‹ Américains et JaponaisChapitre 68 sur 99 · MontMy consularand trade reports, august 1005, n · texte numérisé non relu

MontMy consularand trade reports, august 1005, n

chemin de fer et ne s'arrête que dans les villes. Ils sont là, remuants, importants; les femmes abondent; les soldats aussi. En Mandchourie comme en Corée, ce monde se presse l'un contre l'autre, de-ci de*là, pas loin du rail, en colonies de plusieurs centaines d'habitants. A Antoung, le téléphone, le télégraphe, deux banques, un magnifique hôtel des postes qui ressemble à un grand temple japonais proclament l'entrain et la confiance de la colonie japonaise*. Mais il y a aussi des déconvenues et des retours au Japon : plutôt que des colonies de peuplement, Corée et Mandchourie sont destinées à devenir des colonies d'exploitation, des marches économiques et militaires, indispensables aux Japonais pour surveiller et conquérir pacifiquement la Chine du nord, la Mandchourie du nord et la Sibérie. Le travailleur japonais y trouve des salaires plus hauts qu'au Japon, mais ses emplois y sont souvent temporaires et il n'y est plus protégé, comme au Japon, contre les concurrents coréens et chinois prêts à travailler à meilleur marché que lui. Car c'est à la main-d'œuvre chinoise que l'employeur japonais a souvent recours : « En Mandchourie, des terres, grandes plusieurs fois comme les terres d'une ferme japonaise, sont cultivées par des fermiers cinq fois moins nombreux qu'au Japon. On supplée ces bras par des chevaux, des bestiaux et des travailleurs du Chantoung. » Les Japonais eux-mêmes reconnaissent que, plus que la culture, c'est le commerce, l'exploitation des mines, des forêts, les entreprises de

1. Monthly eonsular and trade rejyorU, december 1906» n* 315, pp. 32-33.

minoterie, l'élevage des vers à soie qui leur rapporteront.

Coréens et Mandchous n'ont pas un grand pouvoir d'achat ni un grand pouvoir d'emploi. Il faut que le Japon mette lui-môme leurs pays en valeur pour y occuper ses nationaux. Mais pour lancer des entreprises, il faut de gros capitaux. Au Japon, en l'absence de grandes fortunes assez nombreuses, c'est l'État qui est banquier, bailleur de fonds et lanceur d'affaires, or n'estil pas assez engagé présentement avec le chemin de fer de Mandchourie, sans financer pour d'autres industries? « L'exploitation de ce chemin de fer mise à part, où prendre les frais d'administration en Mandchourie*? » Si l'émigration japonaise s'accroît trop vite en Corée et en Mandchourie, sa réussite fera long feu. En Californie, au contraire, comme en Colombie britannique ou dans l'Amérique du Sud, les Japonais trouvent des pays à peine peuplés, et tout préparés à les recevoir, tant le capital amoncelé y est avide de main-d'œuvre : pas de tâtonnements à craindre, les émigrants y trouveront tout de suite leur place. Malgré le désir de voir des Japonais en Mandchourie et en Corée, comment n'apparattrait-il pas au gouvernement conforme l'intérêt national de laisser les travailleurs aller ]à où un capital étranger les réclame, là où ils trouveront de suite un travail bien payé, à l'abri de la concurrence déprimante d'autres Asiatiques?

Le gouvernement du Mikado n'a jamais paru souhaiter que ses nationaux entrassent en compétition avec le Chinois, — comme s'il n'avait pas con-

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