Cf. pip. 167 et
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crises sur la côte américaine du Pacifique des ouvriers japonais, tout comme jadis elle a jeté des Irlandais, des Anglais, des Allemands sur la côte de TAtlantique. Dans rémigration, le gouvernement japonais voit déjà le moyen d'éviter le socialisme qui Tinquiète, tant il paraît lié en tout pays au développement de Tindustrie : rémigration c'est le moyen d'avoir tous les avantages de l'industrie sans les inconvénients, et il importe d'en user sur Theure*.
Enfin les journaux parlent souvent de l'influence heureuse de l'émigration sur le caractère japonais : largeur de vue, cosmopolitisme de continentaux, au lieu de leur provincialisme borné d'insulaires.
1. Cf. ManehyOf 14 mai 1900, sur la questioa sociale et rémigra* tioo. L*ateliér domestique est remplacé par Tusine ; les affaires financières se transforment. « Au Japon, devenu une des plus grandes puissances industrielles du monde, la question sociale fatâement se posera...; il est urgent d'examiner les moyens de la résoudre... Si le gouvernement n*y songe pas et si les partis politiques de connivence avec les capitalistes ne s*7 prêtent pas, le nombre des ouvriers malheureux sera plus grand et le socialisme pourra se répandre au Japon comme en France... 11 vaut mieux pour la richesse du Japon et pour prévenir le socialisme que les Japonais pauvres s'expatrient en grand nombre. » Les lois de protection et d*as8Urance ouvrières sont encore très rudimentaires au Japon; il n*est rien de plus triste qu*une visite aux usines et aux quartiers ouvriers d'Osaka et de Tôkyé. Les ouvriers ne se résigneront pas toujours. En février 1007, les ouvriers des mines de cuivre d*Ashio se mirent en grève sur un refus d*augmentatioD de salaire : ils coupèrent les appareils, les fils électriques, dynamitèrent des galeries, menacèrent de brûler les b&timents de l'exploitation. Le gouvernement dut envoyer deux compagnies dMnfanterie sur les lieux. En Juin 1007, autre grève dans la seconde mine de cuivre du Japon à Besshi, dans l'tle Shikoku. Heurt entre les grévistes el la poliee. Destruction d'habitations el d^ateliers. Envoi de troupes. A propos de la première grève les Journaux disaient : « On sait maintenant que les émeutes ont été fomentées par les socialistes. On a arrêté le représentant d'un journal socialiste. • Le parti socialiste a été dissous au début de 1007, et son journal supprimé.
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Pour que ce peuple d'insulaires acquière une nature de peuple continental, rien de meilleur que les émigrants et les colons. Si l'on va dans les campagnes des départements de Hiroshima et de Kumamoto (régions d'où part le plus fort contingent d'émigrants), on s'aperçoit que les habitants y possèdent de grands caractères... Les cultivateurs pensent que d'aller travailler à l'étranger, c'est comme s'ils allaient travailler dans un village voisin... Quand les émigrants s'en reviennent, on ne va pas audevant d'eux en joyeux cortèges, tant émigrer est une affaire banale... Lorsque je rencontre des gens huppés et qui aux courses ont des allures de riches et que je leur demande d'où ils sont, ils me répondent en riant : « Nous avons peiné à Tétranger; nous y avons acquis une grosse fortune et nous sommes revenus au Japon. » En causant quelques instants avec eux, je suis étonné par la grandeur de leur caractère et la largeur de leurs vues. Ce sont des citoyens de grands pays continentaux non plus des citoyens de petites îles. Rentrés au Japon, ils installent chez eux des poêles, des lits. Ayant rassemblé leurs amis du voisinage, ils leur font sentir que leurs demeures évoquent l'image des richesses et de la civilisation étrangères et leur font comprendre qu'ils viennent de remporter une grande victoire à l'étranger. Leurs ambitions sont grandes; ils rêvent de grandes entreprises. Il est évident que nombreux sont les avantages de Témigration pour l'éducation du peuple. Les idées qu'il en retire sont supérieures à celles qu'il reçoit des journalistes et des pédagogues ^
L'émigration est donc de mode. C'est à qui en louera les bienfaits pour le pays et les individus : richesses, prestige, influences et belles manières. L'intérêt et la vanité y poussent, mais ils poussent surtout k l'émigration vers les Amériques.
