‹ Américains et JaponaisChapitre 38 sur 99 · Lettre au baron Kaneko Kentaro, op. laud · texte numérisé non relu

Lettre au baron Kaneko Kentaro, op. laud

d'immenses calamités sociales s'ensuivront, ^ éventuellement la désorganisation de la Société.

Le parti des Américains est pris : « Avec notre forme de gouvernement *, une race ne peut vivre sur notre territoire légalement sujette d'une autre '. »

Au reste, le gouvernement du Mikado fait le nécessaire pour que lés émigrants japonais n'oublient pas leur pays. Jl ne cesse jamais de surveiller ses nationaux, mômedeloin*. L'avantage qu'il a de bien tenir le peuple en main, on Ta vu pendant la récente guerre : les soldats japonais n'étaient pas très robustes, mais ils étaient méthodiquement entraînés; la population n'était pas riche, mais elle a supporté tous les impôts de guerre, et, résignée, s'est tue, laissant à ses chefs plein crédit. Leur manque d'individualisme, leur soumission à la discipline, leur désir d'apprendre, leur entêtement à retenir et leur bonne moyenne de culture, l'habitude d'obéir chacun à son rang, d'observer la consigne, de répéter à la lettre les ordres reçus : ces qualités font qu'ils sont interchangeables, et qu'en cas de besoin, tous servent : des soldats dévoués, des cadres intelligents, voilà la force de l'armée japonaise et aussi la force de la nation. Ces avantages, le gouver-

1. La Grèce a eu ses sculpteurs, TAngleterre a eu Shakespeare; la contribution des États-Unis & Thistoire de Thumanité, c^est sa démocratie ouverte à tous les filancs : « Pendant des milliers d'années, les hommes d'État de tout pays se tourneront vers Washington, Jefferson, Hamilton, Franklin, Madison et les autres fondateurs de notre République, les plus grands b&tisseurs de gouvernement libre que le monde ait jamais produits. » Hon. G. G. Gilbert (ofRentucky), Houseof Représentatives, 12 février 1907.

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