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Âmes héroïques

Quand Nabuchodonosor, roi des rois, eut résolu de se faire encore dieu des dieux, ses conseillers admirèrent un si noble dessein, et Holopherne, grand homme de guerre, fut chargé de l'exécuter. Il partit avec 120.000 hommes de pied et 12.000 archers à cheval, approvisionnés pour aller loin. Pillant et brûlant, rasant les villes, détruisant les temples afin qu'il n'y eut plus, selon ses instructions, d'autre dieu que Nabuchodonosor, Holopherne arriva au pied des montagnes de Béthulie, chef de tout Israël. Mais il se trouva que le grand-prêtre Eliachim avait mis le pays en état de défense, et le peuple gardait les hauteurs.

Holopherne demanda quels étaient ces gens-là, qui pensaient résister ? Achior, chef des Ammonites, allié forcé des envahisseurs, lui raconta brièvement l'histoire des Hébreux : « Ce peuple, dit-il, n'a jamais abandonné son Dieu sans tomber dans la main de ses ennemis, et ne lui est jamais revenu; sans que ce même Dieu ne l'ait promptement délivré. Sachez donc, Seigneur, s'ils ont commis quelque iniquité contre leur Dieu, et alors attaquons-les : nous les vaincrons. Mais s'ils ont gardé la foi, Dieu les défendra, et nous ne pourrons rien. »

Les officiers d'Holopherne furent révoltés d'entendre parler d'un Dieu qui serait plus puissant que Nabuchodonosor. Tous s'écrièrent : « Escaladons ces montagnes, nous tuerons

(J) Furis pendaut les deux s'.cc:es.

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leur- défenseurs et Achior avec eux ; et lc>^ nation- sauront qu i Nabuchodonosor est le seul dieu de la terre ! »

G 681 ce qu'un colonel prussien déclarait L'autre jour à l'Ammonite Emile de Girardin et à toute la race catholiqm M. de Girardin lui-même n'est pas sans avoir quelques traiU. bien affaiblis, de cet honnête Àchior. Lui non plus ne sait que répondre aux Assyriens.

Holopherne, irrité, chassa l'Ammonite de sa présence. On l'emmena hors du camp, et on le laissa lié à un arbre. I)c> Israélites le trouvèrent et le conduisirent en Béthulie. Il y raconta ce qu'il venait de voir et d'entendre.

Ce récit effraya les habitants, mais sans ébranler leur constance. Ils prièrent avec larmes, demandant à Dieu de considérer l'orgueil de l'ennemi et leur propre humiliation. Ensuite ils consolèrent Achior, lui disant que le Dieu de leurs pères, dont il avait publié la gloire, montrerait sa fidélité, et lui accorderait de voir la ruine de l'envahisseur. Ils lui offrirent de rester parmi les enfants d'Israël, heureux de pouvoir le traiter comme un frère. La grande France dira un jour les mêmes paroles à ceux de Pologne, de Saxe, de Hanovre, de Wurtemberg, de Bavière et des pays rhénans, aujourd'hui cruellement forcés de la combattre, sans autre profit pour la plupart que l'entière destruction de leur propre patrie et l'esclavage de leur autel.

Cependant Holopherne, au lieu d'assaillir immédiatement Béthulie, imagina un moyen plus sûr et moins coûteux de la prendre ; il suffisait de la priver d'eau. En effet, au bout de vingt jours, les citernes étaient vides, et plusieurs dans la ville commencèrent à murmurer contre les chefs qui avaient décidé de résister. Ils disaient que le glaive était préférable au lent supplice de la soif. D'autres, en plus grand nombre, mieux inspirés, recoururent à la prière. Ils demandèrent à Dieu d'avoir pitié de leur détresse, et qu'au moins, s'il voulait châtier son peuple, ce ne fût point en le livrant à des infidèles, qui en prendraient occasion de blasphémer et de leur crier : Où est votre Dieu ? Enfin, après de longs gémissements, Ozias, prince de la ville, dit : « Attendons encore cinq jours, et si le courroux de Dieu ne s'apaise pas contre nous, alors nous nous rendrons. »

Ce discours fut rapporté à Judith, fille de Mérari, de la tribu de Siméon, veuve de Manassès depuis trois ans, parfaitement belle et très riche. Elle vivait avec ses servantes dans un appartement secret, au haut de sa maison, portant le cilice et jeûnant tous les jours, hormis le Sabbat et les autres fêtes du

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