‹ Américains et JaponaisChapitre 35 sur 99 · Jd · texte numérisé non relu

Jd

▲MiRICAlNS ET JAPONAIS. i4

S16 AMÂRIGAINS BT JAPONAIS

assuré si elles demeurent sur les continents qui leur ont été assignés par la toute Sage Providence que si on les transplante sur d*autres continents, dans un' intérêt de lucre. Les Jaunes pas plus que les Nègres ne peuvent changer de peau : le léopard ne se débarrasse pas de ses taches. Les Japonais, par leur physique, leur religion leurs traditions millénaires, leurs idées sur la vie de famille sont tout à fait différents des Blancs. Â supposer que leur assimilation fût aisé et rapide, serait-elle souhaitable? « Quelle force ou quelle grâce de corps ou d'esprit que nous ne possédions déjà, cette race totalement différente de nous pourrait-elle nous apporter? »

Tel est Tavis de Spencer dans la fameuse lettre qu'il écrivit jadis au baron Kaneko Kentaro et que tout le monde anglo-saxon a lue et commentée :

A votre question sur les mariages entre étrangers et Japonais, qui, dites-vous, u est très discutée actuellement par nos professeurs et nos hommes pu. • tiques » et qui est « un problème des plus difficiles », ma réponse c'est qu*à parler raison, il n*y a pas là de difficulté. Ces mariages devraient être interdits. C'est non pas une question de philosophie sociale, mais une question de biologie. Les preuves ne pc^anquent pas, empruntées aussi bien aux mariages entre races humaines qu'aux croisements entré animaux : sitôt que les variétés qui se mêlent divergent un peu, le résultat est immanquablement mauvais à la longue... Ma conviction est basée sur de nombreux faits, et je viens encore de la vériâer il y a une demi-heure. Je suis à la campagne en compagnie d*^n homme bien connu et qui a une grande expérience des croisements entre bestiaux. Il vient de confirmer mon opinion : prenez différentes variétés de moutons, s'il y a croisements entre sujets tout à fait différents, le résultat, surtout à la seconde génération, est mauvais — c'est un incalculable mélange des^U^its

LES JAPONAIS AUX ÉTATS-UNIS Sil

physiques et une constitution chaotique. Il en va de même chez les humains : les Eurasiens dans l'Inde, les métis en Amérique en sont la preuve. L'explication physiologique de cette expérience me paraît être que toute variété de créature, au cours de maintes générations, acquiert une certaine adaptation constitutionnelle à une forme particulière de vie, et que toute autre variété semblable ment acquiert une adaptation spéciale. Par conséquent, si vous mêlez les constitutions de deux variétés tout à fait divergentes et qui se sont adaptées à des modes de vie tout à fait divergents, vous obtenez un organisme qui n'est adapté au mode de vie ni de Tun ni de l'autre — un organisme qui ne fonctionnera pas bien, parce qu'il n'est agencé pour aucun ensemble de conditions. Donc par tous les moyens, interdisez les mariages de Japonais avec des étrangers.

Parlant au club japonais de New- York, en 1907, M. Âoki, ambassadeur du Japon aux États-Unis, engageait ses compatriotes établis en Amérique à épouser des Américaines : « Rendez-vous dignes de l'amour des filles des millionnaires américains et quand vos beaux-pères auront pu apprécier votre mérite, ils vous assisteront dans toutes les difficultés. » L'ambassadeur ne pouvait être moins heureusement inspiré : l'idée d'apaiser l'hostilité entre races par des mariages mixtes est tout juste la solution qui paraît la plus chimérique et la plus dangereuse aux Américains.

