‹ Américains et JaponaisChapitre 37 sur 99 · Cf. Paix japonaise. Routes japonaises et l'Inkyo · texte numérisé non relu

Cf. Paix japonaise. Routes japonaises et l'Inkyo

sa volonté, sa curiosité, son ambition raisonnée. Cette Amérique ne lui est pas une terre de séjour, un paradis : c'est un pays d'exil, une maison d'éducation, où il ne va que pour étudier la dernière édition de la Somme des vérités industrielles et scientifiques de la civilisation occidentale et aussi chercher les plus hauts salaires que lui puisse réserver Tindustrie. Ouvriers, étudiants, hommes de science, capitalistes, soldats, marins, tous se passionnent pour tout ce qui est américain; mais tous songent aux douces heures de flânerie ou de gloire que leur assureront au Japon leurs économies ou leurs acquisitions américaines.

Car tous se réservent; aucun ne s'abandonne. De tout ce qu'il voit, chacun choisit ce qui lui convient ; le reste, il le laisse. « 11 est tout disposé à apprendre de n'importe quel instructeur tout ce qui peut lui servir; mais tout ce qu'il apprend et acquiert est pour le Japon. Il n'a ni attachement ni affection sauf pour son peuple et pour sa terre. Son patriotisme, sa disposition à mourir joyeusement pour le Mikado est une vertu, mais qui ne le dispose pas à devenir citoyen américain. Son industrie, sa tempérance, son ambition sont des vertus, mais qui ne comptent pas pour l'Amérique ^ » Exilés pour un temps ils se retournent sans cesse vers leurs Iles ; c'est une race envoûtée dans une tradition et qui s'est

1. Interview de 0. A. Tweitmoe, président de la Japaneu and Karean Exclusian Leaguet publié dans The WorU-to-^ay, décembre 1906. Cf. aussi, Hoq. J. Kahn (pf California), House of Représentatives, 18 février 1907 : « Si jamais une guerre survenait entre nous et le Japon, les sympathies, l'influence et Taide des JoipQnais d'Amérique iraient & leur terre natale, «

arrangée une coquille où vivre enroulée; tout ce qu'ils imitent, ils Tinfléchissent dans leur sens propre. Aux États-Unis, ils ne se laissent conquérir ni par la terre ni par Tâme du peuple : ils admirent des grandeurs, ils méprisent Tesprit. Eux qui ne se plaisent que dans leur nature retouchée, humanisée, ils ne se laissent pas griser par les espaces énormes et la nature vierge. En missionnaires patriotes, ils viennent aux États- Unis avec le mépris de Tidéal américain et n'étudient le matérialisme américain que pour lui dérober quelques recettes qui rendront riche et fort leur Japon.

Est-il prudent de la part des Américains de tojérer dans une des régions les moins peuplées de leur territoire, une communauté de Japonais plus disposés à rhommage lige envers le Mikado qu'au respect de la Constitution américaine? N'est-il pas contraire à leurs idées démocratiques d'accorder le droit de résidence et de naturalisation aux immigrants d'une race qui ne peut être assimilée? Les Américains méditent cet oracle de Spencer * :

J'approuve entièrement les règlements américains destinés à entraver Timmigration des Chinois, et si cela était en mon pouvoir je réduirais ces immigrants le plais pos*sible, car de deux choses l'une : que de nombreux Chinois aient la permission de s'installer en Amérique, OU hîen^ sUls ne se mêlent pas aux Américains, ils formeront une race sujette, et sinon esclave, au moins presque esclave, ou s'ils se mêlent, ils formeront de mauvais hybrides. Dans les deux cas, que l'immigration soit importante, et

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