infiltration ou par exhalation. Les personnes qui ont le sang tenu, par suite du manque de matériaux plastiques ou salins, sont bouffies, infiltrées; elles
sont exposées aux maladies connues sous le nom d'hydropisies. On conçoit qu'en maintenant le sang dans ses conditions de densité, on évitera ces inconvénients. Le mode de drainage dont il est ici question, est un fait d'endosmose, c'est-à-dire de cette faculté qu'ont les tissus organisés d'attirer ou d'aspirer les liquides ambiants. Supposons une plante plongeant ses racines dans l'eau : insensiblement on voit cette dernière diminuer, en même temps que la plante se développe. Le liquide séveux étant plus dense que l'eau ambiante, celle-ci passe dans les racines, d'autant plus vite que par leur calorique propre elles favorisent cette absorption.
Telle est l'influence du sel sur le sang ; on voit qu'elle est immense. Cet-
te influence ressortira bien mieux encore quand nous traiterons du sel comme préservatif des maladies.