Entre Japonais, et Américains le conflit n'est donc pas simplement économique, il est racial : c'est une opposition sentimentale, physique, mystique^ tout

1. « Il y a quelque chose dans ces antagonismes de race que nous ne comprenons pas — et peut-être n*est-il pas nécessaire que nous le comprenions... Les Japonais ne nous sont pas infé* rieurs, ils sont différents, voil& tout... Les Asiatiques et les Amé«

ensemble qui interdit les mariages mixtes. Â quoi bon dès lors, que les Japonais, économiquement, socialement, réussissent à se hausser aux mêmes rangs que les Blancs? Ils n'en seront que plus dangereux pour les Américains. Plus Fécart entre les standards of living des deux peuples se comblera et plus les Jaunes et les Blancs appartiendront aux mêmes classes sociales, plus il sera difGcile aux Américains de protéger l'intégrité de leur race et plus ils seront unanimes et énergiques à la défendre.

ricaines ne se marient pas, et ne se marieront jamais, sauf de rares exceptions. Nous ne pourrons jamais les absorber... » Hon. J. M. Gearin, of Oregon, Senate, 7 janvier 1907. Cf. dans The Far Eastf d'Henry Norman ce même mysticisme anglo-saxon : « Nous pouvons aimer le Japon, Tadmirer, commercer avec lui ; pour ma part, je ne crois pas qu'il soit possible de connaître le Japon sans Taimer et l'admirer, et le Japon peut nous aimer, nous étudier, et trafiquer avec nous. Mais l'Anglais, l'Américain, le Français, l'Allemand ne forment qu'une espèce d'humanité, et le Japonais en est une autre. Entre eux se dresse et se dressera toujours, la distinction sacrée et indéracinable de la race. >*

Le désir des Japonais de s'américaniser est-il sincère et sans arrière-pensée? Les Américains se défient : le Chinois est moins dangereux, parce que moins curieux de langue, d'éducation, de manières, de métiers occidentaux. He keeps his place, ce que ne fait pas le Jap qui essaye de s'approprier méthodes, trucs et secrets, et qui, peu soucieux du succès immédiat étudie pour plus tard et finira par battre son maître.

Cette hâte un peu enfantine des Japonais à singer rhomme d'Occident, l'Américain ne l'interprète point comme une garantie de complète américanisation. C'est trop affecté, trop en façade pour que derrière ils ne se réservent. De leurs costumes occidentaux et de leurs american ways, on dirait vraiment que c'est un passe-partout pour mieux circuler dans le pays, inspirer confiance, entrer davantage dans l'intimité des gens, voir plus, savoir plus, — tout comme des nattes et des tuniques chinoises qu'ils revêtent en. Chine*.

1. « Les Japonais peuvent entrer en intime sympathie avec les

Chinois en Chine, Américains en Amérique, Japonais toujours : sous ces déguisements, leur souplesse à prendre tous les dehors de la civilisation des pays où ils séjournent, inquiète Américains et Chinois. Cette affectation d'américanisme exaspère les Américains plutôt qu'elle ne les gagne. Les plus haïs des Nègres par ihe man in ihe streeij ce ne sont pas les braves bêtes du black belt, couleur de la terre noire sur quoi ils vivent passivement courbés : c'est le Nègre endimanché qui, un pli au pantalon et les pieds vernis, s'en va à la ville faire le beau et minauder en roulant ses gros yeux, le Nègre qui joue au foot-ball ou au base-bail^ et surtout le Nègre d'université. Pareillement, comme un veston ne change ni la couleur de peau ni la stature des Japonais et qu'au su de

Chinois, porter les mêmes robes, vivre de la même nourriture, habiter dans les mêmes maisons, s'adapter aisément et volontiers à Tentourage chinois et éviter ainsi de heurter les préjugés des Chinois. » Rapport du secrétaire chinois de la légation américaine & Pékin. Foreign Relations of the U, S. Washington, 1906, p. 199. A quelques kilomètres de Shanghaï, le collège japonais de Tun- Wen, fondé, à la suite du traité de Simonoseki, prépare des jeunes gens à la propagande commerciale et politique en Chine. Il reçoit, au nombre de 300 chaque année, des Japonais qu'entretiennent leurs préfectures. Le programme est divisé en cycles : au terme de chacun d'eux Télèvé part pour un « voyage d'investigations ». Les élèves du cycle politique laissent pousser leurs cheveux, puis les nattent et se rasent le haut du front : Chinois d'apparence, ils pourront dans leurs voyages d'informations passer partout. — Cf. une correspondance du Daily graphie, résumée par Le Temps, 9 novembre 1006, et les photographies de Vlllustrationf 8 juin 1907. Aux États-Unis, un des tours les plus fréquents des Japonais était d'entrer dans une « gospel society » sous prétexte l'étudier la parole du « White man's God ». Quand ils avaient appris assez d'anglais, ils quittaient subitement le pasteur ou révérend et les laissaient scandalisés de voir que ces Bouddhistes et Shintoïstes avaient feint de se christianiser «' for revenue only > oa pour se préparer « to insidiously work intb american ways ».