1. Le Présent et l'Avenir de nos entreprises d'émigration, par Iwamoto Zenji.
Officiellement, depuis 1901, le gouvernement japonais empêche les coolies d'émigrer directement du Japon en Amérique : tout émigrant à destination des États-Unis devait être un gradué d'école moyenne, posséder de quoi payer ses dépenses pendant une année, ou avoir là-bas un emploi qui lui fût garanti. Le gouvernement du Mikado avant de délivrer un passeport appliquait donc lui-môme à chacun de ces émigrants un educational test et exigeait qu'il présentât une certaine somme d'argent ; mais ces précautions restèrent inefficaces : 73 884 Japonais sont entrés aux États-Unis en cinq années (1902-1906). C'est que le gouvernement japonais, — sauf pendant la guerre contre la Russie — , laissa partir des milliers de coolies aux Hawaï (18000 en 1906). Or il n'ignorait pas que surtout depuis 1902, les Hawaï n'étaient qu'une escale avant d'aborder en Califormie, but réel du voyage. Pour entrer aux Hawaï^ point n'était besoin d'un brevet d'instruction ni d'une somme d'argent; les émigrants partaient avec une avance faite par une compagnie d'émigration. De là ils passaient en Californie, un contrat de travail en poche, affranchis du contrôle de leur gouvernement, affranchis des restrictions américaines à rimmigration étrangère. En mars 1907, les Américains, voyant le danger, publièrent que les « Japonais ayant un passeport délivré par leur gouvernement pour aller dans les îles soumises aux États-Unis (Hawaï et Philippines), la zone du canal de Panama et d'autres pays, tels que le Mexique et le Canada,
s'ils viennent aux États-Unis, pourraient s'en voir refuser l'entrée 'quand leur venue serait jugée nuisible aux travailleurs blancs par le président des États-Unis. »
Les Américains crurent alors en arrêtant les passages entre les Hawaï et le continent supprimer chez eux l'immigration japonaise ; ils crurent aussi que le gouvernement japonais travaillerait de son côté à enrayer l'émigration ; or dans son rapport annuel le Bureau of Immigration de Washington annonce que l'immigration des Japonais, de juin 1906 à juin 1907 s'est élevée à 30 226, contre 13 835 l'année précédente, et à 10901 pour mars, avril mai et juin 1907 : en quatre mois, c'est le même chiffre que pour toute l'année 1905 (11021). En octobre 1907, sans compter tous ceux qui se sont frauduleusement faufilés par les frontières canadienne et mexicaine, 1 616 Japonais sont arrivés aux États-Unis (684 en octobre 1906). La proclamation du Président n'a donc pas rencontré 1 effet qu'elle cherchait et les découragements officiels de Tôkyô à ses émigrants ont été inefQcaces.
Le gouvernement des États-Unis est désarmé :
l'exclusion, des Japonais qui n'ont pas un passeport pour les États-Unis et qui viennent des Hawaï exige un contrôle aussi compliqué que l'exclusion des Chinois et est prétexte aux mêmes fraudes ^ Il faut d'abord distinguer les étudiants, les commerçants, les professeurs, les officiels des coblies, puis distinguer
1. En mai 1907 on découvre, dans six grandes caisses placées sur le pont d'un vapeur venant de Yokohama, six jeunes Japonaises qu'on cherchait à introduire aux États-Unis en déjouant les règlements. Les Japonaises ont été renvoyées et Ta compagnie a dû fournir caution.
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des Japonais venant pour la première fois sur le continent, les Japonais établis auparavant en Amérique et ayant le droit d^aller pour un temps au Japon puis de rentrer aux États-Unis, ainsi que les Japonais nés aux Hawaï, qui ont le droit de naturalisation. Le contrôle des Japonais qui se servent des frontières canadienne et mexicaine pour échapper aux agents de l'émigration * est plus compliqué que le contrôle des Chinois usant de la même fraude. Les Japonais sont de tempérament plus agressif. L'interdiction pique leur ambition et leur amour-propre. Ils ont l'avantage sur les Chinois d'entrer plus librement au Canada et plus librement aussi de se servir de la frontière américo-canadienne ; ils ont l'avantage sur les Chinois de n'être pas sous le coup d'une loi d'exclusion, c'est-àdire qu'ils ne sont pas passibles de poursuite puis d'expulsion.
Ébranlé sans doute par ces résultats, par les réclamations des Américains que venaient renforcer les événements de Vancouver, et aussi, malgré l'assurance que le président Roosevelt y mettrait son veto, par la menace d'une loi d'exclusion blessante pour Tamour-propre national, le gouvernement japonais, en octobre et novembre 1907, a annoncé qu'il comptait prendre de nouvelles mesures pour arrêter ces départs. Le comte Okuma, naguère opposé à toute restriction de l'immigration, bien que déplorant l'aveuglement américain, déclara que le gouvernement de Tôkyô aiderait les Américains à prévenir l'émigration japonaise. Le 9 novembre, le comte Hayashi, ministre des Affaires étrangères, disait : « La grave