LES JAPONAIS AUX ÉtATS-UNIS Ill5

tous, chez eux ils troquent avec joie leurs jaquettes, pantalons et souliers trop ajustés pour le kimono et les savates plus lâches, comme ils conservent leur régime, dépensent peu, vivent groupés et serrent de près en tous métiers leurs concurrents américains, leur habit occidental ne paraît aux Américains qu'hypocrisie espionneuse, prétentieuse, dont il faut se méfier plus que de la queue* et de la tunique qui honnêtement, de très loin signalent le Chinois. Gomment prendre à la lettre leurs protestations d*enthousiasme pour la civilisation des États-Unis, quand on sait que la vie japonaise est un paravent à deux faces? D'un côté, chemins de fer, téléphones, usines, trams électriques, sous-officiers à la manœuvre, savants à lunettes penchés sur un microscope; de l'autre, un jardin japonais, des banzai pour le Grand Japon, de petits vers au Mikado et aux fleurs, des cha-jin admirant la lune.

Qu'est-ce que ces manières des Japonais de s'humilier, de ne pas régarder en face, de se déguiser pour n'être pas reconnus? Un Américain, un tgpical western man — le type d'homme précisément qui est en rapport avec les Japonais — c'est un homme très sociable, familier avec les étrangers quoiqu'ils ne soient pas ses égaux, et qui met tout le monde à l'aise en prenant ses aises. Il ne veut pas qu'on l'oublie, il tient à ce qu'on l'appelle par son nom avec toutes les initiales de ses prénoms, et non pas John tout court, comme lui-même appelle indistinctement tous les Ghinois. Il parle haut, rit fort, bombe, se hausse, exige qu'on le traite à son rang, plutôt un peu au-dessus, joue franc jeu, pense à haute voix, défend sans modestie sa chance, avoue

la bonne opinion qu'il a de ses capacités, respecte infiniment la valeur de son travail et exige sans plus le plus haut salaire. C'est un homme libre.

Le Japonais entre en saluant trop bas, sollicite trop humblement qu'on le prenne au pair, qu'on lui fasse le grand honneur de le laisser regarder, imiter. Il n'est pas d'humble métier qui le rebute, celui qu'on lui offre lui ira très bien; le plus petit est encore à sa taille. Tout le monde connaît aux États- Unis l'anecdote si souvent contée d'un officier de marine américain retrouvant aux Philippines, comme commandant d'un navire de guerre japonais, un boy qu'il avait jadis gardé longtemps au mess de son bord. Le fils d'un Samuraï n'hésite pas à s'engager comme domestique à Yokohama ou aux États-Unis : on l'appellera John. En Amérique, les Blancs se refusent à servir comme domestiques; à plus forte raison, ils s'y refusent à l'étranger, chez des étrangers.

Le Japonais reste silencieux, mystérieux, souriant. Sauf les officiels, il n'est jamais tout à fait à son rang ou à sa taille à l'étranger. Ce ne sont pas là les manières américaines : dans la lutte internationale, ce n'est pas fairplag. Un des plus gros griefs que les Américains, — président Roosevelt, secrétaire d'État Hay ou homme de la rue — firent au Russe lors de la guerre russb-japonaise, ce fut sa duplicité, son art du mensonge, sa politique du secret. Or le Japonais vit sur une réputation d'espion incomparable, qui a fait ses preuves en Chine et Mandcbourie. L'Américain le voit partout furetant, enquêtant aux Hawaï, aux Philippines, en Californie, si bien qu'avec toute leur civilisation raffinée, les Japonais ne peuvent faire qu'ils ne lui apparaissent comme des Asiatiques I

Et puis ce Japonais paraît si peu sûr de luil L'Américain, lui, est certain que dans son pays il n'est rien qui ne soit ihe best in the world. Le Chinois, mandarin égaré chez les Barbares, est tellement convaincu de Texcellence de sa race qu'il ne s'inquiète guère des « diables » étrangers et reste impassible sous les quolibets. Certes les Japonais, eux aussi, sont persuadés de leur supériorité, mais leur conviction n'est guère impassible. Toujours inquiets que cette supériorité ne soit pas assez reconnue, ils vont devant un étranger jusqu'à s'humilier par orgueil. Un amour-propre maladif, la crainte qu'on ne les traite pas avec tous les égards qu'ils souhaitent, joints à la peur que la couleur de leur peau et leur faible stature n'excitent le rire, — tout conspire à les isoler, à les raidir : arrogants et brutaux ou trop aimables, au total rarement assez .maîtres de soi ni assez détendus pour attirer la sympathie.

Ne parlez pas à un Japonais de la beauté de son pays et de son art, du charme de ses vieilles mœurs et de sa vie simple d'autrefois; ne lui vantez pas la nudité artistique de sa demeure ni la séduction de ses geishasy toutes choses qu'il aime tenacement, profondément et qu'il regrette à l'étranger. Le voilà gêné et qui ricane en s'excusant : il croit que vous vous moquez, que vous le louez de son passé pour n'avoir pas à lui parler de son présent ou de son avenir. Ses jardins japonais, ses maisons de bois, c'est trop petit, trop simple de style, trop pauvre de matériaux, trop modeste et trop périssable pour plaire vraiment à un Occidental qui construit d'énormes palais de blocs de pierre. L'amour du sol japo-»

nais et du Mikado, c'est un sentiment sacré qu'il garde au profond de soi. C'est une passion intense, très prompte à douter des éloges, âpre à les souhaiter et qui se dissimule, s'effarouche, honteuse à s'avouer. Froissez-la au vif, comme à San Francisco, et sous les habits et manières d'emprunt, elle éclate : la douceur souriante s'est muée en arrogance brutale.

Au vrai^ si le désir du Japonais de s'américaniser ne paraît aux Californiens que faux semblant, c'est qu'ils croient sentir que le Japonais ne se livre pas entièrement à l'emprise de la terre et de la civilisation américaines, qu'il se réserve et que de l'Amérique il ne veut pas tout prendre, en bloc. Il enquête, juge, distingue, ne s'abandonne jamais et jamais ne perd ni sa tète ni son cœur de Japonais. Or la nation américaine a été une œuvre d'enthousiasme et de foi. Les Européens qui l*ont faite, chassés de chez eux pour des motifs politiques, par des souflfranceîs sociales ou par le désir d'une vie plus libre et plus large, ont en débarquant secoué la terre de leurs souliers et rompu avec leur patrie d'origine.

Pourtant ces émigrants ont souvent inquiété l'opinion américaine, toujours prête à rejeter les éléments qui, lui semble- t-il, ne peuvent ou ne veulent s'assimiler et l'hostilité contre les Jaunes n'est qu'une variété de l'hostilité générale que les gens américanisés depuis une ou deux générations ont toujours témoignée, par tout le pays^ aux immigrants frais émoulus. Anglo-Saxons, à ce qu'ils croient, sitôt qu'un brevet de naturalisation les a authentiqués et qu'ils ont à peu près réussi à attraper, avec l'accelit yankee, le chic du veston trop large et des souliers

trop vernis, ces Européens d'hier se gaussent des Allemands et des Irlandais encore mal débrouillés; ou bien ceux d'origine germanique, faisant bloc contre les Latins réputés superstitieux, dégénérés, sales et bavards, enveloppent, d'un mépris général, les Italiens*, tous cireurs de chaussures, les Français, tous cuisiniers, les Mexicains, les Brésiliens, et aussi les derniers venus, les faméliques de TEurope orientale et d'Asie, Juifs, Slaves ou Arméniens. La nation américaine se recrute comme un club ou comme une de nos grandes écoles du gouvernement : the man in the sireei^ qui se croit américain pur sang, fait payer cher aux nouveaux venus en quolibets et en regards de pitié le dignus es intrare : chez tout ce peuple, c'est l'aristocratisme protecteur et cruel des promotions vieilles d'une ou deux années pour le pauvre nouveau.

Nombreuses sont les restrictions d'argent, d'âge, de morale, de santé qui successivement ont été imposées à l'immigration. Tour à tour, les Irlandais, les Allemands, les Italiens et maintenant les Slaves, les Arméniens, tant qu'ils ont vécu groupés par races, par langues, avec leurs régimes et leurs besoins d'autrefois, ont été dénoncés comme des dangers publics. Puis, comme à l'usage on s'aperçoit que les forces convergentes des public-schools, du bulletin de vote, des trade-unions et des églises finissent par dissoudre ces noyaux compacts, par

1. Dans plusieurs villes du Mississipi, les Américains en 1907 ont voulu expulser des écoles les enfants italiens. Les Italiens, dé tous les Blancs, sont les moins fiers; ils s'accommodent des travaux les moins relevés dans le sud des États-Unis, ne refusent pas d'y travailler et d'y vivre à côté de Nègres. Aussi, de la part des Blancs, sont-ils soumis à toutes sortes de vexations.

disperser ces individus dans les groupements purement américains, partis politiques, syndicats, sociétés maçonniques, groupements religieux, les preuves de cette force d'assimilation rendent confiance. Les premières brimades. passées, quand les immigrants ont dépouillé leurs oripeaux bariolés et leurs accents de terroir pour se fondre le plus tôt possible dans la masse, le mépris tombe.

Mais tous ces Européens sont faits d'une même étoffe. La culture chrétienne et la vie industrielle les ont rendus individualistes, avec un vif appétit de bonheur, de confort, de puissance et ce sont les tempéraments les plus passionnés, les plus exigeants qui émigrent. Aux États-Unis, leurs instincts con\primés s'épanouissent. L'Amérique, c'est pour ces Européens la terre promise, une terre qui ressemble à celle qu'ils quittent, mais avec des espaces plus grands, des horizons plus vastes, un air plus respirable. Ils ne sont ni surpris, ni contrariés par le déracinement : leur formule de vie ne change pas, mais se développe; leurs patriotismes d'Europe s'évanouissent devant la joie d'une destinée plus large, plus forte, et leur patriotisme américain est fait de reconnaissance pour une terre et une civilisation qui ont agrandi et réalisé leurs rêves de bonheur*.

1. « Nous ne nous opposons pas à Timmigration européenne; eUe est la bienvenue... Aujourd'hui, le sang du citoyen américain est le sang des peuples de TEurope qui répandirent la civilisation par le monde et rendirent possibles les républiques. Nos arts, nos sciences, nos lois, nos institutions, notre civilisation, notre religion, nous les tenons des races blanches qui nous ont précédés dans rhistoire du monde... Nous sommes une nouvelle nation, pourtant nous ne sommes pas une race nouvelle : représentants, dans TExtréme Ouest, de la meilleure et de la plus juste forme de gouvernement, nous pouvons faire remonter révolution de nos

Pour le Japonais, il n'en va pas de même. Sa civilisation n'est encore ni chrétienne, ni industrielle. Être soi, être libre, jouir d'un grand bien-être n'est pas l'essentiel de sa formule de vie. Plus que tout, il aime sa terre japonaise S rongée de golfes, bossuée de montagnes, aux horizons très proches, de premiers plans et de fonds très marqués, où il vit blotti et qui évoque pour lui tout le passé de sa race ; il est soumis à sa famille et à la nation, famille agrandie dont le père est le Mikado^; il l'aime du même amour que la terre japonaise, parce que son origine divine et l'antiquité de sa famille symbolisent la gloire du Japon chéri des dieux, toujours victorieux, jamais envahi; de besoins modestes, il a l'habitude de prendre la vie comme elle vient, sans se préoccuper de l'avenir*. Son passage aux États-Unis, au lieu d'être le développement de son rêve et l'exaltation des tendances de sa race, marque une rupture dans sa vie : la civilisation qu'il va chercher ne prolonge pas celle qu'il quitte. Ce n'est pas son instinct qui l'y porte, mais

principes à travers les siècles, jusqu'au temps où rhomme commença d'apprendre & se contrôler et à obéir... La race blanche dominera le monde, non seulement par des victoires militaires mais par la culture qu'ont acquise, à force de sacrifices, tous les peuples qui nous ont précédés, — culture qui prépare les Blancs & partager les devoirs et les responsabilités des citoyens américains. » Hon. J. M. Gearin, op, laad.

Page 1